1Q84, livre 3 : Octobre – Décembre, de Haruki Murakami

Présentation de l’éditeur :
Ils ne le savaient pas alors, mais c’était là l’unique lieu parfait en ce monde. Un lieu totalement isolé et le seul pourtant à n’être pas aux couleurs de la solitude. Le Livre 3 fait entendre une nouvelle voix, celle d’Ushikawa. Et pose d’autres questions : quel est ce père qui sans cesse revient frapper à notre porte ? La réalité est-elle jamais véritable ? Et le temps, cette illusion, à jamais perdu ? Sous les deux lunes de 1Q84, Aomamé et Tengo ne sont plus seuls.

 

1Q84, livre 3 : Octobre – Décembre, de Haruki Murakami
Traduit du japonais par Hélène Morita
Belfond, 2011
Existe en poche et en numérique !

Enfin j’ai retrouvé Tengo et Aomamé. J’avais adoré le livre 1 et le livre 2 m’avait enchantée tout autant (je n’ai, hélas, pas pris le temps d’écrire sur ce dernier) et j’avais hâte de boucler la boucle. Heureusement, le challenge d’Adalana m’a motivée à le sortir de ma Pile. Je vais pouvoir découvrir d’autres titres de l’auteur, ce que je m’interdisais de faire tant que je n’avais pas fini 1Q84. Il y a d’ailleurs Underground qui est sorti ce mois-ci et qui me tente beaucoup. Son thème se rapproche d’ailleurs un peu de l’intrigue de 1Q84 puisque Murakami revient sur l’attentat perpétré par la secte Aum en 1995 dans le métro de Tokyo.

Bon, je ne vous cache pas que ce dernier opus m’a un peu moins emballée que les deux précédents. Déjà j’ai laissé passer plus de six mois (si ce n’est plus !) entre la lecture du livre 2 et celle du livre 3 et je vous conseille de ne pas faire comme moi : la magie du 2 était trop loin, certaines choses ont dû m’échapper. Ensuite, je ne sais si cela vient de moi mais ce dernier tome m’a semblé plus long, Murakami use de répétitions tout au long du récit ce qui ne fait pas vraiment avancer le schmilblick et finit par lasser. En plus, horreur suprême, l’auteur a le chic pour laisser le lecteur en haleine à la fin des chapitres. Et comme pendant les deux chapitres qui suivent nous avons affaire à deux autres personnages, on se retrouve la langue pendante à tourner les pages frénétiquement pour retrouver ce qui nous faisait vibrer 30 pages avant. Mais bon, je te pardonne, Haruki, tes mots me font quand même voyager, j’aime quand tu mêles l’étrange au terre-à-terre et je ne me lasse pas de lire tes phrases telles que : “Avec ses bras et ses jambes terriblement longs et minces, son petit sourire au coin de ses lèvres, on aurait dit une araignée bienveillante qui allait vous guider dans une forêt.” ou encore “ Par vagues successives, les nuages étaient balayés vers le sud. Néanmoins, même si un grand nombre était chassé, il en surgissait de nouveaux. A coup sûr, dans les régions du Nord, existait une source inépuisable qui approvisionnait le ciel en nuages. Là-bas, dans ces contrées lointaines, des hommes, enveloppés dans d’épais vêtements gris, avaient pris la ferme résolution de fabriquer en silence des nuages, sans cesse, du matin au soir. Tout comme les abeilles font du miel, les araignées tissent leur toile, et la guerre engendre des veuves”.

Par contre, je t’avoue, cher Haruki, que je n’ai pas saisi tout ce que tu voulais dire concernant ce monde de 1Q84. Et puis surtout ces MOTHER et ces DAUGHTER me laissent un peu perplexe. Et qu’en est-il de la petite chose ? Tu as osé nous laisser en plan comme ça, à imaginer la suite du récit ? Et puis ces petits Little People, ils me rendaient bien curieuse, et je les trouvais drôles, moi, à tisser des chrysalides comme des fourmis patientes et travailleuses. Mais tu n’en parles pas beaucoup, finalement…

Ce qui m’a frappée par contre, c’est la solitude de tes personnages. Est-ce le Japon moderne qui veut ça ? Autant Tengo que Aomamé, que Tamaru ou encore Ushikawa (ce personnage à tête de Fukusuke) sont des âmes solitaires. Ils font partie de la même histoire mais ils restent chacun de leur côté, en introspection de leur propre monde. C’est un aspect que j’ai aimé. Beaucoup.

J’aime toujours la précision de tes mots, la poésie que tu arrives à instaurer dans des scènes totalement banales, et j’aime quand tu fais flirter la réalité avec l’étrange, tu arrives à m’hypnotiser en deux coups de cuillères à pot !

Alors même si je trouve ce dernier tome un peu en dessous et qu’il n’a pas totalement comblé mes attentes, même si je n’ai pas toujours compris où tu voulais en venir, je continuerai à lire tes autres (nombreux) romans, c’est certain ! D’autant que la quatrième de La fin des Temps me laisse rêveuse… : “A partir de maintenant tu vas aller tous les jours à la bibliothèque et lire les vieux rêves. Autrement dit, ce sera ton boulot.”

Hip Hip Haruki !

