Une famille délicieuse, de Willa Marsh

une famille délicieuse Willa MarshQuatrième de couv’
« – Je connais un secret.
Elle se mit à sourire légèrement, d’un air malin. Sa voix était plus forte, maintenant, et elle avait pris cette vieille intonation chantante. La peur piqua Nest au ventre. »

Mina et Nest vivent à Ottercombe House, imposante demeure familiale plantée au coeur de la lande, entourées de leurs chiens et unies par le souvenir d’une enfance idyllique. L’arrivée de Georgie, la soeur aînée atteinte de démence sénile, fait ressurgir un passé douloureux qu’elles auraient préféré oublier. Pire, Georgie s’apprête à révéler des secrets au pouvoir destructeur… Les deux cadettes sont prêtes à tout pour empêcher que la vérité n’éclate au grand jour. Qui aurait cru que ces respectables vieilles dames avaient tant de choses à dissimuler ?

Une famille délicieuse, de Willa Marsh (The Children’s Hour, 2003)
Traduit de l’anglais par Eric Mc Comber
477 pages, éditions Autrement, mars 2014
3 étoiles

Je ne connaissais pas Willa Marsh et c’est un peu au faciès que j’ai choisi ce livre mis bien en avant au hall du livre de Nancy. (=> tout ça est donc de la faute de FaFa.)

L’histoire est celle d’une famille de trois générations dont les piliers sont deux soeurs septuagénaires vivant toujours dans la maison qui les a vues grandir. L’arrivée de leur soeur aînée que la maladie d’Alzheimer ravage peu à peu va bouleverser le quotidien paisible de la maisonnée et faire ressurgir les souvenirs. C’est donc grâce à d’habiles flash-backs que le puzzle va s’assembler au fil des pages des années 1930 à nos jours.
Se dégage de ce roman un goût de nostalgie heureuse (coucou Amélie Nothomb) dont le personnage de Mina (l’une des soeurs) n’est pas étranger. Son portrait raisonnable et solide, aimant et généreux, fait partie de ceux que l’on aimerait tous avoir à nos côtés.
La vie n’a pourtant pas toujours été facile à Ottercombe et le poids des carcans de l’époque fera cogiter le lecteur d’aujourd’hui. Mais c’est la vie qui l’emporte toujours même si elle brise des coeurs sur son passage.
Le sentiment du temps qui passe est l’élément qui m’a le plus frappé puisque les générations se succèdent et que la mort guette mais heureusement pas l’oubli, l’histoire de chacun se tissant à travers celles de sa famille et de ses proches.
La culpabilité est là aussi en toile de fond, notamment celle qu’éprouvent les soeurs face à la démence de leur aînée. Mais la plume de Willa Marsh arrive pourtant à atténuer les souffrances conséquentes à cette terrible maladie…
Les portraits psychologiques sont assez finement brossés, Georgie, Mina, Nest, Henrietta, Lydia, Timothy, Connor et les autres ont tous leur particularité qui fait qu’on s’y attache et qu’on s’y retrouve… C’est aussi l’histoire d’une grande fratrie, unie malgré les tempêtes.
Autre point bienvenue : des références littéraires ponctuent le récit car la lecture est l’un de moteurs de Mina. Dommage que je ne les ai pas toutes saisies, je ne suis absolument pas calée en classiques anglo-saxons…

C’est donc une belle histoire de famille et de générations, pourtant je ne suis pas emballée à 100%. Le style et le choix des mots sont trop convenus, trop « polis », pas assez rugueux. Ce qui fait qu’ils glissent et passent sans rien accrocher. Les passages descriptifs de la nature (aussi belle soit-elle) m’ont semblé longs, répétitifs et trop nombreux. Et puis je n’ai pas retrouvé cette ironie plus ou moins mordante que je pensais pourtant trouver à la lecture du titre et du synopsis. Tout ça reste bien trop sage…
Peut-être que ce que je reproche est imputable à la génération de l’auteure ? Je ne sais pas. Toujours est-il que je ne suis pas sûre de me jeter voracement sur les autres titres de Willa Marsh car malgré le moment agréable passé avec ce roman je m’attendais à tout autre chose.

