L’homme qui ne voulait plus se lever – David Lodge

Présentation de l’éditeur :
Du rire aux larmes, c’est tout un éventail de son art de conteur que David Lodge nous offre.
L’auteur, dans une introduction passionnante, situe ces nouvelles, écrites entre 1966 et 1992, en relation à la fois avec sa vie et avec ses romans.
Trois histoires d’hiver et trois histoires d’été, typiquement  » lodgiennes « .

L’homme qui ne voulait plus se lever, de David Lodge
Traduit de l’anglais par Suzanne V. Mayoux
Payot & Rivages, 1997
122 pages

Six petites nouvelles, trois se passant en été, trois autres en hiver. Elles ont été écrites il y a un bail (entre 1966 et 1992) mais on y retrouve totalement l’univers lodgien plein de dérision et de questionnements sur la vie au travers de personnages banals.

Sous un climat maussade pose la question de la sexualité avant mariage en Angleterre dans les années 50 au travers de deux jeunes couples étudiants passant leurs vacances à Ibiza (qui a bien changée en 2012 !). C’est très amusant et le contraste avec la société d’aujourd’hui très libérée sexuellement est assez frappante !
Mon premier job parle du capitalisme et je crois que c’est celle qui m’a plus plus plu. Sont abordées les différences de milieu social entre de jeunes garçons et au travers d’un simple exemple bien réel, Lodge fait ouvrir les yeux de son jeune héros promis à un bel avenir prospère. Superbe petite nouvelle et le décor et le contexte d’une gare des années 50 sont particulièrement bien rendus.
L’hôtel des Paires et de l’Impair (magnifique jeu de mot qu’on comprend en lisant) croque un couple anglais passant ses vacances dans le sud de la France dans les années 80. A l’époque déjà, certaines femmes françaises du sud se faisaient bronzer seins à l’air, et le spectacle pour un citoyen anglais était assez inhabituel. Le mari est écrivain et passe son temps à reluquer les bustes de ces demoiselles. Très drôle et un chouilla érotique !
L’homme qui ne voulait plus se lever a été écrite en 65 et est un peu autobiographique. Qui n’a pas rêver lors d’une période de déprime de rester au lit toute la sainte journée ? L’homme dont il est question décide d’y rester à vie, la réalité se faisant trop dure. La chute est rude, elle m’a un peu clouée.
L’avare puise encore dans la vie de David Lodge mais cette fois dans l’enfance et a été rédigée pour la radio (diffusée sur la BBC en 70)  Elle trouve son intrigue juste après la guerre, en tant de rationnement. Amusant et certains y trouveront écho dans leur propre enfance.
Pastorale (toujours une commande de la BBC et toujours un peu autobiographique) m’a laissée plutôt indifférente si ce n’est que j’aime toujours autant le style de David Lodge. Des adolescents sont chargés de monter une pièce sur la Nativité et un jeune garçon cherche le moyen détourné de vivre une petite histoire de chair avec une jeune fille qui n’est pas de son milieu et qu’il ne peut donc sciemment pas demander pour petite amie.

J’ai passé un très bon moment avec ces nouvelles même si certaines m’ont plus plu que d’autres J’avais découvert David Lodge avec La vie en sourdine que j’avais trouvé long mais que j’avais bien aimé. Ces petites nouvelles trouvant leurs intrigues en des temps révolus et mettant en avant la société et ses moeurs m’ont donné envie de replonger dans quelques romans lodgiens… Surtout que le regard que pose l’auteur sur ses concitoyens est toujours tendre et intelligent.
Cette édition comporte une introduction de Lodge himself qui donne le contexte de chaque nouvelle. Sympa !

 

David Lodge (né le 28 janvier 1935 à Londres) est un écrivain britannique. Il est issu d’une famille catholique modeste, d’une mère secrétaire et d’un père professeur de danse. Bien que très jeune durant la Seconde Guerre mondiale, il fut particulièrement marqué par ses conséquences lors d’un voyage à Heidelberg en 1951, afin de voir sa tante qui travaillait au quartier général de l’armée américaine, en constatant les différences entre l’Angleterre en reconstruction et l’Allemagne en plein essor économique.
Après avoir envisagé de devenir journaliste, il poursuit des études à Londres puis à Birmingham où il a ensuite enseigné la littérature anglaise jusqu’en 1987 avant de se consacrer à l’écriture. À l’age de 18 ans, il rédige son premier roman Le Diable, le Monde et la Chair.
Plusieurs de ses romans dépeignent avec dérision les milieux universitaires et littéraires, la société anglaise contemporaine, ainsi que la sexualité dans le milieu catholique dont il est lui-même issu. Il est depuis 1998 commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique et, en France, chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres depuis 1997.
Membre de la Société royale de littérature, David Lodge dépasse largement son statut d’amuseur public par sa maîtrise de la langue, son regard très pertinent sur la société et son immense culture littéraire.
(source : Babelio – Photo : Jonathan Player pour The New York Times)

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12 réponses à L’homme qui ne voulait plus se lever – David Lodge

  1. Mirontaine dit :

    Tu me donnes vraiment l’envie de relire du Lodge!
    Dernier article de Mirontaine : Mes petites fées.

  2. Neph dit :

    Que j’aime David Lodge ! Je ne connais que ses romans, mais des nouvelles, voilà qui me plairait !

  3. Valérie dit :

    Curieusement, je ne connais de Lodge que ses biographies romancées d’écrivains.

  4. éléa dit :

    Je souhaite découvrir cet auteur depuis longtemps, je le remets donc dans la liste 😉

  5. liliba dit :

    Voilà qui me tente, j’ai aussi bien aimé lire cet auteur dans ses précédents romans, et je suis férue de nouvelles, je note !
    Dernier article de liliba : Lille 3000 – Animations de la gare Saint Sauveur

  6. Nodrey dit :

    Un auteur que je n’ai jamais lu mais que j’ai bien envie de découvrir à travers ces petites nouvelles!
    Dernier article de Nodrey : Concours: Rose et la maison du magicien

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