Mariages de saison, Jean-Philippe Blondel

Mariages de saison, blondel

Après être allée faire un tour sur les critiques des blogueurs je suis amusée de constater la disparité des appréciations sur la bibliographie de Jean-Philippe Blondel, notamment sur ce dernier-né. Les uns ont aimé, d’autres le trouvent trop léger, Il y en a qui lui préfèrent Un hiver à Paris et ce ne sera pas mon cas. L’année dernière j’ai donc lu mon premier Blondel et j’étais ennuyée de ne pas avoir accroché. Et voilà que Mariages de saison me séduit. C’est drôle ces différences d’appréciations, comme s’il y avait forcément un Blondel pour chacun d’entre nous.
Là où dans Un hiver à Paris le style me paraissait froid, il me semble d’une simplicité chaleureuse dans Mariages de saison. Pas d’effets de style, pas d’exagération, juste ce qu’il faut, là où il faut. Un bon feeling avec Corentin, ce vidéaste de mariages en province qui travaille de concert avec son parrain, Yvan. Une belle relation que la leur. Le presque trentenaire et le quinquagénaire.

Ils forment un duo, maintenant, le parrain et le filleul. Vingt-cinq ans d’écart. Presque aucun goût en commun – Corentin serait plutôt porté vers les romans intimistes, Yvan vers le récit d’aventures ; Corentin aime le cinéma asiatique et contemplatif, Yvan ne jure que par les séries américaines ; Corentin pense que l’écologie devrait primer sur l’économie, Yvan répond qu’il a de la merde dans les yeux-, mais une relation qui se consolide pourtant, sous le regard stupéfait du père de Corentin, dont Yvan était censé être le meilleur ami. Un lien qui s’établit dans les habitudes qui se créent, à deux – la familiarité de l’autre corps, de son odeur, de la place qu’il prend, la connaissance intime du fonctionnement de son esprit, de ses associations d’idées, des plaisanteries qu’il va tenter ou refouler. 

Et puis ces gens, ces futurs mariés, pleins d’espoirs, souvent mélancoliques et toujours touchants. Et ces fêtes dont Corentin et Yvan gravent le meilleur sur DVD laissant le reste aux oubliettes. Finalement ce n’est pas le destin de Corentin qui m’a le plus intéressée, c’est l’ambiance, le ton doux amer, la façon dont Blondel raconte ces vies contemporaines avec tendresse et sans emphase. C’est joli, un peu nostalgique, plein d’empathie, de finesse et de bienveillance. J’ai adoré.

Il y a un moment où on réalise que ce qu’il nous faut pour vivre bien, en harmonie, en douceur et longtemps, ce n’est pas ce qu’on a toujours cherché.

Lire ici : 3 raison de lire Mariage de saison.

Quatrième de couv’ :
Juillet 2013 en province. Comme chaque été, Corentin retrouve, au côté de son parrain, Yvan, son emploi saisonnier de vidéaste de mariage. Chargé d’accompagner les couples des premières heures de la journée la plus importante de leur vie jusqu’au matin suivant, il recueille leurs espoirs et leurs désillusions, leurs joies et leurs détresses, parfois. Mais à vingt-sept ans, il est temps de faire des choix, amoureux tout autant que professionnels. Corentin a devant lui cinq mariages et aucun enterrement pour trouver sa voie.
Analyse des sentiments, amertume et plaisir, empathie pour les personnages… On retrouve dans Mariages de saison tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel.
Mariages de saison, de Jean-Philippe Blondel
Buchet Chastel, janvier 2016, 184 pages
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Tout plutôt qu’être moi (Ned Vizzini)

Tout plutôt qu'être moi

Tout allait bien dans la vie de Craig. Des parents aimants, une petite soeur avec laquelle il s’entend bien, des résultat scolaires brillants. Il a bien un peu de mal à se lier d’amitié mais à 15 ans ce n’est pas toujours facile. Et puis de toute funnyfaçon il a Aaron, un garçon -pas toujours recommandable- qu’il qualifie de meilleur ami. Craig aimerait bien sortir avec Nia mais c’est dans les bras d’Aaron que la jolie jeune fille est tombée. Ruminant sa jalousie Craig a tout de même un projet bien plus important : intégrer l’une des plus prestigieuses prépas de New-York. Après un intense bûchage il réussit le concours d’entrée haut la main et est le plus heureux des ados. Mais une fois en cours cela se révèle plus difficile qu’il n’y paraît. Ses résultats baissent et l’estime de soi du jeune homme décline. Se lever de son lit devient de plus en plus difficile et Craig tombe dans une sévère dépression au point d’envisager le suicide comme une perspective séduisante. Un soir alors qu’il est au plus mal, il se retrouve à l’hôpital psychiatrique…

