Les morsures de l’ombre – Karine Giebel


Présentation de l’éditeur
:

Elle est belle, attirante, disponible. Il n’a pas hésité à la suivre pour prendre un dernier verre.

À présent il est seul, dans une cave, enfermé dans une cage. Isolé. Sa seule compagnie ? Sa séductrice et son bourreau. Et elle a décidé de faire durer son plaisir très longtemps. De le faire souffrir lentement.

Pourquoi lui ? Dans ce bras de fer rien n’est dû au hasard. Et la frontière entre tortionnaire et victime est bien mince…

Cet ouvrage a reçu le prix SNCF du polar français et le prix Intramuros.

Les morsures de l’ombre de Karine Giebel
Editions Fleuve Noir (2008)
Editions Pocket (2009)
299 pages

C’est lorsque Calypso a annoncé une lecture commune sur ce titre il y a plusieurs mois (et la désorganisée en moi la remercie pour ce long laps de temps) que j’ai décidé de m’y mettre, ayant eu d’excellents échos de nombreux blogo-lecteurs. Et puis je voulais commencer par un petit roman pour me rôder à l’univers de l’auteure avant d’attaquer le gigantissime Meurtres pour rédemption qui est l’objet de nombreux coups de coeur (et qui est dans ma bibliothèque depuis septembre 2010 déjà… n’est-ce pas Mya ?). Et enfin, je voulais essayer ce titre pour  -peut-être- effacer le sentiment mitigé (et de malaise) que m’avait laissé Terminus Elicius (<== ne cliquez pas !! L’un de mes premiers billets… désolée !!).

Et bien ce qui est sûr c’est que Karine Giebel a vraiment un univers à part dans le monde des romans noirs. Je crois qu’elle a un don pour créer des ambiances bien glauques qui font naître des sentiments de fascination et/ou de répulsion.
Passés les 5 premiers chapitres, j’ai stoppé ma lecture, me demandant si oui ou non j’allais poursuivre. Je ne trouvais pas d’intérêts à suivre l’histoire de la victime séquestrée et du bourreau sadique. Tortures, grossièretés, très peu pour moi… Trop glauque, trop sombre, trop brut, trop froid, trop angoissantsans reliefs…. Parce que le début se limite vraiment à des tortures et des dialogues assez crûs et assez brefs.

Et puis plus d’une semaine après, j’ai décidé de reprendre la lecture pour ne pas rester sur une mauvaise impression. Et je me suis laissée finalement attraper dans les filets de l’intrigue puisque je suis arrivée au bout. Mais ce qui m’a fait m’accrocher, c’est le fait que je voulais connaître le dénouement, le suspense devenant plus présent au fil des pages. Je ne pouvais plus laisser ce livre de côté, il me fallait savoir pourquoi ! Et la fin est à l’image du reste : glaçante.

Le style est fluide sans être extraordinaire mais encore une fois assez brut. Les phrases sont courtes, ce qui rend une certaine tension. Par contre, les dialogues m’ont semblé parfois peu crédibles entre bourreau et victime. Et puis je n’ai pas retrouvé le « thriller psychologique » dont parlent d’autres lecteurs…

Ce qui est certain, c’est que Karine Giebel a l’art de remuer la fange de la nature humaine, de faire ressortir de ses personnages le côté le plus noir, voire l’ambivalence, ainsi que la souffrance et la cruauté. Ils ont des dehors tout propres (flic intègre, femme au foyer, vie sociale, …) mais l’auteure nous révèle souvent des travers ou des secrets honteux.

Mon sentiment global est donc sensiblement le même que pour Terminus Elicius : une noirceur brute incontestable, et un personnage (une femme, encore) complètement dérangée. Mais pas assez de nuances. J’en ressors mitigée même si je me suis laissée porter par le suspense après la coupure.

Curieuse de voir ce que mes compagnons de lecture en ont pensé. Je suis sûre que nombre d’entre eux seront emballés. Pour le savoir, rendez-vous chez Calypso.

Beaucoup de blogo-lecteurs ont beaucoup plus aimé que moi, notamment  Mystix, Lili, Dup, Myarosa, …
Cajou est plus mitigée.

En revanche, je me réserve Jusqu’à ce que la mort nous unisse qui est apparemment beaucoup moins hard et qui ressemble plus à un roman classique. Et puis bien sûr Meurtres pour rédemption. j’ai tellement trépigné lorsqu’il était épuisé (aux éditions du Rail) en attendant la réédition et l’ai acheté dès qu’il a été de nouveau disponible qu’il faut quand même que je le lise !

