Traverser la nuit – Martine Pouchain

Présentation de l’éditeur :
Vilor est flic. Flic dans une toute petite ville où rien ne se passe. Et pourtant, le mal y pointe son nez comme partout : la preuve, il y a un meurtre.
Pour Vilor, c’est important bien sûr cette histoire de meurtre, mais ce qui l’est tout autant, c’est Blanche, la fille du mort. Parce que tous les hommes tombent raides dingues rien qu’en la regardant, et que Vilor est un homme comme les autres…

Traverser la nuit, de Martine Pouchain (mai 2012)
éditions Sarbacane
219 pages


Attention, ce roman est un délice !
Etrenjoie est un petit village de Picardie. Pas moins de cinquante habitants. Pas plus non plus. Vilor est flic et son commissariat n’a généralement à se mettre sous la dent que les affaires de bitures de bars, les problèmes de voisinage ou les chiens écrasés.

 « Etrenjoie. On pourrait penser qu’un nom pareil ça prédestine. Il faut croire que non. Pourtant en temps ordinaire, il ne s’y passe rien pour ainsi dire. Du moins rien du genre à faire la une du Courrier Picard. » page 24

Or un matin, un cadavre est retrouvé dans la fontaine. Qui n’est autre que le père de Blanche, la plus belle fille du village. Le commissariat est sur les dents. C’est l’occasion de creuser les personnalités et les réactions. Le coupable est forcément parmi eux.

L’intrigue policière n’est finalement que secondaire et ne sert que de prétexte pour plonger tout entier dans l’ambiance de la bourgade. Les villageois et le jargon local font toute la force du livre et c’est juste du bonheur ! D’ailleurs, je trouve que le patois picard ressemble beaucoup au patois breton que je connais bien pour avoir souvent entendu ma maman et mes grands-parents le parler (oui, j’ai du sang breton et j’en suis fière !)

« – Bon ! Sinon, quesse tu racontes, min t’chot ?
Fine donne du min t’chot ou ma t’chotte à tout ce qui a moins de quarante ans et demeure au village.
– Ben rien Fine. Vraiment rien de nouveau sous le soleil. 
– Teu n’os donc point queure treuvé ch’lassassin ?
– Ca prend du temps, tu sais, mais t’as rien à craindre, je veille sur toi.
– Oh je n’ai point peur ! Mi aussi je n’en o un, de coutieu, et je sais m’in servir ! » page 63

Du bonheur, je vous dis !

Pendant que l’enquête piétine, Blanche fait tourner toutes les têtes. Pas simple pour Vilor d’enquêter sur la mort du père de celle qui fait battre son coeur. Le temps passe languissamment, la moisson débarque, le bal du 15 août aussi. Le bar de Fine compte toujours du monde.
Le ou la coupable est finalement découvert dans les toutes dernières pages. Et moi je me suis fait bernée de bout en bout. Et la révélation m’a juste tordu les boyaux… Je crois que j’aurais préféré une autre fin. C’est le seul aspect qui m’ait contrariée.

Même si le point de départ est un meurtre, il se dégage beaucoup de tendresse et de simplicité de ce roman et ça fait du bien par où ça passe !

Un bonheur en pages ! A lire ! 

 

D’autres en parlent : BatifolireSunyStellablogueuseSophie LJ …

 

Martine Pouchain est auteur française de romans pour la jeunesse née à Amiens. Une partie de ses œuvres reflètent sa fascination pour les atmosphères mystérieuses, les cathédrales et l’époque médiévale. En 2009, son livre Chevalier B. était un des cinq livres proposés pour le Prix des lycéens allemands. (source : wiki)
Son site pour aller plus loin.

 

Cette lecture s’inscrit dans le challenge STAR 2012

 

 

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23 réponses à Traverser la nuit – Martine Pouchain

  1. FaFa dit :

    Rooo tentant !

    • Melo dit :

      @FaFa, je pense qu’il a de grandes chances de te plaire ! Ca te connais la province, hein ? Et puis la Moselle, la Picardie… pfeuh, c’est pareil :p

  2. Melisende dit :

    Je ne connaissais pas du tout, mais alors pas du tout !
    Et franchement, ton avis donne envie. Je note. 😀

    (J’aime bien les patois moi aussi, dans le Bourbonnais, chez mes parents, on a aussi de quoi faire !)

    • Melo dit :

      @Melisende, Le patois est un délice à écouter. 🙂
      Ca chantait dans mes oreilles pendant la lecture.

  3. Yspaddaden dit :

    Je connais un peu la Picardie et ne l’apprécie guère, mais ce roman a l’air tout à fait intéressant.

    • Melo dit :

      @Yspaddaden, Je connais peu la Picardie, à part Amiens. J’aime bien le beffroi et la cathédrale.
      Intéressant, il l’est 🙂

  4. Agathe dit :

    IL me tente bien celui-là! Bel article!

  5. Philippe D dit :

    Je ne connais ni le titre ni l’auteur mais c’est encore un livre à ajouter sur la liste, si j’ai bien compris…
    Bonne soirée.

    • Melo dit :

      Philippe, c’est le livre d’où est tirée la phrase « y’en a quand même qui ont le cul bordé de nouilles » qui ne te tentait pas. Tu vois, avec une gribouille un peu plus longue sur ce roman, il te tente 😉 et tu as raison !

  6. Suny dit :

    Tiens, moi je l’ai trouvé parfaite cette fin! Je m’y attendais pas non plus, mais je l’ai trouvée très bien et parfaitement logique.
    Une compatriote bretonne, c’est bien ça, je repasserai! ^^ (avec du chouchen cette fois?)

    • Melo dit :

      @Suny, C’est vrai qu’elle est parfaitement logique cette fin mais elle donne une dimension encore plus sombre au roman alors que je m’étais laissé porter par la tendresse ambiante.
      Une bolée de chouchen, ça ne se refuse pas ! 🙂

  7. Azilis dit :

    Il me tente bien ce livre ! Je n’en avais pas encore entendu parler, mais il rejoint ma longue liste du futurs achats !

  8. somaja dit :

    Un commissariat dans un village de 50 habitants ???? C’est un roman de science-fiction ? ou un appel du pied pour plus de service public au plus près des citoyens ? 😉
    A part ça, c’est très tentant. Le patois écrit n’est pas toujours facile à suivre (à part le berrichon pour moi)mais tu as raison, il faut le faire chanter dans la tête et ça prend une toute autre tournure pleine de charme.

    • Melo dit :

      @somaja, Ha mais non ce sont les gendarmes, pas les flicos municipaux !
      Bon, tu me poses une colle, faut que je vérifie s’il se trouve bien à Etrenjoie, le commissariat.

  9. Valérie dit :

    Moi qui vient d’un tout petit village de Picardie (avant de devenir normande de coeur), ce roman pourrait bien m’intéresser.

  10. Phooka dit :

    Je viens de le finir, quasi d’une traite et j’ai adoré!

    • Melo dit :

      @Phooka, Ha c’est chouette ! Contente que tu aies aimé !

      • phooka dit :

        @Melo, Je t’avoue que j’avais un peu peur parce que c’est Exprim’ c’est parfois…bizarre. Mais là, je l’ai commencé hier matin ..et fini hier soir tard! J’ai adoré l’atmosphère

        • Melo dit :

          @phooka, je comprends ^^ C’est mon préféré de chez Exprim’ pour le moment. Il est plus soft et vraiment très bien !

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