Pure (tome 1), Julianna Baggott

Pure1Quatrième de couv’…
Nous savons que vous êtes là,
nos frères et soeurs,
Un jour, nous sortirons du Dôme
pour vous rejoindre dans la paix.
Pour l’heure, nous vous observons de loin, avec bienveillance.

Pure, tome 1, de Julianna Baggott
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laurent Strim
J’ai Lu, 2012, 535 pages
3 étoiles

Voilà un moment qu’il était dans ma Pile à Lire. Depuis l’année dernière en fait, au moment de sa sortie. J’avais sauté dessus avec l’intime conviction – totalement stupide mais vous savez ce que c’est – que ce livre là me plairait particulièrement. Puis il a été beaucoup lu sur la blogosphère, alors mon envie s’est émoussée, je n’aime pas me sentir dépossédée d’un livre parce que tout le monde l’a entre les mains. Mais là, plus d’un an après, le buzz s’est essoufflé, le moment était venu de le sortir du rang. Surtout que ça risque de reprendre du poil de la bête car selon certaines rumeurs ce premier tome serait en cours d’adaptation au cinéma. Adaptation qui par ailleurs ne m’étonne guère, le style étant très visuel, on tourne les pages avec des images plein la tête.

On est catapulté dans un futur possible, la Terre et l’humanité sont sur le déclin. La pollution fait des ravages, les ressources naturelles viennent à manquer, un parti politique quasi totalitaire nommé Le Retour à la Civilité gouverne. Jusqu’au jour où un genre de bombe nucléaire éclate. Le chaos. Et c’est neuf ans après les Détonations que commence le roman. On fait la connaissance de Pressia, 15 ans, une Survivante qui vit avec son grand-père dans un monde de cendres et de bric et de broc. Elle vivote en rêvant à la vie dans le Dôme. Parce qu’au loin brille une bulle dans laquelle elle sait que vivent des Purs. Des gens ayant échappé au ravage de la bombe. Ils n’y sont jamais sortis et elle attend qu’ils viennent les délivrer de la misère, comme la rumeur le dit. Justement dans le Dôme vit Partridge qui sait sa mère à l’extérieur. Il aimerait la retrouver…

Difficile de résumer ce roman. Il est tellement riche et foisonnant d’imagination qu’on pourrait en écrire une tartine.
Je ressors de cette lecture relativement mitigée. Autant je trouve qu’il y a du souffle et du suspense, autant j’ai trouvé qu’il souffrait de quelques longueurs. Mais ce n’est pas le plus gênant.
Le style m’a troublée, je ne saurais dire si c’est lié à la VO ou à la traduction, peut-être bien des deux, mais j’ai trouvé que c’était plutôt mal écrit.
Mais surtout des petites incohérences m’ont chagrinée et c’est, à mon sens, l’un des plus gros défauts. Par exemple lorsque Partridge est surpris par le froid et le vent à l’extérieur (page 161) :
« -Vous n’avez pas de vent ?
– C’est un Dôme, un environnement contrôlé »
.
On apprend quelques chapitres avant que dans le Dôme, ils ont des manteaux avec des capuches et prennent un espèce de train de banlieue pour aller aux séances de codage. C’est un peu paradoxal, non ?
Par ailleurs certaines ficelles m’ont semblé épaisses comme de la corde de marin, par exemple lorsque qu’on apprend que le plan du Dôme est offert au père de Partridge, que celui-ci l’affiche dans son bureau pour que son fils fugue. Ce que le fils s’empresse de faire sur le champ sans aucun signes avant coureurs. Ou encore lorsque Bradwell trouve le code du coffre-fort du premier coup. Mouais.
J’en ai plein des petits détails comme ça qui m’ont semblé mal dégrossis… Et c’est dommage.
Le principe de fusionnement des corps avec d’autres corps ou avec des objets se trouvant à proximité (ravages de la bombe) au moment des Détonations pourrait passer. Mais il ne faut pas abuser. La tribu des Mères fusionnées à leurs enfants par exemple m’a semblé grotesque. Sans parler de l’offrande qu’elles demandent à Partridge. (que vont-elles faire d’un auriculaire, franchement ?).

Enfin, neuf ans (seulement) après les Détonations, j’ai du mal à considérer que le monde devienne comme celui décrit par Julianna Baggott. J’ai surtout eu l’impression que l’auteure n’a pas réussi à canaliser son imagination et qu’elle a tout lâché dans son histoire.
J’aime pourtant la science-fiction, mais à condition qu’elle reste cohérente. (Et puis il faut choisir entre science-fiction et fantastique. Les Poussières, par exemple, me semblent relever plutôt du domaine du fantastique… mais je pinaille)

Dommage, dommage… Parce qu’il y a de bonnes choses tout de même ! Une réflexion sous-jacente sur le devenir de l’humanité, sur les ravages du nucléaire, sur les gouvernements totalitaires, sur le destin des gens riches et de celui des plus malchanceux … J’avoue quand même que malgré tous les points négatifs soulevés j’ai aimé cette histoire et les personnages qui la composent. Donc j’espère que l’adaptation verra le jour pour que je puisse retrouver Partridge, Pressia, Bradwell et Lyda en images ! Et peut-être qu’alors je plongerai dans le tome 2 ? Qui sait.

