L’enfant perdu – John Hart

En résumé :
Cela fait un an qu’Alyssa Merrimon, douze ans, a disparu alors qu’elle rentrait chez elle un soir après la bibliothèque dans une petite ville rurale de la Caroline du Nord.
Mais Johnny, son frère jumeau, refuse d’accepter son absence et continue à fouiller la ville, rue par rue, s’introduisant même chez des hommes soupçonnés de comportements déviants au risque de se faire prendre. Le policier en charge de l’affaire, Clyde Hunt, est inquiet pour Johnny et le surveille discrètement ainsi que sa mère, qui ne se remet pas de la disparition d’Alyssa et du départ de son mari.
C est alors qu’une deuxième adolescente disparaît, ce qui rend Johnny encore plus déterminé à retrouver sa soeur, convaincu que les deux cas sont liés. Mais ce qu’il va découvrir est encore plus terrible que ce qu’il pouvait imaginer, ébranlant toute la petite communauté et mettant sa vie en danger.En explorant les zones d’ombre entre l’innocence et le mal, entre le désespoir et la foi, L’enfant perdu outrepasse toutes les limites de la littérature du genre et fait de John Hart un grand auteur.

 

L’enfant perdu, de John Hart
JC Lattès, 2010
The Last Child, première parution aux Etats-unis en 2009

Mon avis à moi :

Voici un bon gros pavé qui recelle bien des promesses, tant par son volume, que par sa quatrième de couverture.

J’ai lu quelques articles qui en faisaient l’éloge, et je me suis encore une fois rendue compte qu’il faut se méfier de ce qui fait le « buzz » en général. Pas que ce livre soit mauvais, non, mais de là à le mettre sur un piédestal, il y a une marge.

Nous voilà plongé dans un comté de Caroline du Nord, dans une famille brisée. Famille qui ne compte plus que Johnny, 13 ans, et sa mère, complètement abattue depuis la disparition de sa fille un an plus tôt. Elle vit dans la douleur et dans l’illusion que lui donnent l’alcool et la drogue. La police n’ayant pas le moindre indice, Johnny, livré à lui-même, décide de mener sa propre enquête. De son côté, l’inspecteur Hunt, image du flic obnubilé par l’affaire et délaissant épouse et enfant, va, contre sa hiérarchie, rouvrir l’enquête qu’il n’arrive pas à oublier.

Ce livre est sombre à souhait : Des familles désépérées, rongées par la culpabilité ou la misère. Des hommes portés sur la bouteille et la violence et une loi du silence propre à l’esprit de quartier.

Plus qu’un polar aux rebondissements sans cesse renouvelés, ce livre-ci se base surtout sur une atmosphère lourde, chargée de drames et de misère. Les personnages sont souvent désabusés, et la ténacité de Johnny à retrouver sa soeur frôle l’acharnement.

Je regrette cependant un scénario un peu facile. Le hasard joue un peu trop bien son rôle dans l’enchaînement des situations… A de nombreuses reprises, ce livre m’a fait penser un téléfilm policier très américain, mais pas très fin…

Et puis ce gamin de 13 ans, il a de la ressource, quand même ! Trop, je dirais, pour que cela reste crédible…

Les personnages sont loin d’être lisses, mais pas dénués de clichés. La mère accablée de tristesse, l’amant riche et violent, le flic brisé mais acharné au travail…

Sans trop en dévoiler, l’un des personnages est même un véritable remake du géant noir de La ligne Verte de Stephen King.

L’intrigue met du temps à se mettre en place, tout se déroule assez lentement, mais la dernière moitié du livre est particulièrement prenante et la tension monte au fil des pages.

Le fait qu’on passe d’un personnage à un autre à chaque chapitre a mis ma patience à rude épreuve. Parce que bien évidemment, les chapitres se terminent toujours par un évènement de la plus haute importance. Et quel supplice d’attendre d’avoir lu le chapitre suivant (construit bien sûr de la même façon) pour retrouver les éléments qui nous tenaient en haleine quelques pages plus tôt…

La fin est  surprenante et tout prend son sens. Finalement, une fois arrivé au point final, on se dit que « quand même, c’était hyper bien ficelé ». On en reste même comme deux ronds de flans quelques instants.

Au niveau du style, cela reste facile à lire, mais je regrette certaines lourdeurs, et des descriptions un peu longues et monotones. J’ai aussi relevé certaines coquilles, dûes, peut-être, à une traduction hasardeuse. Mais pas que ! Puisque parfois on trouve un « Jack » à la place d’un « Johnny » ou un « Tremont » à la place de « Trenton »… C’était peut-être voulu pour voir si on suivait…

Finalement, je pense c’est un bon polar, un peu trop long à mon goût, très sombre, un chouilla dérangeant, très désespéré, mais ça n’est pas, je trouve, LE polar qu’il faut s’arracher à tout prix.

Merci à Blog-O-Book et aux Editions JC Lattès pour ce partenariat.

Je vous invite à aller lire l’avis d’Yspaddaden auquel j’adhère totalement. Et je pense me pencher sur Seul le silence de R.J Ellory….

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11 réponses à L’enfant perdu – John Hart

  1. Anne Sophie dit :

    je passe mon tour 🙂

  2. joey7lindley dit :

    Ca me tente bien, excepté s’il y a, comme je le crains, une histoire de viol là-dessous (je n’aime pas ces histoires) Pour éviter les spoilers, ça te dérangerait de me dire si c’est le cas par e-mail, stp?

  3. Véro dit :

    Bref, à lire si je tombe dessus à la bibliothèque mais pas à rechercher à tout prix …

  4. Valérie dit :

    Bon, s’il n’est pas indispensable, je passe et j’ai moins de regrets de ne pas avoir été prise sur ce partenariat.

  5. Melo dit :

    @ Anne Sophie : Je sauve ta PAL, donc.

    @ Esmeralda : Si tu as l’occasion de le lire, je te souhaite une bonne lecture.

    @ Joey : Je te mail. Mais je peux dire ici que j’ai horreur des histoires de viol et que ce livre n’est pas porté là-dessus.

    @ Véro et Valérie : Je ne voudrais pas vous faire passer à côté d’un coup de coeur tout de même. Il a d’autres avis très positifs.
    Mais je ne trouve pas que ce soit le livre de la décennie.

  6. nodreytiti dit :

    Il me tente beaucoup celui-là, merci Mélo!

  7. Ys dit :

    J’espère que toutes celles qui sont tentées passeront un bon moment. Ce roman serait vraiment bien, s’ils n’y avaient pas tous les autres, bien meilleurs, sur des disparitions d’enfants. L’atmosphère n’y est pas vraiment et les heureux hasards m’insupportent assez.
    Merci pour le lien.

  8. Melo dit :

    @ Audrey : Et beh pas de quoi, lol.

    @ Ys : Il n’est pas si mauvais ce bouquin, mais effectivement, les heureux hasards genre téléfilm américain m’insupportent assez aussi.
    Pas de quoi pour le lien.

  9. mabiblio1988 dit :

    Je suis assez d’accord avec toi sur de nombreux points. Johnny s’acharne vraiment pour retrouver sa soeur et ce d’une façon peu réaliste pour un gamin de 13 ans.
    Je n’ai pas fais attention au erreur de nom, peut-être que dans mon édition il n’y en a pas…
    Tout comme toi, la fin m’a vraiment surprise et je me suis aussi qu’au final l’histoire est bien ficelée.
    On est loin du coup de coeur mais une lecture assez sympathique malgré tout.

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