Le doute, SK Tremayne

Un an après le décès accidentel d’une de leur jumelle de sept ans, Sarah et Angus Moorcroft décident de plaquer leur vie confortable londonienne pour aller habiter et retaper un cottage abandonné sur une petite île écossaise. Changement radical de paysage : pas de voisins proches, devoir prendre un bateau pneumatique pour rejoindre la civilisation, habiter une maison battue par les vents et faire face à une solitude à laquelle ils ne sont pas habitués. Quitter la ville pour la campagne iodée, un rêve de nombreux citadins.
Mais voilà qu’à peine arrivés, leur fille Lydia présente des signes inquiétants : elle dit être Kirstie, la soeur décédée brutalement. Elle parle aux murs, elle effraie ses camarades d’école, et commence à effrayer ses parents.

Amateurs de frissons, d’atmosphère lourde et de brouillard écossais, ce livre est fait pour vous. Au fil des lignes le lecteur est balloté par plusieurs hypothèses. Comme Sarah, la mère, il doute et ne sait plus sur quel pied danser.
Le choix de changement de vie de la famille est tellement radical qu’il m’a semblé manquer d’un peu de crédibilité mais cet aspect est bien vite gommé par la part de mystère qui entoure la gémellité d’une soeur vivante et de celle disparue.

Un petit conseil : A ne pas lire un soir de tempête lorsque votre habitation craque et geint sous les assauts du vent…

Synopsis :
Un an après le décès accidentel de Lydia, l’une de leurs filles jumelles, Angus et Sarah Moorcroft quittent Londres pour oublier le drame. Ils s’installent sur une petite île écossaise, qu’ils ont héritée de la grand-mère d’Angus, au large de Skye.
Mais l’emménagement ne se passe pas aussi bien que prévu. Le comportement de Kirstie, leur fille survivante, devient étrange : elle se met à affirmer qu’elle est en réalité Lydia. Alors qu’un brouillard glacial enveloppe l’île, l’angoisse va grandissant… Que s’est-il vraiment passé en ce jour fatidique où l’une des deux soeurs a trouvé la mort ?
Le doute, de SK Tremayne
Traduit par : Isabelle MAILLET
384 pages, éditions Pocket (mars 2017)
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concours ciné – The Young Lady

Un petit bonsoir pour vous prévenir d’un petit jeu concours sur la page facebook du blog pour tenter de gagner 3×2 places de ciné pour le film The Young Lady, sur les écrans ce mercredi 12 avril.
Ca vous tente ? Cliquez ici !

Le 12 avril au cinéma : The Young Lady de William Oldroyd

dans la lignée de JANE EYRE et LADY CHATTERLEY…

Synopsis :
Dans l’Angleterre rurale du XIXème siècle, Katherine est une jeune mariée en proie à la solitude et à l’ennui. Lorsqu’elle rencontre Sebastian, un palefrenier qui travaille sur les terres de son mari, elle découvre la passion amoureuse et se révèle capable des plus hautes trahisons…

The Young Lady est un thriller adapté du roman russe de Nikolai Leskov, La Lady Macbeth du district de Mtsensk (1865). L’ouvrage a été réédité en 2015 aux éditions Classiques Garnier dans une version commentée par Catherine Géry, professeur à l’INALCO. Ce roman a lui-même été adapté en opéra par Dmitri Chostakovitch en 1932.

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Sans nouvelles de toi, de Joy Fielding

Longtemps que je n’avais lu Joy Fielding. Je me souviens d’avoir lu il y a longtemps Rue des mensonges que j’avais adoré à l’époque, alors que je n’ai aucun souvenir de l’intrigue. Juste une histoire avec une femme pour héroïne et sa bande d’amies dans un New-York des années 90 ou 2000. J’ai peut-être lu d’autre titre de l’auteure mais impossible de m’en souvenir. Juste une auteure à ne pas oublier sur un post-it dans mon cerveau. Et puis l’occasion de lire le tout dernier Joy Fielding s’est matérialisée alors pourquoi pas !

