L’âge des miracle, de Karen Thompson Walker


Présentation de l’éditeur
:

Et si nos journées commençaient à s’allonger, d’abord de quelques minutes, puis de plusieurs heures, jusqu’à ce que le jour devienne la nuit et la nuit le jour ?
Une journée d’octobre apparemment comme les autres, l’humanité découvre avec stupeur que la rotation de la Terre a ralenti. Les jours atteignent progressivement 26, 28, 30 heures, etc. Tandis que certains voient dans ce changement inexpliqué un signe que la fin est proche et cèdent à la panique, d’autres, au contraire, s’accrochent coûte que coûte à leur routine, comme pour nier l’évidence. Bientôt, la gravité est modifiée et certaines personnes sont touchées par un syndrome provoquant des malaises à répétition, les oiseaux sont désorientés et s’écrasent, les marées se dérèglent et les baleines s’échouent… En Californie, Julia est le témoin de ce bouleversement, et de ses conséquences sur la communauté, sa famille, et elle-même. Adolescente à fleur de peau, elle entre dans l’âge où son corps, son rapport aux autres et sa vision du monde changent : l’âge des miracles.
Entre roman d’anticipation et d’apprentissage, L’Age des miracles est un livre visionnaire sur la capacité d’adaptation de l’Homme, poussée ici à son paroxysme.

L’âge des miracles de Karen Thompson Walker
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Alice Delarbre
Editions Presses de la Cité, 2012
anticipation – apocalypse – adolescence

Imaginez… que le mouvement de rotation de la Terre ralentisse… qu’un soir, vous vous rendiez compte que le coucher du soleil a quelques heures de retard. Imaginez que les oiseaux, se trouvant désorientés, se fracassent contre vos vitres et que les baleines se laissent échouer en nombre sur les belles plages de sable fin. Imaginez enfin le désordre économique et social dans lequel cela plongerait le monde.

C’est ce qui arrive dans ce roman qui a pour narratrice Julia, une toute jeunette adolescente de 12 ans. Elle vivait avec ses parents dans une banlieue confortable de Californie lorsque la Terre a commencé à tourner bizarre.

Ce qui est le plus mis en relief finalement c’est le mode de vie et les réactions des gens face au bouleversement et j’ai été frappée par la façon dont la plupart s’accrochaient à leur quotidien. Mais quand on y réfléchit, qu’aurions-nous fait à leur place ? Il faut bien continuer à vivre et à remplir le frigo. Surtout que le désagrément subi n’est pas si spectaculaire. Les nuits et les jours s’étirent doucement et durent de plus en plus longtemps mais la vie continue et j’oserais même dire que la Terre tourne encore. Les soleils de midi en pleine nuit sont fréquents et réguliers, c’est angoissant mais pas le choix : il faut s’adapter et continuer. La population prend tout de même ses précautions : il faut palier à un possible manque de nourriture. Les placards se remplissent de boîtes de conserve et de nourriture sous vide. Le gouvernement, lui, se voit contraint de prendre des mesures et soulève un débat sur le fait de rester sur le mode des 24h ou sur celui de se laisser guider par la nature…  Chacun choisit son camp et l’intolérance des uns et des autres s’installe : ils ne se mélangent pas et se fuient…

Julia entre dans l’âge douloureux de l’adolescence. Amitiés déçues, doutes, questionnements, quête d’identité et histoire d’amour font aussi partie de ses préoccupations. Julia est une ado que je qualifierais de « normale ». Elle n’est pas une killeuse de vampires, elle n’a pas de super-pouvoirs, elle n’est pas non plus prise dans un triangle amoureux, elle est juste simple, équilibrée, et un peu seule dans ce monde tout de travers.
En ce sens, c’est vraiment un roman pour « jeunes adultes » voire adolescents tout court. Les adultes pourraient se lasser du quotidien de la jeune fille – même si on est en pleine apocalypse – et je suis un peu mitigée du choix de l’éditeur qui l’a publié en rayon jeunesse et en rayon adulte avec deux couvertures différentes. Certes, tout le monde peut le lire mais les ados y trouveront quand même plus leur compte.
(d’ailleurs j’avais pris une photo des deux couvertures au moment de mon craquage à la librairie étonnée que j’étais de le voir dans les deux rayons. A gauche, la couv’ du rayon adulte, avec le monde de traviole et donc à droite celle du rayon jeunesse avec cette ado en premier plan)

