Dites aux loups que je suis chez moi

dites-aux-loups-que-je-suis-chez-moiAnnées 80 dans la banlieue New-Yorkaise. June a quatorze ans, des parents relativement absents, une grande soeur avec laquelle les relations commencent à se déliter et un oncle qu’elle aime énormément. Au début du roman, ce dernier, atteint du sida, vit ses derniers instants. Lorsqu’il meurt, l’adolescente se sent plus seule que jamais. Au lycée elle n’est pas très populaire, en fan de Moyen-âge, et c’est dans la forêt qu’elle se ressource en marchant. Lorsqu’un homme qui se dit l’ami de son oncle débarque dans sa vie, elle est méfiante. Et puis il se raconte que c’est à cause de lui que Finn est mort.

J’ai ouvert ce roman titillée par les nombreux échos lus sur les réseaux sociaux. Et puis la couv’ jaune du grand format m’a convaincue d’attendre la sortie poche (non mais comment les éditeurs choisissent-ils leurs couvertures, dites ?!). Bref, finalement j’ai avalé ces pages en quelques jours. Roman d’apprentissage, « Dites aux loups que je suis chez moi » évoque plusieurs thèmes, le plus marquant étant la période de début de la découverte du sida, lorsqu’en être atteint était encore plus honteux qu’aujourd’hui, où il valait mieux se taire que de se faire gratifier de personnage déviant. Mais ce roman va plutôt au delà : l’adolescente en personnage central, solitaire et en décalage avec les autres jeunes de son âge va apprendre à se connaître et se révéler petit à petit. C’était avec son oncle qu’elle se sentait vivre et elle va devoir apprendre à faire sans lui, traîner sa douleur et les non-dits qui pèsent sur elle et sa famille.  Ce livre a un je ne sais quoi de nostalgique, l’époque d’abord, et puis cette quête adolescente, sûrement. J’ai beaucoup aimé le caractère des personnages. Finn bien sûr qu’on aimerait toutes avoir pour oncle, mais aussi Toby qui m’a beaucoup émue, personnage un peu paumé. Même la soeur de June a quelque chose de poignant dans son caractère excessif et un peu méchant.
Peut-être un peu long par moments (il ne se passa pas grand chose finalement), j’en garde quand même un bon souvenir de lecture plein de tendresse et de pudeur.

carol-profileC’est le premier roman de Carol Rifka Brunt.
(source photo : http://www.carolrifkabrunt.com)

Quatrième de couv’ :
1987, une banlieue new-yorkaise. Écrasée par une soeur aînée histrionique et des parents absents, June rêve d’art et de son oncle Finn, un peintre new-yorkais reconnu. Quand il meurt du sida, inconsolable, l’adolescente se lie d’amitié avec un homme étrange, Toby, qui se présente comme « l’ami » de Finn. Confrontée au deuil, à la réalité d’une maladie encore honteuse et au malaise de sa famille, June bascule dans le monde des adultes et son hypocrisie. « Roman d’apprentissage bouleversant, chronique des années sida vues par les yeux d’une adolescente, Dites aux loups que je suis chez moi révèle une auteur à la plume sensible et puissante. » Ouest France

Dites aux loups que je suis chez moi (2012)
de Carol Rifka Brunt
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie-Axelle de La Rochefoucauld
éditions 10-18 (Buchet Chastel), 504 pages (juin 2016)

Les avis de : Laurie, Blablamia, Gromovar

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The End of the World Running Club

the-end-of-the-world-running-clubEdgar, la trentaine bien tassée, père de deux enfants et marié à une femme avec laquelle il ne communique plus vraiment est un homme un peu à la dérive – comme tant d’autres âmes en ce monde…

« La vérité, c’est qu’à trente-cinq ans, j’étais en train de m’étrangler moi-même. J’avais l’impression – moi, Edgar Hill, mari, père de deux jeunes enfants, propriétaire de sa maison, Anglais, salarié à plein temps d’une grande entreprise égoïste, dont le nom n’allait pas tarder à être effacé à tout jamais des murs de ses bureaux – d’être le produit d’un environnement malade, d’une civilisation qui avait échoué au-delà de tout remède. Je me demandais même tous les jours comment nous avions réussi à nous en tirer jusque là. C’était une farce, ça ne rimait à rien. Comment aurions-nous pu prendre soin d’une planète, alors que nous n’étions déjà pas capables de prendre soin de nos pays, de nos villes, de nos propres communautés ?
De nos propres familles. De nous-mêmes.
De nos propres corps. De nos propres esprits. »
page 11.

