La Métamorphose, Kafka

En résumé :

La Métamorphose révèle une vérité méconnue, les conventions disparaissent, les masques tombent. Le récit qui porte ce titre est un des plus pathétiques et des plus violents que Kafka ait écrits ; les effets en sont soulignés à l’encre rouge, les péripéties ébranlent les nerfs du lecteur. C’est l’histoire, «excessivement répugnante», dit l’auteur, d’un homme qui se réveille changé en cancrelat. Cette transformation est un châtiment imaginaire que Kafka s’inflige. Et son personnage est celui qui ne peut plus aimer, ni être aimé : le conflit qui se déroule dans une famille bourgeoise prend une ampleur mythique. Seuls quelques éléments comiques ou grotesques permettent de libérer de l’oppression du cauchemar.

Qui est Franz Kafka ?

Franz Kafka est un écrivain pragois de langue allemande et d’origine juive, né le 3 juillet 1883 à Prague et mort le 3 juin 1924 à Kierling. Il est considéré comme l’un des écrivains majeurs du XXe siècle.

Surtout connu pour ses romans Le Procès (Der Prozeß) et Le Château (Das Schloß) ainsi que pour la nouvelle La Métamorphose (Die Verwandlung), Franz Kafka laisse cependant une œuvre plus vaste, semblant caractérisée par une atmosphère cauchemardesque, sinistre, où la bureaucratie et la société impersonnelle ont de plus en plus de prise sur l’individu. Marsman décrit cette atmosphère comme une « objectivité extrêmement étrange ».


L’œuvre de Kafka est vue comme symbole de l’homme déraciné des temps modernes. D’aucuns pensent cependant que l’Œuvre de Kafka est uniquement une tentative, dans un combat apparent avec les « forces supérieures », de rendre l’initiative à l’individu, qui fait ses choix lui-même et en est responsable.

(Source : Wikipedia)

Au sujet de La Métamorphose :

La Métamorphose (Die Verwandlung) est une nouvelle allégorique écrite par Franz Kafka, publiée en 1915. Il s’agit d’une de ses œuvres les plus célèbres avec Le Procès. On suit l’histoire de Grégoire Samsa, un vendeur qui se réveille un matin transformé en un « monstrueux insecte ».

La Métamorphose est ouverte à une multitude d’interprétations ; le livre de Stanley Corngold (The Commentator’s Despair) en dénombre plus de cent trente. Les plus évidentes évoquent le traitement social d’individus différents. D’autres abordent la solitude et le désespoir qu’engendre une mise à l’écart.
(source : Wikipedia)

Et moi dans tout ça, j’en ai pensé quoi ?

Ca faisait longtemps que je voulais découvrir l’univers de Kafka. Voilà, c’est chose faite avec cette nouvelle très connue et largement analysée. Je n’ai pas la prétention d’en tirer une analyse poussée, mais j’ai tout d’abord été surprise par la limpidité du style. Moi qui pensais devoir consulter mon dictionnaire à chaque phrase et réfléchir longuement à chaque chapitre, je l’ai lu relativement vite tant ce livre est abordable. L’histoire : Grégor se réveille un matin transformé en cancrelat. Il habite avec sa famille de la petite bourgeoisie et se retrouve relégué dans sa chambre, tant son apparence répugnante effraie ses semblables. Il va donc être la proie de dégout, de la part de ses parents et de sa soeur, mais aussi de son supérieur hiérarchique.

Ce récit, narré avec une certaine distance, m’a touchée. J’y ai vu comme le souligne Wikipedia plus haut le traitement social d’individus différents et la solitude et le désespoir qu’engendre une mise à l’écart. C’est vraiment poignant d’assister à cette métamorphose et à cette détérioration de la communication et des liens familiaux.

On ressent le désespoir de Gregor teinté d’une certaine fatalité. Mais on assiste aussi à quelque comiques de situation et à un peu d’autodérision.

J’ai cru comprendre que la relation de Kafka avec son père a été source de souffrances, et on peut ressentir la même chose de son personnage. Je crois que le parallèle entre la vie de l’auteur et ses écrits a souvent été énoncée.

