Le sermon sur la chute de Rome – Jérôme Ferrari

Présentation de l’éditeur :
Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en “meilleur des mondes possibles”. Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre.
Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d’échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.

Le sermon sur la chute de Rome, de Jérôme Ferrari
Prix Goncourt 2012
Actes Sud, août 2012
202 pages

Il est plus que temps que j’écrive une petite bafouille sur ce livre lu au mois d’août puisqu’il vient d’obtenir le prix Goncourt. Je n’avais jamais lu d’ouvrages de Jérôme Ferrari et j’y allais un peu à reculons à cause du titre. Un peu austère, non ? et assez brumeux. Ceci dit la quatrième de couv’ me plaisait beaucoup mis à part l’allusion à Saint Augustin. Saint Augustin, pour moi, était une référence un peu floue dont j’avais sans doute déjà vaguement entendu parler mais rien de plus. C’est dont avec appréhension que je me suis lancée dans cette lecture. Et dès les premiers mots j’ai découvert une vraie plume d’une grande force qui m’a tout de suite accrochée, une sublime écriture travaillée et fluide en même temps, un vrai régal. J’ai beaucoup aimé le fil générationnel de l’histoire ; Marcel, le grand-père m’a beaucoup touchée et c’est finalement son histoire qui m’a le plus plu alors qu’elle reste en toile de fond. J’ai eu moins de passion pour l’histoire de ces deux jeunes hommes qui se lancent dans la gérance d’un petit bar Corse et je me rends compte que plus que l’histoire de base, ce sont tous les à-côté que j’ai aimés, les petits détails de la vie des uns et des autres et surtout, surtout, cette écriture qui porte, à mon sens, vraiment le récit.
Le fond du propos est plutôt déprimant puisque Jérôme Ferrari s’appuie sur ce message de Saint Augustin au moment de la chute de l’empire romain en l’an 410 : « un monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt » et on sait d’avance que la chute sera rude. Les quelques passages sur le sermon m’ont plutôt ennuyée mais finalement je conseille ce roman rien que pour cette plume de conteur magnifique, intimiste et touchante et puis pourquoi pas pour faire la connaissance de Saint Augustin, comme moi.

Né à Paris en 1968, Jérôme Ferrari a enseigné en Algérie puis en Corse et occupe un poste à Abou Dhabi (Émirats arabes unis) depuis septembre 2012.
Chez Actes Sud, il est l’auteur de cinq romans : Dans le secret (2007 ; Babel n° 1022), Balco Atlantico (2008), Un dieu un animal (2009, prix Landerneau ; Babel n° 1113), Où j’ai laissé mon âme (2010, prix roman France Télévisions, prix Initiales, prix Larbaud, grand prix Poncetton de la SGDL) et Le sermon sur la chute de Rome (Prix Goncourt 2012).
(source : actes-sud.fr)

Lu dans le cadre du jury Entrée Livre de la rentrée littéraire 2012

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17 réponses à Le sermon sur la chute de Rome – Jérôme Ferrari

  1. Dautresplumes dit :

    Han bah ma foi c’est pas du tout mon genre de lecture mais ta bafouille fait réfléchir en tout cas !
    Parce qu’en effet, le titre n’est peut-être pas très enthousiasmant au premier abord ^^
    Dernier article de Dautresplumes : Les Editions calepin

  2. Valérie dit :

    Comme toi, j’ai préféré l’histoire de Marcel mais cela ne m’a pas suffi pour aimer ce roman, dont l’écriture est belle pourtant.

  3. Noukette dit :

    J’hésite encore à le lire mais je dois dire que je suis de plus en plus tentée…

  4. Plume dit :

    Rassurant qu’il y ait des lecteurs qui aiment ! (je suis passée sur le billet récap de Hérisson pour le 1% challenge de la rentrée et il y a des avis plutôt bons dans l’ensemble).

    Reste qu’il ne me tente pas tellement… J’ai le sentiment que 2012 n’est pas un bon cru ! Pour les quelques uns de cette rentrée que j’ai lu, rien de fameux !
    Dernier article de Plume : Anita Blake T5 : Le Squelette Sanglant

    • Melo dit :

      Et puis cette rentrée est surtout placée sous le signe de la morosité, je trouve, en ce qui concerne les thèmes. Ca n’aide pas à relativiser la reprise du travail et la venue du froid ! (heureusement celui-ci je l’ai lu en Août ^.^)

  5. metyuro dit :

    Bon… Maintenant je suis convaincue ! Je vais me procuré ce livre!
    Dernier article de metyuro : Une Place à Prendre JK Rowling

  6. Agathe dit :

    Effectivement, la plume de l’auteur est magnifique, et marcel m’a également beaucoup touchée.
    Une très belle découverte!

  7. Patrick dit :

    La présentation de l’éditeur ne m’a pas maintenue en haleine, dommage, je cherchai un livre sur un fond de Corse…
    Dernier article de Patrick : brandizipromotion.com : des solutions immobilières en Haute Corse, pour les vacances ou pour vivre à l’année.

  8. Nodrey dit :

    Ce n’est pas un livre qui rentre dans mes habitudes et la quatrième de couverture ne me donne pas envie… par contre ton avis oui! Je vais peut être attendre s’il sort en poche un jour!
    Dernier article de Nodrey : Le temps n’efface rien, Stephen Orr

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