Le journal intime d’un arbre – Didier Van Cauwelaert


Présentation de l’éditeur
:

On m’appelle Tristan, j’ai trois cents ans et j’ai connu toute la gamme des émotions humaines. Je suis tombé au lever du jour.

Une nouvelle vie commence pour moi – mais sous quelle forme ? Ma conscience et ma mémoire habiteront-elles chacune de mes bûches, ou la statuette qu’une jeune fille a sculptée dans mon bois ?

Ballotté entre les secrets de mon passé et les rebondissements du présent, lié malgré moi au devenir des deux amants dont je fus la passion commune, j’essaie de comprendre pourquoi je survis. Ai-je une utilité, une mission, un moyen d’agir sur le destin de ceux qui m’ont aimé ?

 

Le journal intime d’un arbre de Didier Van Cauwelaert
Editions Michel Lafon, octobre 2011
248 pages
Site de l’auteur

En voilà une idée qui me séduit : Le journal intime d’un arbre ! Trois cents ans d’existence immobile et donc spectateur d’un grand nombre d’évènements et de changements.
Il est au centre du jardin d’une belle propriété dont les propriétaires se succèdent. Des joies et des drames se sont déroulés sous ses yeux. Il a été admiré, ses fruits ont été cueillis, il fut le confident d’hommes et de femmes qui trouvaient en lui l’oreille idéale pour déverser rancoeur, tristesse ou bonheur. Puis au lever d’un jour, il tombe. Il est trop vieux, trop abîmé, et la tempête ne l’a pas épargné. Mais il demeure vivant, comme une âme prisonnière de la condition terrestre. Et il nous raconte sa vie.

Ce livre accroît la conscience du lecteur sur le temps qui passe. On a parfois l’impression que le temps est immuable, une sensation diffuse que la fin de notre vie est encore bien loin, que l’on a encore beaucoup de temps devant soi, et en lisant ces pages, on se dit que finalement la vie passe bien vite et que tout change. On ressent un sentiment urgent d’accomplir des choses essentielles et l’envie de laisser un trace de notre passage, aussi infime soit-elle. Oui, je vous l’accorde, c’est un peu démoralisant… Heureusement, ce roman ne s’arrête pas à ça et personnellement j’ai beaucoup aimé l’aspect scientifique/écologique qui se dégage de ces pages. On apprend par exemple que les arbres ont le pouvoir de stériliser les punaises nuisibles à leur fonctionnement ou que les éléments de la nature communiquent entre eux par un système chimique  /biologique. Bien sûr, ce n’est pas un cours de sciences (heureusement) mais j’ai trouvé passionnantes et amusantes ces petites anecdotes racontées avec toujours beaucoup de douceur.

Cela dit, l’histoire des personnages qui gravitent autour de Tristan (le poirier) est assez convenue et un peu trop gentillette. J’ai aimé certains personnages – d’autres moins – mais j’aurais souhaité qu’ils soient plus développés. Certains éléments sont également parfois traités trop rapidement à mon goût.

Malgré tout, j’ai adoré le fait de faire parler un arbre vieux de trois cents ans. Didier Van Cauwelaert est incontestablement un amoureux de la nature. En lisant ces 250 pages, on prend conscience de la force de la nature, de son importance, de sa beauté, que l’on a tendance à oublier parfois, enfermés dans nos préoccupations modernes et matérielles.
Déjà, dans La guerre des arbres commence le 13 (Thomas Drimm, tome 2) l’auteur nous mettait en garde en imaginant que la nature se rebiffait contre l’humanité. Encore ici, il en est question. Et s’il avait raison ?…

Si vous êtes un tant soit peu sensible à la nature, aux arbres, à leur écorce, leur force, je vous conseille ce livre malgré les petits bémols soulignés. Et moi, en refermant ce livre, j’ai comme un manque, comme une envie de retour aux sources…

Les avis de : Phooka, Cali, Argali, Calypso ……..