Une_drole_d_histoireImpossible de ne pas s’attacher à cet ado qui va mal ; en tant que narrateur il fait forcément naître l’empathie dans la tête du lecteur mais il ne faut pas croire le roman déprimant car malgré la gravité de la situation restent la légèreté et l’humour. J’ai adoré le passage du coup de fil à SOS Suicide. Drôle et pourtant si juste…!  Et j’ai aimé rencontrer les personnages hauts en couleur dont il fait la connaissance à l’hôpital. Ce lieu à part, où se retrouvent les âmes brisées, esseulées, les psychotiques, les dépressifs, les toqués, quoi.
J’ai une affection particulière pour les histoires d’âmes à la dérive alors forcément j’ai été touchée par Jimmy répétant sans cesse la même phrase, Bobby dépressif et SDF, la Prof qui pense que quelqu’un a pulvérisé des pesticides dans son appartement, ou encore Noelle qui s’est scarifié les joues. Tout ce petit monde forme un patchwork véritablement attachant…
Si Tout plutôt qu’être moi n’est pas une lecture coup de coeur (vous devez être habitués à mon côté difficile) – sans doute parce que j’ai plus du double de l’âge du personnage -, cela reste une lecture très attachante et une histoire sensible qui m’émeut profondément et qui, je l’espère, saura aider quelques ados lecteurs dans une situation similaire.
Il existe un film adapté de ce roman : Une drôle d’histoire que je vais essayer de dégoter.

Tout plutôt qu’être moi, de Ned Vizzini (It’s Kind Of a Funny Story, 2006)
La Belle Colère, janvier 2016
traduit de l’anglais (Etats- Unis) par Fanny Ladd et Christel Gaillard-Paris
397 pages
Quatrième de couv’ :
Comme beaucoup d’adolescents, Craig est bien décidé à réussir sa vie. Il intègre l’une des plus prestigieuses prépas de New York, de celles qui font de vous un homme et assurent votre avenir. Seulement, au bout d’un an, il ne mange plus, ne dort plus, n’arrive plus à se lever, pense sans arrêt à ses devoirs, ses exams et à la jolie copine de son meilleur ami. Pour faire front à tout ça, il ne trouve d’autre solution que de fumer de l’herbe en glandant pendant des heures. Craig est pris dans une spirale d’anxiété, d’inquiétudes, de peurs qui l’acculent et le paralysent. Comment en est-il arrivé là ? Comment est on poussé au point où la pression se fait tellement forte et nous, si faibles que la seule solution qui s’offre à nous, c’est d’en finir ? Dans ce roman tendre et émouvant, inspiré d’un séjour qu’il a effectué en hôpital psychiatrique, Ned Vizzini aborde ses propres démons, son long combat contre cette maladie qui l’accable depuis des années. D’un sujet aussi délicat et tabou que la dépression adolescente, Vizzini crée un livre tout à la fois drôle et empreint d’espoir.
ned-vizziniNé en 1981, Ned Vizzini commence à écrire pour la presse new-yorkaise, dont leTimes, à l’âge de 15 ans alors qu’il est encore au lycée. Il publiera ensuite six livres dont Tout plutôt qu’être moi, qui sera adapté au cinéma.  Parallèlement à sa carrière d’écrivain (il publie des articles dans le New Yorker et le Los Angeles Times, entre autres), il participe à l’élaboration de la série Teen Wolf, intervient régulièrement dans les librairies et les lycées pour expliquer comment l’art et l’écriture peuvent aider à surmonter les problèmes psychologiques. Le 19 décembre 2013, Ned Vizzini se jette du haut d’un immeuble de Brooklyn. Il a 32 ans, cela faisait des années qu’il se battait contre la dépression. (source : La Belle Colère – Source photo auteur)
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Fièvre (Megan Abbott)