« J’ai déposé Arthur dans la section des nourrissons et je me suis laissé retomber au fond de mon siège, le souffle court. Je l’ai observé. Il a regardé autour de lui pendant un moment, puis il a rampé vers un autre bébé, avec lequel s’est engagée une dispute muette au sujet d’un marteau en plastique. Une petite fille s’est mise à hurler, quand un enfant au visage écarlate, son frère ou sa soeur, l’a fait tomber tête la première du pouf où elle était assise. Partout où mes yeux se posaient, un conflit se déroulait, des bébés en désaccord qui s’efforçaient d’imposer leurs frontières, des petites âmes qui se percutaient de plein fouet. Tout ce vacarme et ces cris, la vie qui commençait comme elle allait se poursuivre – une lutte. Tentant de ravaler ma propre bile, j’ai observé la scène en me posant la question que tout homme pourrait se poser à n’importe quel moment de sa vie : bon Dieu, mais comment ai-je fait pour me retrouver là ? »
page 10.

Alors le jour où ce qui ressemble à la fin du monde arrive… :

La vérité, c’est que j’étais fatigué de tout ça. J’étais fatigué du vacarme et des vociférations d’un monde qui avait de moins en moins de sens et d’une vie qui m’avait mené exactement là où elle l’avait voulu. La vérité, c’est que la fin du monde, du moins pour moi, est venue comme un soulagement.
page 13.

Autant vous dire que j’ai été ferrée dès les premières pages… Le style d’Adrian J Walker me faisant penser d’autant plus à celui de Stephen King dans ses anciens romans.
Le caractère du personnage principal m’a beaucoup parlé, je me suis retrouvée dans son scepticisme, dans un monde qui ne tourne pas vraiment rond.
Edgar va se retrouver à courir au sens propre dans un monde complètement démantibulé. Il va lui falloir puiser des ressources insoupçonnées pour survivre, manger, dormir et surtout retrouver sa famille. Rencontres plus ou moins aidantes, il tombera sur quelques communautés en train de se construire… , ou sur des âmes solitaires en proie à la survie.

Grand plaisir de lecture, donc. Grand roman post-apocalyptique, même si peut-être un peu long sur la fin, réflexion sur notre société ultra-consumérite, aventure humaine, premier roman de l’auteur traduit en français, dont j’attends de pied ferme une prochaine traduction.

« On pense souvent que le langage nous relie, nous rapproche, mais je me demande parfois si nous ne sommes pas en fait fort éloignés les uns des autres. Nous pouvons émettre un million d’hypothèses sur le simple geste de la main d’un vieil homme, et la plupart seront certainement incorrectes. Tout ce que nous avons, c’est notre propre fenêtre, faussée, sur le monde. Nous sommes comme des ermites vivant dans les greniers de grandes maisons, sur des collines solitaires, et nous nous observons les uns les autres à travers des télescopes défectueux. »
page 369

The End of the World Running Club,
De Adrian J Walker
traduit de l’anglais (Australie/Angleterre) par David Fauquemberg
Editions Hugo & Cie
Collection Hugo Thriller
558 pages

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Putain !

 

mastectomieAprès 5 mois de chimio mes cheveux repoussent mais pas assez vite. Et puis ils sont gris et blancs. Mes sourcils ne repoussent pas mais je crois que mes cils repointent un peu. Je ne ressemble plus à moi avec cette tête mais on va me dire que c’est un détail et on aura raison.
Ai terminé ma dernière chimio le 11 juillet. La deuxième cure (le Taxol) s’est déroulée le mieux possible. Peu d’effets secondaires. Quelques boutons sur le visage, des bouffées de chaleur, un peu de fatigue mais rien de spectaculaire. J’ai revis, j’ai souri, j’ai savouré du mieux possible ces trois mois de répit.

Hier, 22 juillet 2016, j’étais à l’hôpital pour rencontrer l’onco-généticien, la chirurgienne, l’oncologue, l’anesthésiste et l’infirmière qui m’a préparée à l’hospitalisation de mon intervention.