Finalement, j’ai lu ce livre avec plaisir bien qu’il soit narré un peu trop doucement à mon goût. C’est étonnant de ressentir une certaine langueur face à ce genre de récit. Avides de romans apocalyptiques pleins d’actions, vous êtes prévenus. Mais j’y suis restée accrochée, presque fascinée. Parce que au vu des bouleversements climatiques que nous traversons, je n’ai pu qu’être alertée/touchée par la situation décrite.
Au fil des pages, j’ai trouvé que ce livre était vraiment beau. Parce que même si c’est dramatique, l’auteure a réussi à faire ressortir toute l’humanité – et aussi le reste – que l’on peut trouver lors d’un tel désordre planétaire (gros coup de coeur d’ailleurs pour le grand-père de Julia). En revanche, je pense qu’il plaira d’abord aux ados – parce que c’est avec les yeux de Julia que nous est décrit le reste -, ensuite aux adultes, même si du haut de ma viellitude, je l’ai apprécié…

• Il paraît que les droits cinématographiques ont d’ores et déjà été achetés.
• D’autres avis : Cajou,

• Interview de l’auteure :

Karen Thompson Walker est diplômée de UCLA et de l’université Columbia, où elle a suivi un cursus sur l’écriture littéraire.
Elle a bénéficié en 2011 de la bourse prestigieuse du Sirenland Fellowship et obtenu te prix de la fiction décerné par le magazine artistique new-yorkais Bomb.
Ancienne éditrice chez Simon & Schuster, elle a écrit L’Age des miracles, son premier roman, le matin avant de partir travailler.
Originaire de San Diego, elle vit actuellement à Brooklyn avec son mari.

Retrouvez l’index par auteurs du challenge Jeunesse & Young adult.

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22 réponses à L’âge des miracle, de Karen Thompson Walker

  1. Lelf dit :

    J’avais repéré ce titre sur les listes Babélio, il me tentait bien. Le côté lent est pour moi évident d’après la 4è et ça fait parti de l’attrait du livre pour moi. Maintenant faut voir le côté très ado, quand c’est bien fait j’adore, mais ça peut parfois lasser. En tout cas ton avis ne me découragerait pas de faire la découverte 🙂

    • Melo dit :

      Merci de ton passage, Lelf. Je ne dirais pas qu’il est « très » ado mais quand même plus axé YA que « adulte » dans le sens où le seul point de vue est celui de Julia, avec les préoccupations de son âge qui vont avec. Ceci dit, ça reste un beau livre qui soulève une situation qui pourrait bien devenir réelle puisque l’auteure est partie d’un fait avéré : le ralentissement de la rotation terrestre.

  2. de.w dit :

    Un roman qui me fait vraiment envie! La fin des temps et l’Apocalypse sont drôlement à la mode cette année! Après les vampires et les loups-garous… Mais bon! C’est pas pour nous déplaire! 🙂

    Moi ce qui me tracasse c’est: Est-ce que ça marche vraiment cette stratégie marketing de sortir le même roman avec deux couv’ différentes et le foutre dans deux rayonnages différents? Ca devient drôlement à la mode! Au moins, maintenant, on a le choix de la couverture! Les maisons d’éditions sont en train d’inventer la couverture sur mesure! Perso, je préfère la couv’ avec la Terre de traviole!

    • Melo dit :

      @de.w, oui, sujet brûlant ces temps-ci ^^ En même temps vu que la fin du monde est proche… :-))

      Je pense que ça marche pour les éditeurs parce que ça doit coûter cher de faire 2 couvertures pour un même livre. En même temps j’en sais trop rien pour celui-là vu que la première de couv’ ado est sur la quatrième de couv adulte.
      Bref, en tout cas je m’interroge moi aussi parce que clairement pour moi ce livre-là n’a pas vraiment sa place chez les adultes même si oui je sais : les livres se lisent à tout âge. Cela dit, je me sens trompée sur le fond.
      Moi aussi je préfère la Terre de traviole, c’est justement celui que j’ai acheté ! (après avoir reposé la couv avec l’ado et être passée dans le rayon adulte !)

  3. Laetitia dit :

    J’ai bien envie de le lire celui ci !

  4. Sita dit :

    Je l’avais repéré celui-là, du coup je guette un peu ce qui s’en dit. Le côté trop ados que tu pointes m’inquiète un peu, en ce moment je fais une grosse overdose et j’ai besoin de profondeur… Il aurait de quoi franchement me décevoir, du coup, tu penses ? (oui, je cherche à évaluer à quel point c’est young adult, j’avoue :p)

    Sinon en plus adulte, tu peux te tourner vers Spin de R.C. Wilson. Pas la même apocalypse, mais même rythme lent, description de la réaction du petit peuple, tout ça. J’ai adoré !

    • Melo dit :

      @Sita, je pense que si tu fais une overdose YA, tu devrais attendre un peu…

      Tu sais quoi ? J’avais vu ton commentaire sur Spin chez Cajou, et il vient de rejoindre ma PàL ! 🙂

      • Sita dit :

        Hourra pour Spin \o/
        J’espère que ça te plaira aussi 😉 N’hésite pas à m’envoyer un MP quand tu le liras !