Le pitch de départ ressemble à la triste affaire Maddie, cette fillette de trois ans disparue en 2007 de sa chambre d’un hôtel au Portugal alors que ses parents dînaient à proximité. La ressemblance m’a frappée d’emblée me mettant mi mal à l’aise mi curieuse. Est-ce que Joy Fielding était consciente de cette similitude au moment d’écrire ce roman ? Bref. En tout cas cela commence un peu de la même façon : Un couple fêtant son dixième anniversaire de mariage avec leurs amis au Mexique dans un complexe hôtelier. Un repas prévu le dernier soir au restaurant à proximité des chambres. Une nounou absente. La résolution prise d’aller jeter un oeil sur les enfants qui dorment toutes les demi-heures. Et l’inquiétante disparition de Samantha, deux ans, alors qu’elle était dans son lit.
Les années passent… et quinze ans plus tard, une jeune fille de dix-sept ans déclare être peut-être l’enfant disparue…

Le gros plus de ce roman c’est la montée du suspense. Joy Fielding sait distiller les mots et les séquences de sorte qu’on a de cesse de vouloir tourner les pages sans pourtant grands rebondissements de l’intrigue. J’ai été à la fois agacée et attendrie par les personnages. Il faut avouer qu’ils sont à peu près tous un peu caricaturaux avec des traits très humains en même temps. Michelle, vingt et un an, soeur de la disparue, est une forte tête qui n’a pas sa langue dans sa poche avec toutes les qualités et tous les défauts que cela implique. Elle a un putain de caractère et est souvent injuste avec sa mère. Hunter, le père et ex-mari m’a fait monter les sangs (lisez, on en reparlera !) et j’aurais aimé qu’il ne s’en sorte pas aussi bien. Quant à la grand-mère qui monte les uns contre les autres, elle est l’exemple parfait de la belle-mère chiante et raide comme un piquet. Une famille un peu désarticulée finalement, sur laquelle repose l’absence de Samantha.
Plus la fin de livre approche, plus le malaise se fait sentir. Les mensonges et les non-dits m’ont laissé un goût âpre.
Le style est très parlé, il y a beaucoup de dialogues, trop à mon sens. C’est un livre aux ficelles un peu grosses et aux imperfections tangibles. (pourquoi mais pourquoi Caroline n’a pas poursuivi ce journaliste pour abus de confiance ?! Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.) mais malgré tout j’ai été ferrée dès le retour de la possible Samantha. Le genre de bouquin qu’on pourrait retrouver facilement adapté en série télé d’après midi qu’on regarde un peu honteux parce qu’on aime ça même si c’est mal fait.
Si je relirai Joy Fielding ? C’est possible. Je ne la mets néanmoins pas dans ma liste d’auteurs prioritaires.

Synopsis : 
« Je crois que mon vrai prénom est Samantha. Je crois que je suis votre fille. »
Le cœur de Caroline Shipley s’arrête quand elle entend ces paroles à l’autre bout du téléphone. Immédiatement, elle replonge quinze années plus tôt dans ce bel hôtel, au Mexique, où son monde s’est effondré.
Ce voyage était censé être une fête. Un soir, son mari, Hunter, l’avait convaincue de laisser leurs deux filles seules dans leur suite pendant qu’ils célébraient leur anniversaire de mariage au restaurant de l’hôtel. Mais en rentrant, le couple fut saisi d’effroi : leur fille de deux ans avait disparu sans laisser aucune trace.
S’ensuivirent des jours, des semaines et des années d’angoisse. Les médias harcelèrent Caroline, la décrivant comme une mère égoïste et indigne. Contre vents et marées, elle s’accrochait à l’espoir que Samantha serait un jour retrouvée… même si chaque jour la cruelle réalité la rattrapait.
Quinze ans plus tard, tourmentée par ce passé douloureux, le cœur à vif et assaillie de doutes face aux incohérences de l’enquête, Caroline ne sait plus qui croire… La seule chose dont elle est persuadée, c’est que quelqu’un s’acharne à lui cacher la vérité. Que s’est-il réellement produit la nuit où Samantha a disparu ?
UNE ENFANT DISPARUE, UNE FAMILLE DECHIREE ET UN ETRANGE APPEL DU DESTIN

Romancière canadienne à succès, JOY FIELDING a fait de ses héroïnes féminines singulières et proches du lecteur sa marque de fabrique. Elle décrit avec brio les pensées intimes et les angoisses de ses personnages, mais aussi l’aliénation urbaine et la perte d’identité.
(source : éditions Michel Lafon)

 

 

 

Sans nouvelles de toi, de Joy Fielding (She’s not here, 2016)
éditions Michel Lafon, mars 2017, 364 pages
Traduit de l’anglais (Canada) par Jean-Sébastien Luciani)
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Les échoués, Pascal Manoukian