fièvre megan abbottC’est avec son septième roman que je découvre Megan Abbott. Elle est l’auteur de Vilaines filles, son roman le plus connu, je crois, déjà qualifié sur sa quatrième de couverture de « roman ravageur sur l’adolescence ». Dans Fièvre aussi les personnages principaux sont des adolescentes (notez le féminin surtout), élèves d’un lycée d’une petite ville américaine nommée Dryden, à l’atmosphère inquiétante, avec son lac dont on ne sait trop s’il est empoisonné ou envouté.
Deenie, Lise, Gabby et Skye sont amies, enfin, pas vraiment au même niveau. Lise, fille rondouillarde devenue sculptée et magnétique est amie avec Deenie depuis l’enfance ; Gabby, qui côtoie Deenie depuis le collège se rapproche de Lise par la force des choses et c’est avec Gabby que l’inquiétante Skye, la dernière arrivée -qui fume des pétards et lit le kama-sutra- s’est rapprochée du groupe. (Vous suivez ? non ? C’est normal.). C’est au fur et à mesure que les relations se révèlent, avec leur lot de jalousie et de non-dits. L’intrigue se noue autour d’une mystérieuse épidémie qui touche les jeunes filles du lycée. Lise est la première affectée. Les symptômes sont étranges, sensation d’étouffements, convulsions, yeux révulsés, dignes de L’Exorciste… Et c’est là la force de l’histoire, le mystère et l’étrange s’épaississant au fil des pages. Quelle est la cause de ce fléau ? Le lac ? Le vaccin contre le papillomavirus ? (obligatoire pour les jeunes filles aux Etats-Unis contrairement à la France), Les premières relations sexuelles ? La sorcellerie ? Voire les extra-terrestres ? Le lecteur ne peut s’empêcher de se questionner en échafaudant des scénarios tous plus extravagants les uns que les autres. Les parents s’affolent, la presse et la santé publique s’emparent de l’affaire. Si j’ai aimé cet aspect véritablement intrigant, l’ensemble n’a pas réussi à m’emporter totalement, sans doute à cause du style, très « oral ». Je butais sur les mots et les nombreux dialogues, la fluidité n’étant, pour moi, pas au rendez-vous. Et puis je m’attendais (bêtement) à quelque chose de plus « mature », je crois, moins « adolescent » même si j’ai aimé le côté sombre et complexe que révèle l’auteur à propos des ados. C’est donc une lecture en demie teinte pour moi mais si vous avez envie d’avoir envie vous pouvez aller lire Cajou et La Fée qui ont adoré et qui ont écrit de supers billets !

Fièvre, de Megan Abbott (The Fever, 2014)
JC Lattès (octobre 2015)
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Dominique CHEVALLIER, 416 pages
3 étoiles
Quatrième de couv’ : Deenie Nash est une adolescente typique. Avec ses meilleures amies, Lise, Gabby et Skye, elles ne parlent que d’une chose : qui l’a déjà fait ? est-ce que ça fait mal ? Elles échangent ragots et potins par textos interposés. Un matin, en classe, Lise est soudain prise d’une violente crise de convulsions et emmenée à l’hôpital. Dans les couloirs du lycée, on ne parle que de ça. Deux jours après, c’est Gabby qui subit le même type de crise. La panique s’étend à la famille, au lycée et à toute la communauté. Qu’est-il arrivé à Lise et à Gabby ? Est-ce un virus ? Ou, comme le pense la mère de Lise, désemparée, la faute des garçons et l’attrait du sexe ? Les théories du complot les plus fumeuses circulent dans le lycée, d’autant plus que d’autres jeunes filles sont saisies d’étranges symptômes, qui laissent les autorités médicales perplexes et provoquent chez les parents une tempête de protestations. Deenie s’inquiète. Va-t-elle être elle aussi saisie par cette fièvre ?

abbott

 

Megan Abbott est l’auteur de six précédents romans et a obtenu le prestigieux Prix Edgar Allan Poe (2008) qui récompense les meilleures oeuvres policières. Elle est Docteur en Littérature de l’Université de New York, et bénéficie actuellement de la résidence d’écrivain John et Renée Grisham de l’Université du Mississippi. Tous ses romans sont publiés en France chez Lattès/Le Masque. (source : JC Lattès)