En savoir plus sur l’auteur :


D
idier van Cauwelaert est né à Nice en 1960. À huit ans, pour devenir indépendant et nourrir sa famille, il décide de publier des romans. Face aux refus des éditeurs (une demi-douzaine par mois) et aux menaces de ses parents, il est sur le point d’abandonner la littérature à dix ans et demi, lorsqu’il croise Greta Garbo dans un restaurant.
Du hasard de cette rencontre naît l’idée d’un entretien imaginaire. De larges extraits paraîtront dans le courrier des lecteurs de Télé 7 Jours. Cette première publication inespérée sauve ses ambitions d’écrivain. Il reprend donc son stylo, ses enveloppes et le fichier des éditeurs parisiens.
Après quelques années consacrées au théâtre (il joue Sartre, met en scène Beckett, Anouilh, lonesco) et une brève carrière de critique littéraire pour enfants à FR3 Côte-d’Azur, il finit par trouver un éditeur qui s’intéresse à lui, en 1981, après treize ans de traversée du désert. On comprend donc son agacement lorsqu’on lui attribue une réussite rapide.
(source)

+1 dans le challenge de la rentrée littéraire 2011 et dans le challenge Le nez dans les livres.

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21 réponses à Le journal intime d’un arbre – Didier Van Cauwelaert

  1. Philippe D dit :

    Je viens tout juste de lire l’avis d’Argali sur ce livre. Le sujet me semble intéressant mais je me méfie un peu de l’auteur. Je n’ai pas que des bons souvenirs avec lui!
    Bonne semaine.

    • Melo dit :

      J’ai bien aimé mais pas la totalité du roman. C’est par moments assez convenu et survolé. Cela dit, j’ai aimé le fond et j’ai passé un bon moment dans l’ensemble.
      Merci d’être passé et bonne semaine également 🙂

  2. Phooka dit :

    Je vois que ce roman t’a plu autant qu’à moi! :))

    • Melo dit :

      Je n’ai pas tout aimé, notamment la relation entre la fillette devenue adulte et l’écrivain. Mais globalement j’ai adoré écouter Tristan parler de son histoire, j’ai passé un bon moment 😉

  3. Neph dit :

    J’ai entendu l’auteur en promo à la radio, et il m’avait séduite ! Du coup, le jour où ce livre croisera ma route…

    • Melo dit :

      Tu es la deuxième à parler de cette émission (Phooka en a parlé dans son billet), j’aurais aimé l’écouter !
      Moi je l’ai vu à La Grande Librairie cette semaine, c’était intéressant.
      Veux-tu que le livre fasse une halte chez toi ? 🙂

  4. Liyah dit :

    Oh il me tente bien ce livre ! Tu m’as convaincu !

  5. Cacahuète dit :

    Le sujet semble original… mais pour avoir déjà lu 3 titres de cet auteur, je suis un peu en froid avec lui, car je n’ai accrochée avec aucun, du coup, je passe mon chemin !

    • Melo dit :

      Ah zut… Peut-être que ce livre-ci te conviendrait plus ?
      Je n’ai lu de lui que les deux premiers tomes de Thomas Drimm mais j’ai bien envie d’essayer un autre titre « adulte ».

  6. Noukette dit :

    Une bien belle idée en tous cas que de faire parler cet arbre…

  7. calypso dit :

    Tu as raison quans tu dis que l’histoire entre les autres peronnages est convenue ; j’ai bien aimé les « retrouvailles » entre la jeune femme et l’écrivain, mais j’aurais aimé que l’auteur ne précise pas qu’elle l’a aimé quand elle était gamine… en fait j’ai trouvé ça cucul !

  8. Thomas MyBOOX dit :

    Si le début de votre billet donnait très envie, vos bémols et les commentaires m’ont peu à peu refroidi… Tant de choses à lire, si peu de temps !

    Je passe mon chemin aussi !

  9. Stephie dit :

    Un livre tout frais même si tu as raison et que certains passages sont un peu faciles. Mais bien du plaisir pour moi dans l’ensemble.

  10. Ping : Challenge « Le nez dans les livres  « «Les Livres de George

  11. Ping : Challenge Le Nez dans les livres, 2 ans déjà ! |

  12. Un très beau roman ! J’ai vraiment apprécié le fait d’inclure dans ce roman en fin de livre des idées de lecture et les sources de l’auteur.
    Dernier article de avis de lecture : Le journal intime d’un arbre

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