Attirée vers ce titre par toutes ces éloges entendues à son sujet je tourne la dernière page le coeur plein et chaviré en même temps. J’ai envie de dire merci à l’auteur d’avoir donné la parole à ceux qui se taisent, se cachent, espèrent et font preuve d’un courage immense. Ces gens-là dont on entend parler sans cesse aux JT mais qu’on ne croise pas si souvent quand on habite une petite banlieue proprette  française aux maisons et bâtiments forts et bien alignés.
Les échoués c’est l’histoire de Virgil, Chanchal, Assan, Iman, Daria ou encore Emil fuyants la Moldavie, le Bangladesh, la Somalie et bien d’autres pays. Ils arrivent en France par bateau, camion, à la nage, à pied. Ils affrontent la mer déchaînée, les passeurs malhonnêtes, le désert brûlant, la faim et la soif tenaillantes, les coups, les morts et le chacun pour soi.
Les échoués troquent 3 gorgées d’eau contre 2 carrés de chocolat, sont cloués dans des cales sous des camions, les femmes se font violer, les hommes se font humilier.
On n’imagine pas la teneur d’un tel périple. On lit, le coeur au bord des lèvres, l’arrivée en France, les regroupements sur des parkings pour trouver un travail et nourrir sa famille, l’exploitation dont ils sont les victimes. Tout ça en périphérie de nos vies rangées et douces, tellement plus douces, malgré nos petits bobos.
On se dit que ce n’est tout de même pas possible. Et puis en fait, si. Pascal Manoukian est reporter de guerre et maîtrise son sujet à la perfection en distillant dans le roman la réalité de la vie des clandestins aujourd’hui car même si l’histoire se déroule dans les années 90 rien n’a changé.
On bénit les Camille et les Julien. On aimerait pouvoir nous aussi. Faire quelque chose. On change de regard, ou du moins on l’aiguise. On aimerait ne plus entendre certains politique parler d’immigration de façon tellement inhumaine.
Cela fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé de classer un petit bouquin en grand coup de coeur ! Lisez -le.

« Depuis son arrivée en France, personne ne l’appelait plus jamais par son prénom et il n’aurait jamais imaginé qu’avec le temps il puisse lui-même l’oublier. C’est ça aussi, l’exil, quelques lettres choisies avec amour pour vous accompagner tout au long d’une vie et qui brusquement s’effacent jusqu’à ne plus exister pour personne.
(…)
Puis brutalement, plus rien. Le silence. Un sevrage brutal, le laissant à l’âge de dix-huit ans loin de chez lui, étranger et anonyme, sans millésime ni origine, telle une bouteille à l’étiquette arrachée. Alors, régulièrement, avec la peur de disparaître des regards, il se répète à haute voix :
– Je m’appelle Chanchal, j’ai dix-neuf ans, je suis arrivé du Bangladesh il y a dix-huit mois, neuf jours et sept heures. Je vends des roses à Villeneuve-le-Roi et je suis vivant. Chan… chal… Chan… chal.
Il détache chacune des syllabes, comme sa mère le faisait pour lui apprendre son prénom quand il était enfant.
Avant de sauter le pas, Chanchal avait tout envisagé du voyage : la crasse, la peur, la violence des passeurs, les vols, la faim, la cupidité, les risques de noyade, les poux, la gale. Pas cette solitude-là. Certains jours, il ne prononçait pas une parole. Il tendait ses fleurs à des couples qui, sans un regard, parfois d’un geste agacé, l’expédiaient lui et ses roses à une autre table. Le coeur serré, il les observait se murmurer des mots doux, leurs doigts entrelacés » (p36)

« Les gosses chahutaient entre les flaques de boue. Les hommes parlaient fort autour de braseros dans un mélange de turc, de serbe, de roumain, de moldave, de russe, d’ukrainien et d’une dizaine d’autres langues dont Virgil ne comprenait pas le moindre mot.
La lumière jaune des flammes déformait les arbres et la tôle, torturait les corps et les visages. Aucun Français n’a idée que des endroits comme ça existent au pied de chez lui (…) » (p66)