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Revival, Stephen King

Revival Stephen KingJe crois que je ne fais pas partie des vrais afficionados de Stephen King même si j’ai aimé plusieurs de ses titres (Shining, Simetierre, Running man, Charlie, Le Fléau, pour ne citer qu’eux).
Dernier roman de l’auteur en date Revival raconte l’histoire de Jamie de l’enfance à la soixantaine. Autant dire qu’on a le temps de s’identifier et de s’attacher. A 6 ans, dans les années 60, penché sur ses petites voitures, il rencontre le pasteur Jacobs pour la première fois. Ce dernier prend la peine de se mettre à la hauteur de l’enfant pour lui distiller quelques conseils de jeux, faisant naître un puissant lien affectif. Dès lors, le chemin de Jamie ne cessera de croiser celui du Pasteur, même si on les retrouve ensemble seulement vingt ans plus tard. Après un drame familial terrible, Charles Jacobs perd la foi en l’église et retourne à ses premières amours : l’éléctricité secrète censée guérir tous les maux… Et c’est là que de mon côté j’ai peu à peu décroché du roman. Si j’ai aimé suivre Jamie tout au long de sa vie ou presque, si j’aime toujours autant la vision pas rose que l’auteur se fait de la vie, je reproche à l’ensemble des longueurs et des révélations capilotractés. Malgré les réflexions relativement intéressantes sur la religion, l’addiction ou la famille, je n’ai pas réussi à adhérer totalement à l’entièreté du de l’histoire. Ce n’est pas encore avec Revival que je vais renouer totalement avec le maître du suspense mais je ne déséspère pas, j’ai encore 22/11/63 qui m’attend et dans lequel tous les espoirs sont permis.

Quatrième de couv’…
La foudre est-elle plus puissante que Dieu ? Il a suffi de quelques jours au charismatique Révérend Charles Jacobs pour ensorceler les habitants de Harlow dans le Maine. Et plus que tout autre, le petit Jamie. Car l’homme et l’enfant ont une passion commune : l’électricité. Trente ans plus tard, Jamie, guitariste de rock rongé par l’alcool et la drogue, est devenu une épave. Jusqu’à ce qu’il croise à nouveau le chemin de Jacobs et découvre que le mot « Revival » a plus d’un sens… Et qu’il y a bien des façons de renaitre ! Addiction, fanatisme, religion, expérimentations scientifiques… un roman électrique sur ce qui se cache de l’autre côté du miroir.

Revival, de Stephen King (2014)
Albin Michel (2015)
traduit de l’américain par Nadine Gassie et Océane Bies, 448 pages
2.5 sur 5
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L’infini + un, Amy Harmon

l'infini + unElle s’appelle Bonnie Rae Shelby. Il s’appelle Finn Clyde. Bonnie et Clyde.
Elle est une superstar qui a gagné un télé-crochet et parcourt les scènes des Etats-Unis. Il est sorti de prison deux ans plus tôt et souhaite rejoindre Las Vegas où l’attend un job dans un casino.
Ils sont seuls et se rencontrent sur un pont, dans un geste désespéré de Bonnie. Il l’empêche de sauter.
Les voilà sur les routes sur lesquelles leurs âmes vont peu à peu se dévoiler l’une à l’autre…

Road-trip teinté de romance, Amy Harmon prouve encore une fois son talent à conter les âmes abîmées. Avec Nos faces cachées elle était déjà dans la romance adolescente avec des personnages aux blessures invisibles. Ici c’est un parcours à la Bonnie et Clyde qu’elle propose teinté d’aventures et de quête de soi.
J’ai aimé ce couple cinématographique, l’imprévisible Bonnie à la voix d’or et le sérieux Finn aimant les maths. Les événements sont néanmoins un peu faciles, ils se sortent toujours des situations compliquées avec un peu trop d’aisance mais le couple qu’ils forment a réussi à faire soupirer la midinette terrée en moi et c’est tout ce dont j’avais besoin. ♥ L’on sent aussi un peu comme dans Nos faces cachées, la foi de l’auteure dans sa religion ce qui pourra rebuter quelque lecteur mais cela reste discret et toujours bienveillant.
Une lecture un peu fleur bleue sans être cucul, des blessures révélées et des âmes soeurs qui se trouvent, je conseille à celles et ceux qui ont envie d’une jolie romance teintée d’aventure et de bienveillance …