La première nouvelle reçue est le fait que je sois porteuse de la mutation du gène BRCA1 (pas le 2, ç’aurait été trop simple) qui dit risques de récidive élevés, et, en prévention, mastectomie (on m’enlève les deux seins – en deux temps) puis, dans un troisième temps, ablation des ovaires. Ce fut la douche froide. Je ne m’y attendais pas, étant donné qu’il n’y a pas d’antécédant dans ma famille. La pire nouvelle reçue à ce jour est bien celle-là.
Surtout que je ne vais pas bénéficier d’hormonothérapie puisque ce putain de cancer est un triple négatif.

13094395_10206897522818506_7332169469117766598_nJe n’ai même pas pu savourer le fait que mon Petscan soit nickel : pas de métastases, tumeur endormie.

Je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir. Je me sens en sursis. Et puis je suis plutôt de nature à anticiper les galères.

Maintenant il faut juste que je digère la nouvelle, que je l’accepte et que je reparte en guerre pour longtemps.

Je dois profiter des quinze jours restants avant mon intervention. J’en ai une peur terrible : l’anesthésie, la douleur, un sein droit absent, un curage ganglionnaire qui dit kiné 3 fois par semaine pour la suite.

La radiothérapie qui m’attend après me fait limite rigoler.

Je tiens à vous remercier du fond du coeur pour tous vos messages, sur les réseaux sociaux ou par mail. Les mails se sont perdus dans le fond de ma boîte. Sur le moment je n’ai parfois pas le coeur à écrire et je m’en excuse mais je vous ai lus et vous envoie une tonne de baisers.

Des coeurs, tout plein, pour mes copines IRL qui me soutiennent depuis le début. Et pour ma famille pour qui ce n’est pas simple non plus.

Ecrire, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur ce blog me permet d’évacuer, un peu, de faire le point, aussi, et puis surtout de vous tenir au courant, tenir au courant les copines qui me lisent et pour qui c’est parfois confus quand je raconte de vive voix.

Hey, sinon pendant le Taxol j’ai lu… Un tout ptit peu mais c’est déjà ça… Alors prochainement je vais essayer de rédiger quelques billets si je retrouve le mode d’emploi :

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Dans deux semaines ça fera deux mois

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Petite bafouille du jour, bonjour. Navrée pour ceux qui attendent, je ne vais toujours pas parler « lectures ». Il faut dire que je ne lis plus du tout, même si j’espère en retrouver le goût prochainement. Après les chimio je suis de toute façon trop malade pour ça et lorsque les effets secondaires se font moins ressentir je regarde plutôt la TV ou écoute la radio, ce qui ne me prend pas d’énergie et me donne la sensation de me détendre. Pendant les effets secondaires j’ai juste l’impression de lutter en permanence contre les nausées et c’est vraiment fatigant.

Je tiens à vous remercier pour vos messages/commentaires/mails qui me touchent et me boostent beaucoup même si je n’y réponds pas (je suis ingrate, je sais)… Suis également surprise de voir des lecteurs du blog sortir de l’ombre pour me laisser un petit message de soutien. Moi qui pensais n’être suivie que par Pépé et Mémé 😉 Bref, merci.

Demain j’entame ma quatrième et dernière cure d’EC (ce sont les initiales des méchants produits qui me rendent malades – même le personnel soignant parle de ces trucs avec les initiales). Je sais déjà que ça va me rendre complètement out et je ne suis donc vraiment pas pressée. Pour ma dernière cure j’ai lutté pendant une petite semaine contre le combo nausées/vomissements/diarrhée. Manger et boire devient difficile ces jours-là. Manger à la rigueur je m’en fiche, je veux bien perdre du poids alors autant joindre le désagréable à l’utile. Par contre boire c’est une autre paire de manches mais je crois que je ne me suis pas mal débrouillée jusqu’à maintenant puisque je n’ai pas été obligée d’aller me faire réhydrater à l’hôpital. On a les victoires qu’on peut ;p

Après ces quatre cures d’EC c’est le Taxol qui m’attend, à raison d’une cure par semaine pendant 12 semaines. Je l’ai déjà dit, mon traitement est costaud. J’ai d’ailleurs appris que le truc en mon sein est un « triple négatif » « avancé » et gna et gna et gna. Bref un truc bien méchant.
Le 14 j’ai une IRM de contrôle. J’espère que ce machin s’en est pris plein les dents…