« Aujourd’hui encore, il ne trouve aucun mot dans aucune langue, aucun dictionnaire, pour décrire ce que furent ces dix-huit jours de traversée, ces deux-cent quatre-vingt-seize kilomètres qui séparent l’Afrique sans espoir de l’Europe de toutes les attentes. Rien, pas un verbe, pas un adjectif, pas un adverbe qui ne soit à la hauteur de ce qu’ils ont vécu. Ni dans le vocabulaire durement appris avant d’embarquer, ni dans celui étudié depuis.
Il cherche encore, lorsqu’il en a l’occasion, pousse la porte d’une bibliothèque municipale, s’installe devant la Bible, l’Odyssée, Virgile, les grands poèmes de Victor Hugo, d’Ernest Hemingway, les tableaux de Joseph Vernet ou Le Radeau de Géricault, mais ne trouve rien pour l’aider à expurger cet énorme caillot qui certaines nuits l’étouffent et le réveille, tremblant et mouillé de sueur, persuadé d’avoir rompu la promesse faite à sa fille de veiller sur elle et de la garder en vie.
Et pourtant, il avait mené Iman à bon port, saine et sauve jusqu’à Lampedusa. » (p107)

« Tout était fini, propre, fonctionnel, signalé, éclairé. Il en était de même pour les gares, les voies ferrées, les monuments historiques, les aéroports, les zones industrielles, les centres commerciaux. Les Français ne se rendaient pas compte du bonheur de vivre dans un pays achevé. Ils n’avaient qu’à l’entretenir, à le fignoler. Les générations précédentes avaient pris soin de le mettre tout entier hors d’air et hors d’eau.
Assan et Virgil venaient du chaos, de villes en perpétuel chantier. On y construisait sans normes, sans ordre, sans plan, n’importe où et n’importe comment, quand on y construisait encore. A peine avait-on achevé un kilomètre de route que, avant d’avoir pu le border d’arbres et de trottoirs, des milliers de familles le prenaient d’assaut, l’investissaient de baraques en tôle, perçaient les canalisations pour détourner l’eau, se branchaient sur les lignes électriques, creusaient le bitume en allumant des feux et la route disparaissait déjà sous les porteurs, les attelages en tout genre et les immondices.
Même les plus intègres et les plus motivés des hommes politiques, à supposer qu’il en existât, auraient pu passer leur vie à bâtir sans jamais voir le résultat. Un constat déprimant, capable comme la rouille de venir à bout des plus solides convictions. » (p201)

 » Alors si le chauffeur tenait sa parole, si le prêteur ne les embrouillait pas, si Daria trouvait un passeur, si personne ne l’égorgeait pour lui voler son argent, si les douaniers roumains se laissaient corrompre, si les Hongrois les Autrichiens, les Allemands et les Français ne se montraient pas trop pointilleux, si les enfants supportaient d’être enfermés sans alerter les chiens, si personne n’attaquait le camion sur un parking, si les routes restaient praticables, ils seraient peut-être tous réunis dans deux semaines. » (p234)

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[BD] Comment je ne suis pas devenu moine

Album autobiographique, Comment je ne suis pas devenu moine narre l’histoire de Jean-Sébastien Bérubé qui, à vingt-six ans et dans l’optique de devenir moine, embarque dans un avion pour le Népal.
Le bouddhisme comme une évidence pour l’auteur n’est pas une religion comme il le rappelle mais un état, une philosophie, qui véhicule des valeurs éthiques, méditatives, de compassion. Et c’est le coeur orienté dans cette optique et contre l’avis de sa famille que Jean-Sébastien pose le pied pour la première fois sur le sol népalais.
Il en faut un sacré courage pour partir seul ainsi à la recherche de sa vérité. Je suis admirative. D’autant que le contraste de moeurs et de culture est saisissant. A l’arrivée le voilà harangué par une foule de chauffeurs de taxis qui veulent tous conduire le touriste blanc à Baudhanath, un temple immense où il est attendu. La nonne qui le reçoit le met déjà en garde contre de « mauvais moines » qui interpellent Jean-Sébastien ou contre une fausse mendiante portant des vêtements de soie.
Jean-Sébastien va aller plus loin et voyager jusqu’au Tibet, berceau de Bouddha, toujours sous l’occupation chinoise. Comme au Népal, le touriste blanc est visible à dix kilomètres à la ronde et certains tibétains n’hésitent pas, sous couvert de bouddhisme, à dépouiller l’ignorant occidental.
Le jeune homme visitera nombre de temples, sera pris par le mal de l’altitude, fera des rencontres sympa et d’autres moins et finalement se posera quelques questions quant à son choix de devenir moine. C’est une BD instructive qui a le mérite de montrer l’envers du décor quant à la vision idyllique occidentale de ces pays du monde et du bouddhisme tibétain par rapport à la réalité. Brad Pitt dans le film 7 ans au Tibet nous aurait-il menti ?? *smiley qui se creuse la tête*

