Dos à dos, de Sophie Bassignac


En résumé
:
Fin août, une nuit du côté de Saint-Tropez.
Dans la Villa des Roses, tout le monde dort lorsqu’Arnaud, visage d’ange mais cœur sombre, débarque sans prévenir chez ses parents qu’il n’a pas vus depuis longtemps. Ses bonnes résolutions, il les a déjà oubliées. Le lendemain, Gabriel, romancier quinquagénaire qui n’écrit plus, lit un message destiné à son fils. Un message qui lui fait l’effet d’un coup de couteau. Arnaud est recherché par la police. Aussitôt, dans un tourbillon de rage, d’accablement et d’angoisse, l’homme de lettres se lance à sa poursuite. […]

L’auteur :
Sophie Bassignac a grandi à Angers et vit maintenant à Paris. Auteur de deux livres parus chez Denoël, elle baigne dans la littérature depuis ses treize ans. Dos à dos est son troisième roman.

Dos à dos, de Sophie Bassignac
Editions JC Lattès – Janvier 2011 – 232 pages

Ce que j’en ai pensé :

C’est dommage, je n’ai pas trouvé la quatrième de couverture qui figure sur mon livre, moins longue et dévoilant moins l’intrigue que celle proposée sur internet. C’est la raison pour laquelle je l’ai volontairement coupée car je n’ai pas le courage de recopier.

Dès le départ j’ai été saisie par la poésie des mots, comme une mélodie chuchotant à l’oreille, dans cette douce langueur d’été dans laquelle commence le roman. Ester, La mère, femme aux origines italiennes, laisse planer autour d’elle une aura de gaïeté, bien qu’elle reste une mère inquiète face à son fils absent. Elle contraste avec son mari Gabriel, écrivain bourru et silencieux et avec Pamela, l’amie seule et endeuillée, un brin excentrique.

Lorsque débarque Arnaud, le fils chéri, la famille bascule dans la remise en question.  On assiste alors aux réflexions de l’écrivain face à sa vie et sa passion, mais aussi aux frasques du rejeton, attiré par l’argent facile qui fréquente un malfrat agoraphobe. La mère refuse la vérité et Pamela, touchante de par sa solitude et son deuil, reste impuissante mais d’un soutien incontestable.

Dans ce roman au ton doux-amer, les liens familiaux ont la part belle. La relation père/fils est compliquée, le dialogue ne se fait pas aisément mais les liens du sang restent forts.

« – Chaque génération pense régler à sa manière le problème de l’amour, ajouta t-il, pourtant les désastres domestiques continuent de plus belle. Il regarda autour de lui la cuisine nickel où aucun plat, il l’aurait juré n’avait jamais vu le jour. Tu sais, quand tu mets deux personnes ensemble sous un même toit, très vite les objets s’interposent, et… »

Sophie Bassignac possède un sens du détail qui touche, le ton est juste, les personnages sont palpables et je me suis laissée porter par les mots, le sourire au coin des lèvres.

Même si ce n’est pas un absolu coup de coeur, j’ai beaucoup aimé partager le quotidien et le drame de cette famille, c’est lucide, peut-être désenchanté, et même si le charme n’a pas opéré tout du long, j’ai relevé une flopée de passages qui valent le coup d’être partagés, notamment les réflexions du romancier.

Concernant ses personnages de romans :

 » Dans son rêve, Gabriel n’avait aucun regret et les trouvait encore formidables des années après. Il les avait aimé comme des frères voyageant désormais loin de lui dans la tête de lecteurs plus ou moins soigneux, plus ou moins bienveillants, qui se les appropriaient, déformaient leurs traits et leurs silhouettes au gré de leur propre tyrannie. »

Mais aussi :

« Gabriel s’enfonça dans le canapé en velours, bain d’eau chaude où il s’endormit presque aussitôt. Il manqua un écrivain chauve aux yeux perçants qui se racontait comme un robot, sans pause et dans un même souffle alors qu’une traductrice hésitante rendait à l’homme international l’humanité qu’il lui manquait. »

Et encore :

« Moi j’ai toujours introduit une intrigue policière dans mes livres. J’appâte le lecteur avec un meurtre ou une disparition et quand ils sont ferrés, je leur parle d’autre chose. »

Comme le souligne Griotte, on trouve un côté quelque peu surréaliste ou quelques clichés, qui m’ont un peu déçue aussi (les méchants) et je dois dire que je n’ai pas apprécié l’adultère d’un des personnages  mais au delà de l’intrigue, ce sont les mots, les réflexions, qui ont su me toucher et me parler.

« En général, j’arrive à trouver le silence, expliqua t-il en refermant la fenêtre. Il est tapi dans le bruit, tu sais, il faut juste faire le tri. »

Après avoir assisté à une exposition de photos de guerre :

« En convalescents fragiles qui craignent encore la douleur, ils décidèrent de rentrer à pieds, espérant que les cendres du monde tomberaient de leurs vestes avec les mouvements de la marche tels des sortilèges désamorcés. »

Un petit détail concernant l’intrigue qui me pose question : Pourquoi, oui pourquoi un tel périple jusqu’en Allemagne à la fin du roman ? Un coup de fil aux services compétents n’aurait-il pas été plus efficace ?

Bref, je suis contente d’avoir découvert la plume de Sophie Bassignac, roman vers lequel je ne me serais pas tournée spontanément en magasin.

L’avis de Clara, de Cathulu et de Stelou.

Merci à Blog-O-Book et aux éditions JC Lattès pour l’envoi.

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9 réponses à Dos à dos, de Sophie Bassignac

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  2. clara dit :

    Son écriture « accroche » !

  3. Véro dit :

    Malgré vos avis positifs à toi et Clara, il ne me tente pas …

  4. lasardine dit :

    je note ce titre dans un p’tit coin, il se peut que je sois tentée :):)

  5. On sent que ce livre est porteur de bonnes choses mais que l’auteure n’a su bien le faire ressortir. Un problème de forme plus que de fond ?

  6. Liyah dit :

    Ce livre me tente bien !

  7. MyaRosa dit :

    Pourquoi pas?!
    Ca me fait penser que l’un de ses livres traine dans ma PAL depuis très très longtemps. Il faut que je me motive…

  8. Melo dit :

    @ Clara : je suis d’accord.

    @ Véro : Inutile donc de se forcer 🙂

    @ Lasardine : Note et souligne ^^

    @ Anne : je ne sais pas. C’est tout de même un bon livre, je trouve.

    @ Liyah : Chouette !

    @ Mya : Ah oui ? Moi je n’avais encore jamais entendu parler de l’auteure 😉

  9. MyaRosa dit :

    Oui, le livre c’est : Les aquariums lumineux. 😉

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