        Et merci pour le conseil, je note qu’il faudra que je trouve le bon moment pour l’apprécier, celui-là 🙂
        Dernier article de Sita : 2087 de David Bry

  5. Lelf dit :

    Ouiiiiiii, Spiiiiiiiin ! Wilson is good.

  6. Cajou dit :

    Je l’aime bien, moi, ton, billet ! Je m’y retrouve tout à fait et c’est avec plaisir que j’ai découvert certains aspects que je n’avais pas évoqués dans mon billet mais que je partage tout à fait ! Et en effet, il est davantage YA et, à ce propos, je trouve dommage qu’il ne soit pas mis en avant sur la Toile car je le trouve un cran au-dessus de pas mal de publications YA qui sentent fort le « money money ». J’ai trouvé celui-ci assez singulier parmi les autres YA 🙂
    Au plaisir de te lire ^^

  7. Cajou dit :

    Sita, c’est pas « Young Adult » comme toutes les dystopies à la mode ou autres « Hush Hush » etc. C’est Young Adult surtout pcq les événements sont vécus par une toute jeune fille. Mais comme elle raconte les événements a posteriori, elle a tout de même une certaine maturité.
    Ce roman n’est pas profond, mais il suscite une réflexion absente de bcp d’autres YA. Je doute qu’une adulte ait un coup de coeur pour ce livre (et pourtant je me trompe puisque j’ai vu qu’il y en avait… mais comme c’était la vague d’ENC aux USA… je me méfie un peu) mais en tout cas, je ne pense pas qu’on puisse être totalement déçu par ce livre non plus 🙂

    Et sinon, mon « Spin » devrait arriver après demain =D Puis « Axis » (si je me rappelle bien) suivra si j’aime celui-là (bah oui, tu vois je me suis documentée !)

    • Sita dit :

      @Cajou Ah, ne te méprends pas, je ne mets pas n’importe quoi dans le même sac 😉 Je me doute que ce n’est pas comme n’importe quelle romance paranormale comme « Hush Hush », ma question visait à savoir à quel point c’était ado et si justement ça ne manquait pas un peu de maturité. Le ton d’Au Commencement, le premier tome des Chroniques de la Fin du Monde, par exemple, est décidément très lycéen, et ça m’avait un peu dérangée, par exemple.
      En tout cas, merci, du coup, tu réponds à ma question !

      C’est un peu dommage que la signification de « Young Adult » se perde un peu sur les blogs francophones ces derniers temps. Sur une photo de librairie, quelqu’un disait que « Hunger Games » n’avait rien à faire côté « Young Adult » parce qu’il n’y avait pas de vampires / loup-garous, ça m’a un peu désolée… C’est dommage qu’un terme qui se veut regrouper l’ensemble de la littérature dirigée ados en un simple sous-genre.

      Contente que tu aies craqué si vite pour Spin 😉

      • Melo dit :

        @Sita, Si Hunger Games n’est pas du YA je ne m’appelle plus Mélo…

        Pour l’âge des miracles, disons que les préoccupations de « l’héroïne » sont de son âge. C’est pour ça que je suis mitigée de la publication en rayon adulte.

    • Melo dit :

      @Cajou, Spin vient de rejoindre ma PàL ^^

  8. ah que j’ai aimé ce livre !!!!! Effectivement, le côté ado est très dominant (rapport à la narratrice) mais il ne me semble pas orienté dans cette catégorie de publique. Je pense qu’il convient aussi parfaitement à un grand nombre d’adultes.
    Tout comme toi, j’ai été un peu scotchée par la prédominance de la routine (j’ai trouvé ça dingue de commander des serres, de vendre sa maison…comme si l’économie n’avait pas été affectée).
    Par contre tu as très bien fait d’évoquer l’intolérance, car c’est un des points que j’ai oublié de mentionner et qui a son importance.
    Si je n’avais pas lu le livre, ton avis m’aurait décidé sans aucun doute 🙂

    • Melo dit :

      Merci pour ton gentil commentaire 🙂
      Concernant la publication adulte, je reste sur mes réserves même s’il peut se lire à tout âge ^^

  9. Nodrey dit :

    Mélo, ma bibliothèque toute neuve est en train de craquer et j’en connais un qui va me maudire à force! Pourquoi quand je passe sur ton blog, ou quand on se parle, ma wish liste augmente à vu d’oeil??? C’est vraiment déloyal ce que tu fais.

  10. Dandelion dit :

    On peut effectivement être lassé par le coté « Young Adult » du livre mais L’Age des miracles est un roman d’apprentissage, il y devient évident d’y trouver une des leurs comme narratrice. Je trouve le postulat de départ tellement bon: le terre qui se met à ralentir ! C’est un de mes derniers coups de cœur qui m’a également fait écrire un post dessus.
    Bonnes lectures.
    Dernier article de Dandelion : Je reviendrai avec la pluie de Takuji Ichikawa

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