Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Zweig

24h-de-la-vie-d-une-femmeEn quelques mots :
Au début du siècle, une petite pension sur la Riviera. Grand émoi chez les clients de l’établissement : l’épouse d’un des pensionnaires, Mme Henriette, est partie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée. Seul le narrateur prend la défense de cette créature sans moralité. Et il ne trouvera comme alliée qu’une vieille dame anglaise sèche et distinguée. C’est elle qui, au cours d’une longue conversation, lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle.

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Zweig (1938)
Traduit de l’allemand par Olivier Bournac et Alzir Hella
3 étoiles

J’avais vraiment adoré, que dis-je, été éblouie par Le joueur d’échecs, seul autre titre lu de Zweig. Tellement que quand la pièce de théâtre est passée dans une petite ville de ma région j’avais sauté sur l’occasion et avais vraiment été bluffée une deuxième fois, et par l’histoire et par la narration et encore plus par le jeu du comédien (en farfouillant je crois qu’il s’agit d’André Salzet) qui a joué la pièce seul sur scène de bout en bout. Une performance incroyable, j’étais ressortie de là enchantée, les poils dressés.
Du coup Zweig avait une place à part dans mon coeur. Et c’est sans doute en partie la raison pour laquelle j’ai attendu au moins 3 ans avant d’ouvrir un autre titre de l’auteur autrichien.
Dans Vingt-quatre heures de la vie d’une femme j’ai retrouvé le style simple mais surtout percutant avec l’histoire de cette femme convenable qui se prend de pitié et de passion pour un pauvre bougre dépendant aux jeux d’argent. On retrouve le thème de la perte de la raison, de l’obsession et j’aime beaucoup ce côté là de ces deux nouvelles. La fièvre du jeu est terriblement bien décrite, Zweig a un don pour raconter la descente aux enfers de l’esprit.
Cependant cette lecture ne m’a pas autant enchantée que la première. Plus molle, paraissant plus longue, j’ai un peu peiné à la terminer. Alors bien sûr quand on replace le contexte dans le début du XXème siècle on comprend le malaise de la situation, le scandale lié au fait de s’enticher d’un homme tout juste rencontré, et j’aime ce côté anti-conformiste de Zweig dénonçant les carcans de l’époque mais je suis restée un peu sur ma faim comparativement au Joueur d’échecs.

Stefan_ZweigToujours est-il que Zweig est un auteur que j’ai envie de continuer à découvrir. Son histoire, sa mort, son style, me fascinent. Cette édition du Livre de Poche comporte d’ailleurs une intro racontant la vie et la mort de l’auteur.

24h de la vie d'une femme Zweig

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15 réponses à Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Zweig

  1. Nathalie dit :

    Moi aussi je n’ai lu que « Le joueur d’échec » et ça remonte loin. Si je me souviens bien, l’histoire y était racontée dans une sorte de mise en abyme : on commence une histoire puis un des personnages raconte une autre histoire du passé, qui est en fait l’intrigue principale. Est-ce que c’est le cas ici aussi ? Est-ce que l’histoire principale est la jeune femme qui s’enfuit, ou l’histoire de la vieille dame ?
    Dernier article de Nathalie : Terremer, d’Ursula Le Guin

  2. Noukette dit :

    J’avais beaucoup aimé… Une vraie atmosphère dans ce roman je trouve…!
    Dernier article de Noukette : Tourne-disque – Raphaël Beuchot / Zidrou

  3. Frankie dit :

    Comme toi, j’ai nettement préféré Le joueur d’échecs à ce livre-là. Il est très bien écrit, mais l’histoire ne m’avait pas passionnée.
    Dernier article de Frankie : Nausicaä de la vallée du vent de Hayao Miyazaki et Tomoko Kida

  4. zazy dit :

    Il fait partie des bouquins que je DOIS absolument lire et tu confirmes
    Dernier article de zazy : Emmelene Landon – Portrait(s) de George

  5. Sophie dit :

    J’avais beaucoup aimé cette lecture.
    Dernier article de Sophie : Le mercredi c’est BD même en été..

  6. Eline dit :

    Une lecture que j’ai bien aimée aussi..
    Dernier article de Eline : Puzzle – Franck Thilliez

  7. Earane dit :

    Encore jamais rien lu de Zweig mais ton billet me donne envie de découvrir ces deux ouvrages ! Merci !

  8. titoulematou dit :

    Bonjour, Personnellement je n’ai lu que  » lettre à une inconnue » de cet auteur… mais c’était un coup de coeur. J’ai également lu la bd de Mr SOrel sur zweig qui m’a donné envie de découvrir d’autres livres
    Dernier article de titoulematou : Comme des larmes sous la pluie, Les murmures de la terre, Là où la lumière se pose ( Véronique Biefnot)

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