L’envol du héron, de Katharina Hagena

Présentation de l’éditeur :
L’envol du héron met en scène une série de personnages liés sans le savoir par un douloureux secret. Marthe n’a jamais renoncé à retrouver son fils, disparu il y a dix-sept ans alors qu’il passait l’été dans le bourg de Grund. Ellen ne s’est jamais vraiment remise du départ inopiné de son amant alors qu’elle était enceinte de lui. Andreas, ami d’enfance d’Ellen, est devenu une sorte d’original privé de parole, qui arpente les rues de Grund à la recherche de papiers et de notes égarés. Autour de ces trois personnages hantés par la disparition gravitent amis, amants, proches qui, eux aussi, apportent leur lot de souffrances. Le personnage de Heidrun, la mère d’Ellen, plongée dans le sommeil trompeur du coma au terme d’une période de démence sénile, est comme l’image de cet impossible oubli qui sape les existences.

L’envol du héron, de Katharina Hagena
(Vom Schlafen und Verschwinden, 2012)
Traduit de l’allemand par Corinna Gepner
Anne Carrière, août 2013, 291 pages
2.5 sur 5

Je n’ai pas encore lu Le goût des pépins de pomme qui a, semble t-il, rencontré beaucoup de succès, mais il est présent dans ma bibliothèque et attend sagement son tour. Quand j’ai vu deux pages dans le magazine LIRE consacré à L’envol du héron  (un aperçu ici), j’ai tout de suite été charmée par cette histoire générationnelle prometteuse. C’est à la librairie Dialogues que j’en dois la lecture et je l’en remercie.

C’est une histoire de disparitions et de choses tues qui mêle plusieurs générations dans le petit village allemand de Gründ. Les chapitres alternent deux voix et si celle de Ellen, mère célibataire, me donnait envie d’aller plus loin, j’ai trouvé que celle de Marthe, mère esseulée depuis la disparition de son fils, faisait perdre du rythme au roman.
Des regrets et de la nostalgie se dégagent des pages, une certaine langueur aussi, ce qui donne à l’ensemble un ton plutôt triste et dramatique. Mais il y a de la douceur aussi, douceur des jours passés, notamment quand Ellen se rappelle de sa mère désormais mourante. Celle-ci est le personnage qui m’a le plus plu alors que c’est à travers les mots de sa fille qu’on la découvre.
Le sommeil (métaphore de l’oubli ?) est le fil rouge de l’histoire puisqu’Ellen raconte sa vie en une nuit entière d’insomnie – un comble pour une somnologue. Plus la nuit avance moins elle trouve le sommeil, plus on voit se dérouler sa vie.
Le goût des pépins de pomme a l’air (je dis bien « a l’air » parce que je ne l’ai pas lu) d’être une histoire un peu en contradiction avec celle-ci : L’envol du héron évoque plutôt la grisaille, les secrets, les regrets, l’oubli et le temps qui passe et je ressors plutôt mitigée notamment à cause du rythme mou qui m’a donné à moi aussi envie de m’abandonner parfois au sommeil. Ce n’est pas un mauvais roman, il devrait trouver ses lecteurs, mais il me laisse un peu perplexe.


Challenge Rentrée Littéraire 2013 (3/6) ; Challenge Petit Bac 2013 (catégorie Animal)

Linguiste et auteur allemande née le 20 Novembre 1967 à Karlsruhe. Après avoir étudié la littérature anglaise et allemande, Katharina Hagena se spécialise dans l’étude de l’œuvre de Joyce, dont une thèse rédigée en 1995, après avoir passé deux ans à Dublin. De 1998 à 2002, elle enseigne aux universités d’Hambourg et de Lunebourg.
Actuellement elle vit comme pigiste avec sa famille à Hambourg. Elle a publié en Allemagne deux livres pour enfants, et deux romans, dont un traduit en français qui a remporté un vif succès en Allemagne, vendu à 250 mille exemplaires.

This Post Has Been Viewed 1,075 Times

Vous aimerez peut-être :
Ce contenu a été publié dans Allemagne, Contemporain, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

13 réponses à L’envol du héron, de Katharina Hagena

  1. Natiora dit :

    J’ai lu Le goût des pépins de pomme et j’ai trouvé ça… mou. Très, très mou. Du coup je n’ai vraiment pas envie de lire ce livre que tu me présentes ^^ Bon courage pour les « pépins », parce que j’y ai trouvé tout ce que tu as évoqué !
    Dernier article de Natiora : « La vérité sur l’affaire Harry Quebert », de Joël Dicker

  2. Dommage que tu n’aies pas eu l’air d’avoir accroché lus que ça, la quatrième de couverture avait l’air plutôt prometteuse!
    Dernier article de La tête dans les livres : Ce qui nous lie de Samantha Bailly

  3. zazy dit :

    Mouais…. heureusement ma pile bibliothèque est trop importante, donc je passe mon tour
    Dernier article de zazy : Thomas B. Reverdy – Les évaporés

  4. Valérie dit :

    Comme les pépins de pomme me sont resté en travers de la gorge, je passe.

  5. Latite06 dit :

    Je passerais sur celui-là je pense, mais le gout des pépins de pomme me tente beaucoup 🙂
    Dernier article de Latite06 : 1er Septembre

  6. Aifelle dit :

    Je viens de le terminer et je suis assez d’accord avec toi. De belles pages, une fine perception de la nature , mais il ne se passe pas grand chose. J’ai peiné à la fin, je ne voyais pas où on allait. J’avais été bien plus charmée par « le goût des pépins de pomme ».
    Dernier article de Aifelle : Ecoute ..

  7. Theoma dit :

    j’ai de la peine à être tentée car j’avais moyennement aimé le précédent.
    Dernier article de Theoma : Des livres de coloriages et/ou d’activités…

  8. Hélène dit :

    J’ai eu la même sensation mitigée que toi, c’est lent, pas tellement passionnant, bref pas enthousiasmée…
    Dernier article de Hélène : Les harmoniques de Marcus MALTE

  9. Nodrey dit :

    Oh je pensais avoir laissé un commentaire!
    Bon comme tu le sais, j’ai beaucoup aimé, tout comme les Pépins (même si j’avais eu du mal au début).
    Le ryhtme lent ne m’a pas dérangé pour celui-ci (bien que j’avais eu du mal au début pour Les pépins) peut-être parce que j’étais préparée pour cette lecture. Je suis vraiment conquise par la plume de cette auteure 😉
    Dernier article de Nodrey : Le goût des pépins de pomme, Katharina Hagena

  10. Monik dit :

    J’ai adoré le goût de pépins de pommes aussi j’ai lu l’envol du héron, des romans où il faut prendre le temps et que j’ai lu trop vite. De belles descriptions, et des personnages attachants, j’aime l’écriture de Katarina.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

Les liens des commentaires peuvent être libérés des nofollow.