Quelques extraits :

« – C’étaient des criminels (…)
– Mais ils n’étaient pas que ça. (la vérité résonna de nouveau comme un gong dans mon coeur.) Les gens ne sont pas unidimensionnels. »

« (en parlant des vrais Bonnie & Clyde) :
 – Ils ont braqué des banques et abattu neuf flics, ai-je commenté en contemplant la vaste plaine (…)
– Oui, a répondu Finn
– Ce n’étaient pas des gens biens, ai-je ajouté, sur un ton plein de réticence à mes propres oreilles.
– Non
– Alors pourquoi est-ce qu’ils fascinent tout le monde comme ça ? Pourquoi leur a t-on consacré des films et des musées ? Pourquoi est-ce que cette vieille dame les aime autant ? 
Finn m’a jeté un regard sérieux et pénétrant, comme s’il attendait que je parvienne à une conclusion. (…)
– A toi de me le dire, Bonnie. Pourquoi est-ce que tu es fascinée comme ça ?
J’ai observé le profil de Finn, le dessin de sa mâchoire et la fermeté de ses lèvres. Quelques mèches qui s’étaient échappées de son catogan caressait ses joues minces. J’avais envie de les repousser afin de pouvoir le toucher. C’était bizarre ce désir que j’avais de le caresser en permanence. Alors qu’il faisait tout pour paraître intouchable.
– Parce qu’ils s’aimaient.
La réponse est sortie de nulle part. Ou peut-être de mes tripes. Ou de cet endroit du coeur humain qui recèle toutes les réponses avant qu’on ait eu le temps de dire à nos cerveaux de prendre le relais. En prononçant ces mots, j’ai su que c’était la vérité. »

« – Il est un peu taré, non ? constata Finn en soupirant, reportant son attention sur le problème qui les occupait.
Bonnie haussa les épaules.
– Je ne sais pas trop? Il a pas vraiment dit quoi que ce soit de bizarre. Les gens traitent vite ceux qui sont juste… différents de « fous » ou « émotionnellement instables ». C’est une façon de les faire taire. De les contrôler. Y a rien de plus flippant qu’un fou. Rien de plus impressionnant que quelqu’un qui est « mentalement dérangé ». (Bonnie leva les mains pour imiter les guillemets.) Mets cette étiquette sur quelqu’un et c’est fini, qu’elle soit méritée ou non. Sa liberté et sa crédibilité sont ruinées à jamais.

« – On est Bonnie et Clyde. Recherchés et mal aimés. Emprisonnés et acculés. On est perdus. On est seuls. On est un gros bordel. Un coup de feu dans la nuit. (…) »

 » Peut-être que le défi dans la vie, c’est de ne pas laisser la réalité nous convaincre qu’il n’y a rien en dehors d’elle. »

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Les enfants de Peakwood, Rod Marty

les enfants de PeakwoodTout commence par un accident. Un car scolaire percute de plein fouet une voiture sur une petite route enneigée du Montana. L’accident est mortel.
Chayton, le médecin de la ville de Peakwood appelé sur les lieux et père d’une fillette ayant perdu la vie en appelle à son père, chaman de la réserve indienne de la région afin de ramener les morts à la vie.

Des années plus tard alors que les enfants sont devenus adolescents et que la vie de Peakwood suit son cours, des choses étranges se passent : blessures apparaissant sur les corps et pire, une partie de la population semble peu à peu comme possédée.