*********************

Willa MarshMarcia Willet, alias Willa Marsh, est née en Angleterre, en 1945. Elle a écrit son premier roman à cinquante ans passés. Elle en a depuis publié plus de vingt autres qui sont tradnuits dans seize pays. Une famille délicieuse est son cinquième livre à paraître chez Autrement. (source photo auteur)

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25 réponses à Une famille délicieuse, de Willa Marsh

  1. Sybille dit :

    J’avais lu Meurtres entre sœurs de l’auteure, j’avais bien aimé mais je ne m’attendais pas à ça non plus !
    Dernier article de Sybille : God save the Queen !

    • Melo dit :

      J’ai l’impression que Meurtres entre soeurs est le titre le plus apprécié, mais après mon expérience je n’ai pas envie de tenter pour le moment.

  2. labiblidonee dit :

    Même impression avec meurtres au manoir, mais je serais curieuse par contre d’en découvrir au moins un autre d’elle… Pas forcément tout de suite, mais un jour quand même.
    C’est étrange les surprises qu’on peut avoir, ça m’a fait le même genre de choses avec barbara pym : une impression as désagréable mais étrange ; plutôt positive au final, mais un peu destabilisante peut-être 🙂

    • Melo dit :

      L’impression n’a pas été étrange pour moi mais plutôt déçue, je m’attendais à bien plus d’ironie.
      🙂

  3. Agathe dit :

    Mouai… Je passe mon tour!

  4. earane dit :

    Je vais tout de même tenter ! Hop sur ma wish list
    Dernier article de earane : [Chronique] Les Foulards Rouges – Episode 2 : Six feet under ~ Cécile Duquenne

  5. zazy dit :

    Lue d’autres chroniques qui allaient, il me semble, dans ton sens
    Dernier article de zazy : Jean-Philippe Toussaint – Monsieur

    • Melo dit :

      Lu que celles de Clara et de Cathulu, pas trouvé d’autres (en même temps il est sorti au début du mois…), si jamais tu as les liens, je veux bien…

  6. clara dit :

    oui , j’ai plus aimé que toi !

  7. DoloresH dit :

    Oh, il me tentait pas mal, mais du coup je vais peut-être le laisser un peu en attente !
    Dernier article de DoloresH : Marcus Sedgwick – Sacrifice à la Lune

  8. éléa dit :

    Au début de ton billet, j’étais très tentée par ce roman, mais en voyant « longueur sur les passages descriptifs de la nature » là c’est tout ce qui m’ennuie. Du coup je crois que je vais passer mon tour 😉
    Dernier article de éléa : Bof …

    • Melo dit :

      Disons qu’ils ne sont pas hyper longs mais qu’ils sont nombreux et m’ont ennuyée. Et puis elle décrit aussi les moindres faits et gestes de ses personnages (elle prend une tasse, pose la théière sur le gaz, ….). C’était… de trop.

  9. Valérie dit :

    Malgré les billets souvent enthousiastes des blogueuses, je n’ai pas encore découvert cette auteure que je ne sens pas pour moi.
    Dernier article de Valérie : Une saison à Longbourn de Jo Baker

    • Melo dit :

      En effet je ne suis pas sûre que tu adhères. C’était une vraie découverte pour moi, je n’en avais jamais entendu parler. Hélas pas vraiment pour moi non plus.

  10. Ping : Les petits nouveaux (6) | Carnet de lectures (et autres futilités)

  11. Latite06 dit :

    Je pense que je vais le tenter, le résumé m’intrigue 🙂 même si les longueurs risquent de me rebuter un peu
    Gros bisous Mélo !!!
    Dernier article de Latite06 : Moelleux aux fruits et lait de coco

  12. Manu dit :

    J’ai adoré les deux romans que j’ai lus de cette romancière et celui-ci finira dans ma besace, ça ne fait pas l’ombre d’un pli 😉
    Dernier article de Manu : Plan ORSEC 2014 : bilan du mois de mars

  13. Ping : Une famille délicieuse / Willa Marsh | uncoindeblog

  14. Tamo dit :

    Je viens de découvrir le site. J’aime beaucoup Willa Marsh. Le roman que je préfère jusqu’à aujourd’hui est « Meurtres entre sœurs » On y retrouve les secrets de famille, la maison et l’humour noir de Willa Marsh. Excellent !
    C’est l’histoire d’une famille est fondée par l’union d’un veuf et d’une veuve ayant chacun une fille du même âge puis la naissance d’une fille avec papa et maman. Tout s’emballe, manipulation et coups bas. Bien sûr la grande maison tient un rôle très important. Je l’ai lu rapidement sans pouvoir le lâcher.

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