Haruki Murakami est né à Kôbe en 1949.
Il étudia la tragédie grecque, ouvrit un club de jazz à Tôkyô avant de se consacrer à l’écriture. Ne supportant pas le conformisme de la société japonaise, il s’expatrie en Grèce, en Italie, puis aux États-Unis, en 1991, où il a enseigné la littérature japonaise à l’Université de Princeton pendant quatre ans.
En 1995, suite au tremblement de terre de Kobe et à l’attentat du métro de Tokyo, il décide de rentrer au Japon.
Traducteur de Scott Fitzgerald et Raymond Carver, il rencontre le succès dès son premier roman Écoute le chant du vent (1979), prix Gunzo.
Suivront, notamment, Chroniques de l’oiseau à ressort (Le Seuil, 2001), Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil (Belfond, 2002 ; 10/18, 2003), Après le tremblement de terre (10/18, 2002), Les Amants du Spoutnik (Belfond, 2003 ; 10/18, 2004).
Le livre qui a propulsé Haruki Murakami sur le devant de la scène internationale « La ballade de l’impossible », sorti en France en 2007, un superbe roman d’apprentissage aux résonances autobiographiques, adapté aujourd’hui au cinéma par Tran Anh Hung (L’Odeur de la papaye verte). Le film a reçu trois nominations au Festival du film asiatique de Deauville 2011 dans les catégories « Lotus du meilleur film », « Lotus du jury » et « Prix de la critique internationale »,
Kafka sur le rivage inscrit définitivement Murakami parmi les grands de la littérature.
(source de la biographie : Babelio)

 

Challenge Ecrivains Japonais de Février 2013 consacré à Haruki Murakami

Challenge Petit Bac 

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18 réponses à 1Q84, livre 3 : Octobre – Décembre, de Haruki Murakami

  1. Nancy dit :

    J’ai adoré le 1, le 2 et 3 m’attendent et tu me donnes juste envie de les mettre tout en haut de ma PAL !
    Dernier article de Nancy : [Sortie] Anges d’apocalypse, tome 1 : Le Tourment des aurores

  2. Anonyme dit :

    J’ai également beaucoup apprécié les livres 1et 2, et en lisant cet article j’ai compris qu’il ne fallait pas que je tarde à dévorer le 3 🙂

  3. Yannick dit :

    Malgré les points négatifs soulevés, cette critique me donne envie de très raidement me procurer et lire tous les tomes de ce roman. Haruki Murakami est un auteur que j’adore. Je viens de terminer « Chronique de l’oiseau à ressort », que je recommande vivement. C’est frappant: cette lecture m’a donné des impressions semblables à celles exprimées ici, comme le fait de trouver certaines longueurs vers la fin du récit. De même que le suspense fournit en fin de chapitre dont les attentes suscitées se voient assouvies que plusieurs chapitres plus tard… Un brin énervant, mais finalement assez jouissif!
    Dernier article de Yannick : Les titres en écriture web

  4. clara dit :

    J’ai adoré cette trilogie !

  5. Valérie dit :

    Je me suis arrêtée au 1er tome, que j’avais pourtant aimé.

  6. Il est vrai que j’aurais bien aimé en savoir plus sur les Little People, les Mother et Daugther et tout le reste du monde 1Q84… Je ne peux pas dire que le dénouement arrive vite, mais tout de même, j’aurais apprécié quelques réponses en plus à mes questions même si cela contribue à créer l’environnement onirique du livre 🙂
    Dernier article de La tête dans les livres : Cent cinquante pulsations de Laurent Boyet

  7. Nodrey dit :

    Il faudrait que je sorte le 1 de ma PAL!!!!
    Dernier article de Nodrey : Lune mauve, tome 1 : la disparue, Marilou Aznar

  8. Pali-tokyo dit :

    En savoir plus sur les Little People ? Sur les Mother et Daughter ? C’est mal connaître Murakami qui, lorsqu’il se lance dans du « pseudo fantastique » ne se donne pas la peine de fournir des explications à tout… Pour certains c’est de la poésie. En réalité, c’est plus probablement de la négligence et un réel manque d’inspiration.

    D’une manière générale, j’aime bien ce qu’écrit Murakami Haruki et à mon avis son meilleur roman est « Chroniques de l’oiseau à ressort ».

    1Q84 est en revanche incontestablement son plus mauvais récit. Style fade (+ mauvaise traduction ?), répétitions à n’en plus finir comme si le lecteur n’était pas capable de comprendre du premier coup, histoire niaise (comme c’est mignon ces jeunes gens tout beaux qui vont se retrouver 20 ans après !), et intrigue mince comme du papier japonais, ça ne valait pas le coup d’en faire tout un plat. Et sûrement pas un aussi gros livre qui aurait bien bien pu tenir dans deux tomes, car il y a bien des centaines de pages à couper dans ce qui ressemble à un gros coup marketing (incontestablement réussi, lui !).

    • phamb dit :

      Complètement d’accord.
      Le plus frustrant, c’est d’avoir perdu autant de temps…Quand j’y repense…
      Une belle catastrophe. Mais comment cette trilogie a-t-elle pu faire autant le buzz. C’est d’un nul, d’une naïveté, mais à un point…!! impressionnant…!!
      A déconseiller.
      On va vite passer à autre chose et je ne suis pas prêt de lire du Murakami…
      Je suis même limite en colère tellement c’est mauvais.

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  10. HanaPouletta dit :

    Je suis prévenue que ce tome me plaira peut-être moins, la pilule devrait mieux passer (^-^) Et puis, j’ai le temps de voir venir, il faut encore que j’achète et lise le deuxième !

  11. Phamb dit :

    Cette trilogie, au global, n’a strictement aucun intérêt…Désolé. Sans rythme, long, descriptions aux détails inutiles à répétition, scénario plus que naïf. Le lecteur est balladé dans une mièvrerie qui demeure, demeure…On apprend pas grand chose (voire rien) sur les sectes. On apprend pas grand chose sur le Japon, non plus. Les personnages sont tirés par les cheveux. Comme l’est leur évolution au fil des romans. Certains y voient de la poésie ?? Mouais…Moi, je suis plus brutal : c’est très mauvais. L’auteur devait être au pied du mur pour pondre un « machin » littéraire aussi fade…

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