L’on suit une petite dizaine de personnages au plus près de leur quotidien. Tom est surdoué et le souffre douleur de Kevin, fils du chef des pompiers, père à la claque facile. Nora, dyslexique, suit des cours de soutien chez son ancienne institutrice ayant perdu ses jambes dans l’accident. Il y a aussi Andrew, chauffeur du car le jour du drame, dealeur à la petite semaine et pompiste qui en pince pour Jenny depuis toujours. Et puis Helen, la mère de Tom qui a du mal à se battre face à son alcoolisme. Ou encore Bob, gérant du Grill faisant les meilleurs burgers de la région qui se crève d’amour pour Helen.
C’est dans la première moitié du roman que le lecteur s’attache peu à peu à chacun. Le point fort de l’histoire se trouve, pour moi, dans ce quotidien et ces relations qui font s’attacher le lecteur aux protagonistes. Dans chaque foyer ses joies et ses peines. L’étrange est amené à petits pas jusqu’à la deuxième moitié qui semble transformer Peakwood en un décor de film horrifique. Et la tempête qui s’annonce achève de rendre l’atmosphère hostile.

les enfants de PeakwoodJ’ai cru en ouvrant ce roman me retrouver dans un charmant petit livre pour adolescents mêlant du gentil fantastique au histoires de lycée. Que nenni ! Rod Marty, dans la deuxième moitié du livre enchaîne les ficelles horrifiques. L’inquiétant se mélange à l’étrange et la tension va crescendo. Il serait dommage d’en dévoiler davantage mais voici un roman idéal pour une adaptation en film d’horreur, qui certes, manie pas mal de clichés  et dont j’ai préféré la tension montante de la première moitié mais qui ravira les amateurs du genre, et dont la force réside dans la voix des personnages.

D’autres avis chez Dup, Lelf , …

Quatrième de couv’…
Quels sont ces étranges maux qui affligent les habitants de Peakwood, petite ville du Montana, USA ? D’où viennent les blessures qui apparaissent sur le corps de certains de ses habitants ? Pourquoi d’autres commencent-ils à agir étrangement ?
Seuls Chayton, le médecin de la ville, et son père, vieux chaman au savoir ancestral, savent reconnaître les signes. Le bouleversement qui approche. Quelque chose en lien avec un accident qui n’aurait jamais dû avoir lieu, dix ans plus tôt. Un secret dont ils ont juré de ne jamais reparler… Félicitations, la mort vous offre une seconde chance…

Rod-MartyRodolphe Marty se forme d’abord comme comédien à Paris pour ensuite monter « Une heure avant la mort de mon frère » de Daniel Keene, et assiste Kazem Shahriari à la mise en scène, à l’Art Studio Théâtre. Il réalise des vidéos musicales et écrit des scénarios et des romans fantastiques. Après avoir suivi l’atelier Écrire le Roman, puis l’atelier Boucler son manuscrit, il publie son premier roman, Les Enfants de Peakwood (2015).
Il vit à Paris où il partage son temps entre le théâtre, la vidéo et la photographie.
Page facebook auteur
(source photo et texte : babelio)

 

Les enfants de Peakwood, de Rod Marty
éditions Scrinéo, octobre 2015, 382 pages

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[jeu IGraal] Quelle serait votre wish-list idéale pour un budget de 100€ ?

iGraal me propose de participer à son opération blogueurs, à l’occasion de son Jeu Christmas Market, qui consiste à publier ma wish-list de Noël idéale pour un budget de 100 €. IGraal est en fait un portail de shopping qui permet d’obtenir des réductions en achetant chez leurs nombreux sites partenaires (Ebay, Amazon, La Redoute, Asos, Zalando, Séphora, Ikéa, BlanchePorte, Philips, Disneystore, L’Occitane, Carrefour, Darty…. la liste est longue). Si vous souhaitez y adhérer je peux vous parrainer si vous vous inscrivez en suivant ce lien. Vous profiterez dans ce cas d’un montant de 10€ cash à utiliser en faisant vos courses en ligne ou à mettre directement sur votre compte en banque.

Hop ma wishlist est la suivante :

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Les vieux fourneaux, tome 1, parce que malheureusement je ne l’ai toujours pas lu et la bibliothèque ne le possède pas, argh.

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Paul en appartement, parce qu’il FAUT que je découvre ce personnage, personne ne me dira le contraire, je crois.

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Alice au pays des merveilles, parce que je suis fan de cette collection Archipoche

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Et quelquefois j’ai comme une grande idée, parce que cette édition de poche chez les éditions Toussaint Louverture est simplement sublime

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Passé imparfait, que je souhaite lire depuis un bail maintenant

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Desseins, pour les 7 portraits de femmes

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Un flair infaillible pour le crime, pour découvrir cette série qui risque de me plaire

Je crois qu’il ne me reste qu’à croiser les doigts… 😉

 

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