En savoir plus sur l’auteure :
Karine Giébel est née en 1971 dans le Var, ou elle vit toujours. Depuis qu’elle sait tenir un stylo, elle écrit. Après une scolarité sans histoire ou il lui arrive de s’ennuyer, elle poursuit des études de droit tout en s’essayant à divers boulots, pas toujours gratifiants mais souvent formateurs. Parallèlement, elle se lance dans l’écriture d’un polar et parvient à y mettre un point final. Son premier roman, Terminus Elicius (Editions la Vie du rail, 2004) reçoit le Prix Marseillais du Polar en 2005. Suivront Meurtres pour rédemption (Editions la Vie du rail, 2006) qui a été sélectionné pour le Prix Polar Cognac, Les Morsures de l’ombre (Editions Fleuve Noir, 2007) tour à tour lauréat du prix Intramuros, du prix SNCF 2009 et du prix Entre les murs pour Chiens de sang (Editions Fleuve Noir, 2008). Son dernier roman, Jusqu’à ce que la mort nous unisse, a été publié en novembre 2009 chez Fleuve Noir. (source : Fleuve Noir)

En bonus, une petite vidéo où elle donne des conseils pour un concours de thrillers (je ne sais pas vous mais il faut que je rafraîchisse la page une fois pour voir la vidéo) :

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33 réponses à Les morsures de l’ombre – Karine Giebel

  1. Philippe D dit :

    Je ne connais pas l’auteur et son univers mais il m’arrive de vouloir arrêter une lecture et, finalement, d’être très content quand je suis arrivé au bout.
    Il en a été ainsi du livre que je viens de terminer « Zacharie ». Je ferai un billet sous peu. Vraiment sans intérêt au début, prenant, au fur et à mesure de l’histoire et une fin tout à fait inattendue.
    Bon dimanche.

    • Melo dit :

      Ici, au début, j’ai trouvé ça vraiment too much dans les grossièretés et les tortures, je n’y ai pas vu d’intérêts 🙁 Finalement je l’ai terminé mais j’avoue que je me suis tout de même un peu forcée, et puis quand même, ç’aurait été bête d’arrêter la lecture sans savoir le mot de la fin.

      Bonne semaine à toi !

  2. Laure dit :

    J’ai adoré !! c’est tout à fait mon genre de lecture.

  3. DeL dit :

    Je veux lire depuis plus d’1 an, « Meurtres pour rédemption » de cet auteur ! Et celui-ci est tout à fait mon genre de livre, je note également.

    • Melo dit :

      On pourra se faire une LC sur Meurtres… ? Tu veux ?

      Au fait DeL, tu ne veux pas te créer une page FB pour ton blog ? Oui je sais, je suis chiante ! :p

  4. calypso dit :

    C’est un thriller qui peut déplaire, par sa noirceur et par sa fin, glaçante comme tu le dis si bien. Bon, moi, j’adore quand c’est très sombre ! Merci pour cette LC !

    • Melo dit :

      Peut-être aussi que ce n’était pas le bon moment pour moi. Parce que j’aime aussi les thrillers bien noirs mais je trie.
      Là c’était pas si mal, mais je ne sais pas, trop crû, trop brut, pas assez « fin », peut-être ?

      Merci surtout à toi 🙂

  5. Ys dit :

    c’est une auteur dont j’ai eu beaucoup de bons échos à la bib de la part des lecteurs. Il faudra que j’essaie un jour que j’aurai envie de glaçant….

  6. Dup dit :

    Oui, moi je suis complètement fan de cette auteur. Chacun de ses livres est différent, il n’y en a pas un de comparable. Et tu as raison Mélo, le dernier est sans doute le moins noir. Mais elle sait creuser la personnalité de chacun de ses personnages et cela fait souvent froid dans le dos.

    Moi qui aie tout lu de Karine Giebel, Meurtres pour rédemption reste mon préféré. En revanche, gaffe, car c’est de loin le plus noir !

  7. herisson08 dit :

    je n’ai jamais lu cette auteure, et je ne suis pas sûre que ce soit fait pour moi…

  8. Joe dit :

    C’est un super thriller que j’ai dévoré. Ca fait longtemps que je n’ai plus eu un tel coup de coeur 🙂

  9. Catherine dit :

    C’est vrai que c’est très sombre, très noir, mais je l’avais beaucoup apprécié.
    Bonne semaine.