Côté trait du dessin c’est léger et net en même temps. Joli. Seul regret : le manque de couleurs. J’aime la couleur en BD et les paysages et les temples n’en ressortiraient que plus majestueux ♥ comme on peut l’apercevoir sur quelques pages à la fin, mais ça doit être du boulot, j’imagine que c’est la raison pour laquelle les tons sont sépias. (?)

Comment je ne suis pas devenu moine, de Jean-Sébastien Bérubé (Canada)
Futuropolis, février 2017, 226 pages

Toutes les BD de la semaine aujourd’hui chez Noukette

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Ma mémoire est un couteau, Laurie Halse Anderson

Après Vous parler de ça et Je suis une fille de l’hiver, La Belle Colère publie un troisième roman de Laurie Halse Anderson. Ma mémoire est un couteau (The Impossible Knife of Memory) est néanmoins plus récent que les deux autres, il a été publié en 2014 aux Etats-Unis.
Comme les autres romans du label des éditions Anne Carrière ce roman réaliste met en scène l’histoire d’une ado effleurant l’âge adulte en proie a une situation compliquée et une vie un peu particulière.
Hayley, 17 ans, a passé cinq ans sur les routes avec son père fuyant ses démons. Vétéran de guerre en Irak et en Afghanistan l’homme est hanté par de douloureux souvenirs et a embarqué sa fille dans son job de routier. Les kilomètres défilants, la route est un refuge comme un échappatoire anesthésiant. Mais après une énième bagarre de bar, il décide de retourner vivre dans la maison de sa mère qui a vu en partie grandir Hayley. Celle-ci qui doit alors se réadapter à la vie sédentaire est de plus en plus inquiète du comportement de son papa. La guerre a laissé trop de traces. L’alcool et la drogue ont remplacé la vitesse du camion et l’une de ses anciennes conquête que Hayley déteste menace de refaire surface.

Plus que la jolie petite romance qui naît entre Hayley et Finn, un garçon de son lycée, on est surtout ici dans un contexte de relation père/fille complexe. Hayley doit faire face au comportement dépressif de son père tout en crevant d’affection pour lui. Elle met tout en oeuvre pour lui remettre le pied à l’étrier malgré les ravages tenaces que la guerre a laissé dans son esprit.

C’est finalement un roman où l’amour règne en maître malgré les souffrances de l’existence. Raconté de la voix de la jeune fille sur le temps d’une année scolaire, il devrait parler aux jeunes de l’âge de l’héroïne. J’aurai aimé avoir des livres de ce genre à lire à cet âge alors mettons-le dans les mains de nos ados pour voir… 😉

 

Quatrième de couv’…
Cela fait cinq ans que Hayley Kincain vit en nomade, ne pouvant poser nulle part son bagage très longtemps, parce que son père, Andy, fuit les démons qui l’assaillent depuis qu’il est revenu de la guerre d’Irak. Les voilà de retour dans la ville natale de ce père torturé, qui souhaite tout de même que sa fille puisse reprendre une vie scolaire normale.

Et voici que s’offre à Hayley les plus intoxicants des espoirs : vivre comme les autres adolescents de son âge, mettre enfin derrière elle ses propres souvenirs douloureux et, pourquoi pas, laisser une chance à son histoire avec Finn, le garçon canon qui lui tourne autour et semble partager avec elle le fardeau des secrets de famille. Ce fragile équilibre va reposer sur la capacité du père à guérir de son syndrome post-traumatique. Mais les monstres tapis dans la mémoire d’Andy sont assez puissants pour l’entraîner en enfer au moindre faux pas. Entraînera-t-il sa fille dans sa chute ? Quelle place doit-elle tenir dans ce combat ? Ma mémoire est un couteau est le roman le plus captivant de Laurie Halse Anderson, un suspense psychologique haletant se dégage de ce livre gorgé d’humanité, qui a connu un énorme succès aux États-Unis.