Un méga bon point : On aurait pu penser que la romance serait omniprésente, il n’en est rien, et ça, c’est appréciable.

L’avis (mesuré) de Chani.

Julianna-26L’auteur :
Julianna Baggott, qui écrit également sous les noms de plume de Bridget Asher et N.E. Bode, est un auteur de best-sellers acclamé par la critique. Elle a publié dix-sept livres, comprenant des romans pour les adultes ou pour les jeunes lecteurs, ainsi que des recueils de poésie. Ses romans ont été publiés dans plus de 50 pays. Elle enseigne dans le cadre du Creative Writing Program de l’université de Floride et est l’une des fondatrices de l’association à but non lucratif Kids In Need – Books in Deed.
(source : J’ai lu)

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16 réponses à Pure (tome 1), Julianna Baggott

  1. Cajou dit :

    Ah j’aime beaucoup ton billet, développé et nuancé !
    Comme toi, j’ai succombé à la sortie et comme toi mon intérêt s’est émoussé à cause de tous les billets, surtout qu’ils étaient dithyrambiques. Et même si tu en ressors mitigée, ton billet me donne envie de le sortir de ma PAL car ayant conscience de ses faiblesses, je n’en attendrai pas trop 🙂
    Des bisous, Mélo
    Dernier article de Cajou : La suite du roman « Le Diable s’habille en Prada » arrive !

    • Melo dit :

      En effet les premiers billets étaient dithyrambiques Finalement rien de mieux que se faire son opinion. Et la mienne ne rejoint pas la majorité, même s’il n’y a pas que du mauvais.
      Bises

  2. Nodrey dit :

    Honte à moi, je l’ai lu avant toi et mon avis n’est toujours pas là !!!
    Comme tu le sais, j’ai apprécié cette lecture qui aurait pu être un coup de cœur mais comme tu l’as décrit, il y a certaines longueurs (notamment au début du livre que j’ai trouvé assez long à démarrer). J’ai lu très peu d’avis dessus donc je n’ai pas subit le tapage médiatique sur les blogs (oui oui je dois venir d’une autre planète!). J’espère que l’adaptation aura lieu et je dois dire que j’ai beaucoup pensé à Tim Burton durant ma lecture (la fusion des corps m’a fait penser à Edward aux mains d’argent… mon imagination va très loin parfois).
    Dernier article de Nodrey : Lamb, Bonnie Nadzam

    • Melo dit :

      Mais oui j’ai cherché sur ton blog ! Allez ouste, va faire ton billet !
      Je ne lis pas non plus les billets mais je suis assez les réseaux sociaux pour avoir mangé du Pure pendant un moment.
      Tu as raison, les fusions font penser à Edward…!

  3. Koko dit :

    Ca va, les incohérences, je les avais bien repérées (ouf) 🙂

  4. viou03 dit :

    J’ai eu aussi beaucoup de mal avec le style de l’auteur et ça a gâché en partie ma lecture . Pourtant un livre plein d’imagination.
    Dernier article de viou03 : Mes lectures de la semaine passée (67)

  5. Ohh moi j’avais adoré et je n’ai du coup même pas fait attention à tous ces petits détails que tu cites!! J’ai d’ailleurs hâte de lire la suite, j’essayerais de voir si je note des incohérences…
    Dernier article de La tête dans les livres : C’est lundi, que lisez-vous? [30]

  6. Lilibook dit :

    Je ne connaissais pas. Avis nuancé et je note qu’il y a aussi quelques incohérences mais autrement je dois dire que c’est tentant. Un joli billet.
    Dernier article de Lilibook : Le signal

  7. Latite06 dit :

    J’adore lire des billets mitigés car ça remet un peu les pendules à l’heure 🙂
    J’irais voir s’il est à la bibliothèque, pour me faire une idée 😉
    Grosses bises Mélo !!!
    Dernier article de Latite06 : London trip … la suite !

    • Melo dit :

      Il a reçu de nombreuses critiques positives pourtant mais il me fallait absolument parler de tout ce qui m’a gêné.
      Bisous Ismérie !

  8. Ce livre me tente particulièrement, le thème de la pollution et de ces fusions d’objets. Je ne suis pas du genre à trouver too much, ce que tu dis ne me choques pas quand je suis dans du fantastique ou SF (le mélange ne me gêne pas non plus), donc je pense qu’il pourrait vraiment me plaire, surtout si pour une fois la romance n’étouffe pas tout. Donc tu me donnes envie, mais dommage pour les grosses ficelles qui laissent souvent un sale arrière goût même si l’histoire est plaisante…
    Dernier article de Charabistouilles : Big easy, de Ruta Sepetys

    • Melo dit :

      Les fusions, passe encore, je peux le concevoir mais la tribu des Mères c’est un peu pousser le bouchon, je trouve.
      Pour le mélange fantastique/SF, le problème est que justement c’est entièrement de la SF mais les Poussières me semblent plus relever du fantastique… C’est…. trop. Surtout seulement 9 ans après les Détonations.
      Les ficelles ne sont pas le plus gênant, ce sont les incohérences.
      Tant mieux si tu souhaites le lire quand même, je te souhaite une bonne lecture si tu te lances ! 🙂 (en VO ?)

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