Je n’ai quasiment plus de cheveux. Je vais pouvoir faire des concours avec mon chauffeur de taxi qui a le crâne aussi lisse qu’un oeuf de dromadaire. Je suis allée les faire raser il y a un mois environ (d’ailleurs j’ai une coiffeuse absolument adorable et pro) et au fur et à mesure j’en ai de moins en moins. Je ne suis pas du tout à l’aise avec ça. Je refuse que l’on me voit sans bonnet ou sans foulard. D’ailleurs je refuse également de me contempler dans le miroir sans couvre-chef. J’ai fait une tentative hier en sortant de la douche. Le miroir étant plein de buée cela m’a donné un peu de courage pour passer devant une demi seconde. Je sais qu’il y a des femmes atteintes de cancer qui font des photos sans leurs cheveux, pour se réapprivoiser leur image ou juste parce qu’elles assument parfaitement bien mais ce ne sera pas mon cas. Ce n’est tellement pas naturel de ne pas avoir de cheveux. Tellement traumatisant pour moi qui ai toujours eu les cheveux longs. Du coup hasta la vista les miroirs. De toute façon j’ai toujours un truc sur la tête, jour et nuit. Et quand il faut en changer je le fais hors miroir, c’est d’un pratique j’vous jure !

Je n’avais pas imaginé non plus que prendre une douche relèverait d’une épreuve de Koh Lanta pendant les effets secondaires. Ces jours-là je ne me sens pourtant pas particulièrement fatiguée mais mon corps, si. Du coup le moindre effort me rend tremblante et sur le point de vomir. C’est gai, je sais.

Mais depuis une petite semaine, je me sens mieux. Je revis. Et le soleil printanier me donne envie d’aller me balader. Manque de bol je ne suis quasiment pas sortie puisqu’on a eu des après-midi gris et pluvieux. A charge de revanche.

Quoi d’autre ? Est-ce que j’ai dit que je suis super sensible aux odeurs et à certains aliments ? Le café noir et le coca zéro qui étaient une drogue quotidienne ne passent absolument plus. Et quand j’ouvre le frigo je me mets en apnée, ahah.

Allez zou je vais aller profiter de mon dernier jour de répit avant demain. Je tenais à écrire ce petit billet pour tenir mon journal de bord à peu près à jour.

Je vous embrasse.

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Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, Céleste Ng

tout ce qu'on ne s'est jamais dit Celeste NgJe ne m’attendais à rien de particulier en entamant ce roman, pour moi c’était un thriller avec rien de plus que ses codes généraux : du suspense, un meurtre, une enquête. En fait je n’y ai rien trouvé de tout ça ; en revanche j’ai rencontré un roman noir particulièrement riche et subtil dans la psychologie de ses personnages et dans l’analyse des liens familiaux. Bluffant !  Les thèmes sont hyper bien amenés en plus d’être  intéressants : Le statut féminin des années 50 à 80 (le présent du roman se déroulant en 1977), l’intégration de cette famille dont le père est d’origine asiatique, le poids de cette différence qui pèse même chez les enfants, les attentes projetées sur les siens, la psychologie familiale, la construction de l’individu, la fratrie, … Ca paraît peut-être beaucoup vu comme ça mais faites-moi confiance pour une fois ce livre est une pépite d’intelligence et de finesse. Une rareté. Par dessus le marché l’écriture de Céleste Ng est remarquable, et c’est pourtant la VF que j’avais entre les mains. Bluffant. Lumineux. Une pépite noire. A lire ! A diffuser ! Et une auteur à surveiller de près ! Oui, tout ça.

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Quatrième de couv’ : Lydia Lee, seize ans, est morte. Mais sa famille l’ignore encore…
Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de médecine qu’elle n’a pas pu accomplir. Son père, James, professeur d’université d’origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu’il a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus.
Mais le corps de Lydia gît au fond d’un lac.
Accident, meurtre ou suicide ? Lorsque l’adolescente est retrouvée, la famille Lee, en apparence si soudée, va devoir affronter ses secrets les mieux gardés. Des secrets si longtemps enfouis qu’au fil du temps ils ont imperceptiblement éloigné ses membres, creusant des failles qui ne pourront sans doute jamais être comblées.

