En un monde parfait – Laura Kasischke

Présentation de l’éditeur :
Jiselle, la trentaine et toujours célibataire, croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark Dorn, un superbe pilote, veuf et père de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement inespérée qu’elle accepte aussitôt, abandonnant sa vie d’hôtesse de l’air pour celle, plus paisible croit-elle, de femme au foyer. C’est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les États-Unis, leur donnant des allures de pays en guerre. L’existence de Jiselle prend alors un tour dramatique…

Ce qui est rare chez Laura Kasischke, c’est ce curieux mélange de maîtrise et d’émotion, d’étrangeté et de simplicité, d’atrocité et de poésie. Douée d’un talent de narration peu commun, Laura Kasischke est une écrivaine capable de déchaîner la terreur et d’en faire surgir la beauté. Olivia de Lamberterie, Elle.

En un monde parfait de Laura Kasischke (2009)
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Eric Chédaille
Editions Christian Bourgois, 2010
Le livre de Poche, 2011
345 pages

Première plongée dans l’univers de Laura Kasischke et c’est ce roman qui me tentait le plus parmi ses titres. D’emblée je me suis facilement immergée dans le quotidien de Jiselle grâce au style de l’auteure facile et enlevé mais néanmoins bon ! Le talent est là, cela se sent.
C’est avec un certain plaisir – teinté d’un soupçon de voyeurisme – que je me suis fait l’effet de quelqu’un regardant dans le trou de la serrure du foyer de Jiselle, cette trentenaire sans enfants qui va épouser un beau pilote de ligne. Au début j’ai manqué d’atomes crochus avec elle et son pilote de mari. Elle est trop gentille, trop belle, trop lisse et un peu trop « blonde ». Lui également, la perfection physique, la distinction du métier, une belle maison. Tout pour agacer. D’ailleurs ce sentiment donne la petite impression de se retrouver devant un téléfilm d’après midi de M6 mettant en scène ces familles riches – mais pas idéales – dans ces belles villas (cliché est éculé jusqu’à la corde) ; l’apparence est trop lisse, ça cache quelque chose, la musique d’ambiance fait sentir quelques dissonances et le ton devient plus oppressant. Si le roman s’était arrêté à ça, j’aurais sans doute été déçue mais l’histoire prend une toute autre tournure puisqu’une épidémie met le pays en branle. L’électricité a des absences, les magasins sont dépouillés, l’essence commence à manquer, les écoles ferment… Jiselle est contrainte de faire face, bloquée chez elle avec les enfants de son mari-tout-neuf. Et moi j’adore la tournure que prennent les événements. Le monde est en pleine mutation/extinction, Britney Spears meurt (!), la tension est palpable et le réalisme est effrayant.
Mention spéciale à la relation belle mère/enfants que je trouve bien exploitée et à Sara, l’ado un peu excessive.
La fin laisse l’imagination galoper (et la mienne galope encore) mais je n’aurais pas dit non à la poursuite de cette histoire aux multiples facettes. Je n’ai finalement pas boudé mon plaisir : je recommande et vous encourage à découvrir toute la dimension de ce roman sur lequel j’ai bien du mal à poser mes mots.

Clara et Ys ont été déçues, LilibaJoëlle et Ankya ont beaucoup aimé, coup de coeur de Kathel, Tulisquoi est un peu mitigée.



L’auteure
 
(Voilà pourquoi je crois que je vais continuer à découvrir ses autres romans) :
Principalement connue dans son pays pour son talent de poétesse, Laura Kasischke s’impose dans les années 1990 comme une grande dame de la littérature américaine. En tant que romancière, l’auteur décortique avec froideur et sans ménagement la ‘middle class’ – un milieu qu’elle connaît bien pour y avoir grandi – et ceci dès son premier roman ‘Suspicious River’, paru en 1996, traduit trois ans plus tard en France. Du monde de l’adolescence, avec ‘Rêves de garçons’, à la femme au foyer désespérée dans ‘A moi pour toujours’, l’auteur se plaît à dévoiler les travers, les drames enfouis et les secrets pesants d’une société lisse en apparence. Parfois comparée à son aînée Joyce Carol Oates, Laura Kasischke déploie un univers sombre maispoétique, porte un regard acerbe mais sans jugement moral sur la société. Saluée pour sa maîtrise stylistique remarquable, couronnée par de nombreux prix de poésie, Laura Kasischke enseigne l’art de l’écriture à l’université Ann Arbor du Michigan alors que ses oeuvres ne cessent de gagner un plus large public aux Etats-Unis et en Europe. (source : evene)

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20 réponses à En un monde parfait – Laura Kasischke

  1. clara dit :

    Une déception en effet mais j’ai aimé un autre de ses titres !

  2. lasardine dit :

    je n’en ai lu qu’un de l’auteur, « A moi pour toujours », et il m’avait laissée un peu en demie teinte et je n’en garde pas un grand souvenir (pour ne pas dire aucun souvenir en fait)… je vais attendre un peu pour lire un autre titre d’elle…

    • Melo dit :

      @lasardine, c’est vraiment « en un monde parfait » qui me tentait le plus. les titres plus anciens me tentent moyen mais j’ai acheté Les Revenants. Hâte de voir ce que ça donne.

  3. Sharon dit :

    Une auteur que je n’ai jamais lu mais dont j’entends toujours dire beaucoup de bien.

  4. Ys dit :

    Tant mieux si cette première tentative t’a plu, c’est le principal, même si pour ma part je trouve ce livre moins réussi que d’autres.

  5. Lystig dit :

    une auteur que je dois découvrir !

  6. MyaRosa dit :

    J’apprécie beaucoup les romans de cet auteur et je compte bien continuer ma découverte. Celui-ci a rejoint ma PAL à sa sortie en poche. Il me tente beaucoup.

    J’ai vu que tu avais dans ta PAL « Le Confident » et « Les Heures lointaines », deux gros coups de coeur pour moi. Je te les conseille fortement. Bonne journée.

    • Melo dit :

      @MyaRosa,
      Rah oui Le Confident, j’avais très envie de le lire et finalement il prend la poussière dans ma PàL, tsss 🙂
      Les Heures lointaines me tente un peu moins mais au vu de ton coup de coeur je révise mon jugement… 🙂

      • MyaRosa dit :

        @Melo, Oh, je crois qu’on connait tous ça. Il y a des livres qu’on veut absolument tout de suite et quand on les a, ils prennent la poussière un petit moment avant d’être lus. En tout cas, Le Confident se lit vraiment tout seul. C’est difficile de le reposer une fois commencé. Quant aux Heures lointaines, je n’ai pas vu le temps passer malgré le nombre de pages.

        Bonnes futures lectures Mélo. 🙂

  7. Valérie dit :

    Après avoir abandonné Les Revenants, j’ai modérément aimé celui-ci (mon billet est en attente, on aurait pu faire une LC!). Il m’en reste un dans ma PAL.

  8. éléa dit :

    Lu un seul livre et aussi un avis mitigé .. l’idée de départ est souvent très bonne, mais au final me semble mal exploitée .. enfin je suis pas écrivain non plus …

  9. Tix dit :

    Je n’arrive pas à comprendre pourquoi le nom de l’auteur me dit quelque chose alors qu’aucun de ses titres ne me parle particulièrement.
    Du coup, j’ai envie de tenter, et je note celui-ci.
    (Rien que pour Britney Spears)
    (Non, je déconne)

    J’aime ta manière d’écrire. 🙂

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