Ma mémoire est un couteau (The Knife of memory, 2014) de Laurie Halse Anderson
La Belle Colère, 16 février 2017
Traduit de l’anglais (U.S.A) par Marie de Prémonville
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La fille d’avant, JP Delaney

« Les relations humaines, comme nos existences, ont tendance à s’embarrasser du superflu. »

C’est grâce à la plateforme Netgalley que je l’ai lu. Il était en téléchargement libre le 4 et le 5 février. Présenté comme un thriller exceptionnel, traduit dans 37 pays et bientôt porté à l’écran par Ron Howard (réalisateur d’ « Un homme d’exception » et de « Da Vinci Code ») je n’ai pas hésité longtemps.

Quatrième de couv’..
« Après un drame éprouvant, Jane cherche à tourner la page. Lorsqu’elle découvre le One Folgate Street, elle est conquise par cette maison ultra moderne, chef d’oeuvre de l’architecture minimaliste, parfaite. Mais pour y vivre, il faut se plier aux règles draconiennes imposées par son architecte, Edward Monkford, aussi mystérieux que séduisant. Parmi celles-ci : répondre régulièrement à des questionnaires déconcertants et intrusifs. Peu à peu, Jane acquiert une inquiétante certitude : la maison est pensée pour transformer celui qui y vit. Or elle apprend bientôt qu’Emma, la locataire qui l’a précédée et qui lui ressemble étrangement, y a trouvé une fin tragique.
Alors qu’elle tente de démêler le vrai du faux, Jane s’engage sur la même pente, fait les mêmes choix, croise les mêmes personnes… et vit dans la même terreur que la fille d’avant.
JP Delaney est le pseudonyme d’un écrivain qui a publié plusieurs romans à succès sous d’autres noms. La Fille d’avant est sa première incursion dans le thriller psychologique. »

Les chapitres alternent la voix d’Emma et de Jane à quelques années de décalage. Elles se ressemblent un peu physiquement et ont toutes deux décidé d’emménager au One Folgate Street, une maison d’architecte bien particulière. Le propriétaire est un homme d’une trentaine d’années, perfectionniste et adepte du minimalisme extrême. Sa maison ne ressemble à aucune autre, elle est immaculée et totalement dépouillée de superflu. Elle paraît sécurisante, ce qui est la principale motivation d’Emma qui souhaite y emménager suite à une agression.
Pour habiter au One Folgate Street il faut d’abord remplir un important questionnaire complètement jeté… Et surtout se soumettre aux règles drastiques du propriétaire. Rien ne doit jamais traîner dans la maison, pas même un livre. L’endroit doit rester aussi propre et immaculé qu’un bloc opératoire, il faut se soumettre à des questionnaires intrusifs réguliers et accepter la haute technologie qui régit la maison. Tout ceci dans le but de faire de vous une personne meilleure, plus opérationnelle et dépouillée du superflu qui chronophage l’existence.
Alors je vous le dis tout de suite : à la place d’Emma et de Jane j’aurais immédiatement pris mes jambes à mon cou. Mais les deux nénettes, même si elles trouvent ça un peu étrange, se plient très vite à l’exercice sans se poser de questions.
Jane apprend rapidement qu’Emma a trouvé la mort au One Folgate Street dans des circonstances étranges… Elle va finalement essayer de démêler le vrai du faux. L’étau se resserre autour de la jeune femme. L’angoisse l’étreint. Edward, le séduisant propriétaire et amant aussi barré que perfectionniste est-il un meurtrier ?

Même si j’ai trouvé plus que léger le fait qu’Emma et Jane emménagent dans cette maison très rapidement et sans se questionner, je dois bien avouer que j’ai quand même passé un bon moment et que ce livre est un assez bon page-turner psychologique. Du suspense, un ténébreux et froid propriétaire, un soupçon de sexe, une maison comme un personnage à part entière, une enquête sur la mort d’une jeune femme, et des personnages quand même assez barrés, tous les ingrédients sont là pour faire monter la tension. Pas LE livre de l’année comme on nous le vend mais un thriller plutôt addictif. Curieuse maintenant de voir le film qui va en découler.
La fille d’avant sort le 8 mars aux éditions Mazarine.

La fille d’avant, JP Delaney (The girl Before, janvier 2017)
Editions Fayard/Mazarine, mars 2017, 432 pages
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Esch
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