L’édition Folio Classique que j’ai lue comporte une petite préface de Claude David (qu’il est préférable de lire après la nouvelle) qui éclaire sur les conditions d’écriture de Kafka et qui livre une petite analyse. En revanche, les notes de bas de page, même si elles peuvent être utiles, ne le sont pas toutes et peuvent gêner la lecture. Cela dit, une fois accoutumée, cela m’a plutôt servi.

Voici d’ailleurs, un extrait de la préface que je trouve intéressante :

Ce n’est pas la société dont Kafka instruit ici le procès. La société a ses pesanteurs, mais elle n’est pas monstrueuse. Le monstre est Gregor Samsa. La métamorphose est un châtiment imaginaire que Kafka s’inflige. On trahirait son intention, si on lui cherchait des excuses ou si l’on imputait à d’autres les fautes dont il se sent coupable. On ne peut que se détourner de lui avec horreur. IL avait toujours été faible, mais la métamorphose a encore accru sa faiblesse. Toute communication avec lui est devenue impossible, il est égoïste et immonde, même s’il ne peut mesurer à quel point il est devenu un objet de dégout.

Bilan : cette lecture m’a touchée, vraiment.  Et je suis contente d’avoir enfin découvert cet auteur que je vais tenter de continuer d’explorer notamment avec Le Procès (qui m’attend dans ma PAL) et Le Chateau puisque ce dernier est Le livre que J-C Mourlevat a cité lors d’une interview sur son dernier roman (vous la retrouverez ici).

Lecture qui s’inscrit dans le challenge de fous

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10 réponses à La Métamorphose, Kafka

  1. DF dit :

    Transformé en cancrelat, tiens…! Je me souviens d’avoir eu, il y a un tas d’années de cela, une discussion intéressante avec une lectrice de Kafka: la simple traduction du nom de la bestiole (en allemand « Ungeziefer ») est un défi aux traducteurs.

    J’ai lu ce texte dans le cadre de mes vieux cours d’allemand, mais n’en garde pas un souvenir impérissable: obligation scolaire, difficulté du texte pour quelqu’un qui n’est pas de langue maternelle allemande (et d’un allemand qui n’est pas tout à fait actuel),…

  2. MyaRosa dit :

    Je suis contente qu’il t’ait plu. Kafka est un auteur que j’apprécie particulièrement et j’essaie de pousser mes amis à le découvrir. Tu vas te régaler avec Le Procès, c’est un livre fascinant.

  3. Melo dit :

    DF : ah oui la langue allemande est loin d’être simple. J’avoue avoir tout oublié malgré mes années d’allemand collège/lycée.

    Mya : J’ai donc hâte de le lire ! (sauf que je croule sous les livres…)

  4. Syl. dit :

    Bonsoir, J’ai commencé avec « La métamorphose » moi aussi, puis après j’ai lu « Le château » qui n’est pas aussi limpide que le premier ! C’est vraiment à lire… et tu comprendras l’expression « C’est kafkaïen… »

  5. dasola dit :

    Bonjour Melo, c’est bien que tu aies commencé par cette nouvelle, chef d’oeuvre de la littérature, elle est très accessible même si ouverte à plein d’interprétations. Et c’est une nouvelle terminée à la différence des autres romans comme le Procès, le Château ou l’Amérique. Bonne après-midi.

  6. Melo dit :

    @ Syl : Justement, je me disais que je ne saurais encore définir l’univers kafkaïen. Ah, je prends note que ce n’est pas aussi limpide, ça m’évitera une surprise. 🙂 Bonne fin de journée, Syl.

    @ Dasola : Merci de l’information, je ne le savais pas. 🙂 Bonne fin de journée.

  7. Véro dit :

    Moi aussi c’est un auteur qui m’intrigue et j’ai très envie de le découvrir alors pourquoi pas avec ce titre ?

  8. Nodrey dit :

    Je n’ai jamais osé lire cet auteur de peur de ne pas réussir à le comprendre! Mais depuis que j’ai lu le témoignage : le monde d’Alice, d’Alice Herz Sommer où elle parle souvent de cet écrivain, j’ai bien envie d’essayer!

    • Melo dit :

      @Nodrey, Franchement ça se lit comme on boirait du ptit lait, je t’assure. J’avais la même crainte que toi mais tu peux te lancer sans soucis dans celui-là.

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