Pour aller + loin :
L’interview de l’auteur chez FeedBooks : « Je n’ai jamais voulu écrire un roman policier »
Le beau billet de Nelfe qui est aussi conquise que moi.

celeste Ng(Photo Celeste Ng ©Kevin Day – source : Feedbooks

Celeste Ng vit dans le Massachusetts. Tout ce qu’on ne s’est jamais dit est son premier roman.

 

Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, de Céleste Ng (Everything I Never Told You)
Editions Sonatine (mars 2016)
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Fabrice Pointeau, 320 pages
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Ces mots avec lesquels je ne suis pas d’accord

Courageuse, battante, garder le moral, … Ils me mettent mal à l’aise ces mots. Parce qu’en vrai j’ai la super grosse trouille et le « pourquoi moi ? » qui résonne dans mon crâne. C’est vrai quoi ? Pourquoi moi ? J’ai assez enduré de galères dans ma -petite- vie… On m’en veut ? Qu’est- ce que j’ai fait ? J’étais plutôt pas mal avant de savoir, le moral remontait, 2016 devait être l’année du changement, du déménagement, d’une nouvelle orientation.

En plus je ne sais pas exactement quel cancer est en train de traficoter mes cellules. On ne m’a pas donné les résultats de la biopsie – je peux demander me direz-vous mais je ne sais pas trop si j’ ai envie de savoir finalement – surtout qu’on m’a parlé de « cancer un peu plus agressif ». JOIE. Et ma chimio est costaud : 4 cures d’ épirubicine + endoxan tous les 15 jours puis 4 cures de Taxol toutes les semaines (put*** toutes les semaines !) puis enfin 4 cures de jenesaispasencorequoi toutes les semaines aussi.

Aujourd’hui je suis à J + 5 de la première cure. Quelques vilaines nausées cette semaine mais ce matin j’ai bon espoir d’être en forme pour la journée même si le moral risque de vriller un peu.

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Sinon suis allée chez le coiffeur faire raccourcir ma tignasse. J’avais les cheveux longs, sous les épaules. Là ils arrivent à mi oreilles avec un carré plongeant. OK le premier jour cela m’allait bien, le super brushing de la coiffeuse ayant fait des miracles mais ça n’a pas duré longtemps, leur nature rebelle et épaisse ont repris le dessus. Je me fait penser à ça :

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Jeudi prochain, si la force est avec moi j’irai faire tout raser avant que ça ne tombe…

Hmm voilà, juste quelques mots aujourd’hui….

Je vous laisse sur une chanson et un clip qui m’inspirent.

 

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J + quelques heures

Voilà première cure en circulation dans mes veines. J’espère que l’autre bidule niché dans mon sein en prend plein la tronche. Equipe médicale au top. Par contre j’oscillais entre 38 et 38.4 alors eu droit à un ECBU et deux prélèvements de sang supplémentaires. Résultats dans 48h. Ai été re-briefée sur les effets secondaires. La vache putain, c’est du costaud. Mais « ça dépend ça dépasse des gens ». On me dit que dès le soir je serai sûrement flagada. Moi qui pensais avoir 3 jours devant moi fraîche et avenante…

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Bon, à part l’impression d’avoir une chape de plomb collée au corps, une sensation nauséeuse parfois et une tête tellement lourde qu’il me faut les deux mains pour la tenir, ça va. J’ai pu dormir cette nuit même si je suis debout alors qu’il est 6h. M’en fous j’ai la journée pour roupiller et ça pourrait être pire donc pas à me plaindre.
Mercredi commencent d’autres hostilités avec l’injection du Neulasta qui « fait mal aux os ». Normal, c’est un truc qui booste les globules blancs présents dans la moelle osseuse. Et puis si je me sens en forme j’irai chez le coiffeur…

Côté lecture suis -toujours- là-dedans :

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Et c’est vachement bien.
Ok j’ai du mal à bouquiner en ce moment mais après avoir en avoir lu la moitié je peux dire que c’est top. Bien écrit, finesse psychologique, brasse plusieurs thèmes (statut féminin dans les années 60, racisme, …) et liens familiaux super bien racontés. Séduite je suis, même si Ng ne DEVRAIT PAS être un nom de famille. Perturbant.

Wep, ce blog se transforme (pour un tout petit temps j’espère) en journal de bord, j’hésite à publier ce billet, il est tout pourri et n’intéresse que moi je vous l’accorde, mais il serait con d’effacer ces mots alors que ça fait une demi-heure que je suis dessus, en fait.

Touchée par tous vos messages

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