Le corps humain, de Paolo Giordano

Quatrième de couv’…
Le peloton Charlie, envoyé en « mission de paix » en Afghanistan, rassemble des soldats de tous les horizons : Cederna, le fort en gueule, Ietri, son jeune « disciple », la blonde et courageuse Zampieri, Mitrano, le souffre-douleur, ou encore Torsu, à la santé fragile. Encadrés par un colonel vulgaire, un capitaine austère et l’adjudant René, ils vont être confrontés au danger, à l’hostilité, à la chaleur, à l’inconfort, à la rébellion du corps humain et au désœuvrement à l’intérieur d’une base avancée, bastion fantomatique au milieu du désert. Mais aussi à eux-mêmes : à leurs craintes, leurs démons, leur passé qui les rattrapent. Une épidémie de dysenterie les rapproche du lieutenant Egitto, médecin qui vient de rempiler afin de fuir une histoire de famille douloureuse. Enfin, une opération à l’extérieur de la base, qui se transforme en cauchemar, fait voler en éclats leurs certitudes.

Plus qu’un roman de guerre, Le Corps humain est un roman d’apprentissage où le conflit armé apparaît comme un rite d’initiation au monde adulte, et la famille comme un champ de bataille tout aussi redoutable.

Le corps humain, de Paolo Giordano (Il corpo umano, 2012)
Traduit de l’italien par Nathalie Bauer
éditions du Seuil, août 2013, 415 pages
3.5 sur 5

La solitude des nombres premiers hante ma bibliothèque depuis un long moment et comme pour Katharina Hagena et Cloé Korman je découvre le second roman de Paolo Giordano avant le premier… décidément ! La faute à la rentrée littéraire…

Tout le long des 415 pages, on suit un même peloton composé d’hommes et d’une femme envoyé en mission en Afghanistan. On les rencontre dans un prologue au cours d’une parade militaire treize mois après leur retour. Les uns ne peuvent se défaire de leur uniforme tandis qu’un autre a décidé de quitter l’armée. Et l’on sent dès le début qu’un lien indéfinissable les unit. Du départ pour l’Afghanistan au retour en Italie, Paolo Giordano les décrit dans une promiscuité inconfortable, dans l’épreuve du corps et de la résistance mentale.
Liés par un même choix, l’engagement pour servir leur pays, ils sont malgré tout bien différents. La cruauté caractérise Cederna qui s’impose en leader et brutalise les plus faibles. Ietri, le plus jeune, est très attaché à sa mère et voit en Cederna un mentor. Torsu cherche la compagnie d’une femme sur un site de rencontres pendant son temps libre, et René, l’adjudant est tiraillé entre le choix de fonder une famille et celui de rester libre. Quant à Egitto, le médecin du camp, figure essentielle, il fuit une histoire de famille éprouvante. Il est celui dont on en apprend le plus de sa vie passée grâce à quelques flash-back bienvenus qui permettent de sortir de l’enfer du camp.

C’est un roman intéressant que j’ai pris plaisir à lire, qui plus que la guerre, raconte les hommes qui la compose. Du désoeuvrement dans le camp au convoi qui part plusieurs jours affronter la terre hostile, en passant par une épidémie causée par le manque d’hygiène alimentaire, c’est un roman prenant et sensible sur ces jeunes hommes qui reviendront différents et marqués de la guerre.

Lu dans le cadre de la rentrée littéraire chez Dialogues.

 
Challenge Rentrée Littéraire 2013 (1/6) ; Challenge Petit Bac 2013 (catégorie Partie du corps) ; Challenge des Globe Readers (Afghanistan)

Né en 1982 à Turin, Paolo Giordano est docteur en physique théorique. Il collabore à plusieurs journaux italiens. Son premier roman, La Solitude des nombres premiers, a été un best-seller international traduit dans quarante pays et dont Saverio Costanzo a tiré un film en 2010.



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11 réponses à Le corps humain, de Paolo Giordano

  1. Sita dit :

    Eh beh moi du coup, j’ai découvert Paolo Giodarno avec son premier roman, et j’ai hâte de découvrir son nouveau 😉 Contente de lire ton avis, et de te lire dire que ce n’est pas plus un roman de guerre qu’un roman sur l’évolution des soldats, c’est beaucoup plus dans mes cordes ^^
    Allez, ne laisse pas moisir La Solitude des nombres premiers plus longtemps chez toi ^^ Par contre tu vas voir, les personnages sont vraiment très particuliers, ça donne une drôle d’ambiance au récit.

  2. Neph dit :

    J’avais beaucoup aimé « La Solitude », justement. Je ne suis pas sûre que j’accrocherais avec un sujet tel que celui-ci !
    Dernier article de Neph : La Nostalgie heureuse, Amélie Nothomb

  3. clara dit :

    J’avais beaucoup aimé la solitude des nombres premiers !
    Dernier article de clara : Katharina Hagena – L’envol du héron

  4. Morgouille dit :

    Toujours pas lu « La solitude des nombres premiers » qui ronfle dans ma PAL… Et comme Sita, si le roman raconte plus l’Humain que la guerre, ça devrait me parler ! 🙂
    Dernier article de Morgouille : « Il ne dit jamais rien. »

  5. Natiora dit :

    Vu les commentaires, je vais plutôt me pencher sur le cas de « La solitude… » Non pas que le sujet du « corps humain » ne m’intéresse pas, mais entre un poche et un grand format, mon porte-monnaie ne balance pas longtemps ^^
    Dernier article de Natiora : « Les mystères de la quatrième république T1 », de Philippe Richelle et Alfio Buscaglia

  6. zazy dit :

    Je ne connais pas du tout, comme d’habitude !!
    Que de découvertes, je le note
    Dernier article de zazy : Thomas B. Reverdy – Les évaporés

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