  10. MyaRosa dit :

    Oh ben zut alors ! Même si ça a été un gros coup de coeur pour moi, je peux comprendre qu’on puisse être plus mitigé car c’est tout de même très particulier et vraiment noir. Pfff j’ai honte pour Meurtres pour redemption. Il faut vraiment que je le lise…

    Petit HS : Je viens de rentrer chez moi et j’ai eu le plaisir de trouver dans ma BAL « Hier, tu comprendras ». Un grand grand merci à toi, je suis impatiente de découvrir ce roman et merci pour le petit mot avec le winnie trop mignon et le joli MP qui va rejoindre ma collection. Merci, merci, merciii ! Bonne soirée Mélo

  11. Stephie dit :

    Moi j’ai adoré 😉

  12. Cajou dit :

    Je suis contente de voir que ton avis se rapproche du mien au niveau du ressenti général, à savoir que ce roman n’est pas tout à fait abouti, qu’il y a quelque chose de trop ou de trop peu, je ne sais pas… Comme toi, j’ai très envie de lire « Meurtres pour rédemption » pour voir s’il me plaira davantage. Je l’ai acheté en GF et comme il sort dans quelques mois en Poche, il faut que je me dépêche pour ne pas regretter cet achat onéreux =D
    Biz ^^

    • Melo dit :

      ça me rassure aussi de ne pas être la seule à avoir un avis mitigé. Pimprenelle souligne dans son billet qu’on finit par tourner en rond dans cette cave, et je ne peux que la rejoindre.

      Et bien on pourrait peut-être se caser une LC avec Mya et DeL mais je ne suis pas sûre d’avoir le temps de le lire dans l’immédiat :/

  13. Nico dit :

    Pour ma part, j’ai trouvé ce roman un peu lourdingue, notamment en ce qui concerne le style, négligé, voire vulgaire. Je déplore également le manque d’originalité de l’intrigue, qui ressemble trop, je trouve à celle de Misery. Mais d’une façon générale, je dois dire que je ne suis pas très fan des thrillers français, qui sont toujours un peu excessifs. Ils essaient de singer les Américains, mais au global, ce n’est jamais très subtil ni convaincant. Bref, une déception pour moi.

    • Melo dit :

      En effet, ça ressemble assez à Misery que j’ai trouvé vraiment très gore dans son genre.
      Personnellement je crois que je ne suis pas fan des histoires de séquestration. Et plus globalement, il m’a manqué quelque chose dans ce Giebel, quoi exactement, je ne sais pas.

  14. angelebb dit :

    J’ai eu du mal à m’investir dans l’histoire!
    Benoît, le héros, est tout ce que je déteste chez un homme, c’est peu être à cause de ça… 😉

    • Melo dit :

      En effet, ce Benoît est une vraie plaie de Dom Juan. Aime pas non plus !
      Finalement, il y a quand même quelques avis plus tempérés 😉

  15. Natiora dit :

    Je comprends mieux ce qui t’a gênée… Autant je n’aime pas le gore, autant j’adore le glauque. J’aime avoir des sueurs froides. Et là plus ça avançait plus je me demandais ce que Lydia allait encore bien pouvoir faire à Benoit !
    Perso j’ai plongé dans le roman tête baissée, même si ce n’est pas le meilleur thriller qu’il m’ait été donné de lire, loin de là. Mais pour moi l’exercice est réussi 🙂

    • Melo dit :

      Tant mieux s’il t’a convaincue ! Moi les tortures de Lydia m’ont agacée à la longue.
      Je suis sûre que je me rattraperai sur Juste une ombre et Meurtres pour rédemption ! =D

  16. Philippe D dit :

    Je viens de terminer ce polar et, dans l’ensemble, je suis d’accord avec toi. Mais le suspense est là, s’affirme au fil des pages, jusqu’à ne plus pouvoir lâcher le roman.
    Pas un coup de coeur pour moi non plus mais un roman qui m’a tenu en haleine.
    J’avais été déçu par « Terminus Elicius ».
    J’ai préféré celui-ci.
    Bon weekend.

    • Melo dit :

      Ah oui moi aussi pas super emballée sur terminus Elicius. Et sur les morsures de l’ombre non plus finalement avec le recul. Le seul que j’ai hâte de découvrir c’est Meutre pour rédemption…
      Merci de ton passage Philippe, bon week-end !

  17. très bien écrit, fin noire à souhait, j’adore!

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