Good Bye Berlin, de Wolfgang Herrndorf

Good bye Berlin Wolfgang HerrndorfQuatrième de couv’…
C’est parce que Maik et Tschick sont les seuls à ne pas être invités à l’anniversaire de Tatiana, qu’ils décident de partir en voiture vers Valachie, plein sud. Le soleil donnera la direction. S’il pleut ? Ils verront bien. Tschick, l’immigré russe, au volant, Maik, le fils de bonne famille, à ses côtés. Ils ont quatorze ans. C’est parti pour un road trip ! Les deux garçons vont plonger dans des situations cocasses, croiser des personnagesextravagants.se perdre dans des paysages irréels. Leur bonne humeur indéfectible transforme le voyage en une odyssée joyeuse et burlesque.
Ce livre nerveux, qui joue des déchirements de la jeunesse, est animé par un profond esprit de tendresse et d’optimisme. Un livre heureux, qui rend heureux.

Good Bye Berlin, de Wolfgang Herrndorf (Tschick, 2010)
traduit de l’allemand par I. Enderlein
éditions Thierry Magnier (2012) 329 pages
(à partir de 13 ans je dirais)
4,5 étoiles sur 5

Quel bon roman ! Que de sourires, de rires, de justesse et de tendresse. Des ptites étoiles plein le coeur en cette rentrée morose…
L’histoire est racontée par Maik, 14 ans, transparent au collège et amoureux de Tatiana, la fille canon de sa classe. Ce n’est pas un collégien vraiment malheureux malgré son père dont l’entreprise fait faillite et sa mère dépendante à l’alcool. Il est lambda, plutôt discret, un peu loser…

« J’ai jamais eu de surnom. A l’école, je veux dire. Mais sinon non plus. Mon nom est Maik Klingenberg. Maik. Pas Maiki, pas Klinge ou une autre ineptie du genre, toujours juste Maik. Sauf en sixième, où on m’a brièvement appelé Psycho. C’est pas le pied intersidéral, qu’on vous appelle Psycho. Mais de toute façon, ça a pas duré longtemps, et après j’étais de nouveau Maik. »

Un jour arrive dans sa classe un dénommé Tschick.

« Au départ, Tschick, je pouvais pas le saquer. Personne pouvait le saquer. C’était un cas social, même physiquement. (…) C’est peut-être pas important de dire ce que j’ai pensé de Tschick la première fois que je l’ai vu, mais je veux quand même le faire. En l’occurence, j’ai eu une impression super négative de ce type qui venait de débarquer avec Wagenbach. Deux gros cons sur un plateau, je me suis dit. Alors qu’en fait je le connaissais même pas. Je pouvais pas savoir si c’était un gros con ou pas. Il s’est avéré qu’il était russe. Il était de taille moyenne, portait une chemise blanche toute sale à laquelle il manquait un bouton, un jean à dix euros de chez Pantashop et des chaussures brunes informes qui avaient une tronche de rats morts. »

Puis un peu par hasard et parce qu’ils sont quasiment les seuls à ne pas être invités à l’anniversaire de Tatiana, ils lient amitié le dernier jour de classe avant les vacances scolaires. Tschick, beaucoup plus débrouillard, va finir par entraîner Maik dans un road trip impromptu et déjanté…

« Dix minutes plus tard, on chargeait la Lada à fond. De notre garage, on a accès direct à la maison. On a transbahuté tous les trucs qui nous paraissaient utiles d’une manière ou d’une autre. D’abord du pain, des biscottes, et de la confiture, puis des boîtes de conserve, au cas où. (…) On a foutu le bazar grave. Tout à la fin, on a eu l’idée d’emporter un bac d’eau, et ça, ça s’est avérée la meilleure de nos idées. Ou plutôt la seule bonne idée. Parce que tout le reste, c’était de la pure débilité mentale. Des raquettes de badminton, un énorme tas de mangas, quatre paires de chaussures, la boîte à outils de mon père, six pizzas surgelés. Le truc qu’on a pas emporté, en tout cas, c’était nos portables. »

Vous voyez le topo. Les deux garçons vont croiser des Aristos à vélos, une ado qui a l’air de vivre dans une décharge, une famille bizarre mais sympa, une orthophoniste généreuse ou encore un retraité qui vit encore en 1940. On flirte là entre le réel et le burlesque, les situations deviennent abracadabrantes et la fin est carrément poussée (d’ailleurs ce petit roman se prêterait bien à une adaptation au cinéma). Cependant même si une petite longueur s’est faite sentir vers la moitié, c’est frais, c’est tendre, émouvant, drôle (les descriptions des profs sont des passages mémorables !!) et le message de simplicité délivré ne peut que faire le plus grand bien… On en reprendrait volontiers quelques pages pour en apprendre plus sur Tschick (qui donne son nom au titre VO) et retrouver Isa et Maik.

JE CONSEILLE !

« Pas la peine d’espérer qu’il en reste là. Y’a des profs qui se contentent de déchirer les petits mots, qui les foutent à la poubelle, ou les mettent dans leur poche. Et puis il y a Wagenbach. Et Wagenbach, c’est le plus grand trou du cul du monde. C’est le seul prof du bahut à confisquer les portables et à faire la lecture de toute la mémoire SMS. On peut ramper ou chialer à quatre pattes, Wagenbach lit tout. Il a déplié le billet d’un geste solennel. j’espérais un miracle, genre qu’un météorite tombe du ciel et désintègre le cul de Wagenbach. Ou du moins que la cloche sonne, ça aurait suffit. Mais évidemment la cloche n’a pas sonné, et évidemment aucun météorite n’est tombé du ciel. Wagenbach a laissé son regard glisser sur l’assistance et a pris posture. je crois qu’il aurait voulu être acteur ou chansonnier. Sa carrière s’est arrêtée à trou du cul. »

herrndorf_01Attristée d’apprendre que l’auteur est décédé l’année dernière au mois d’août 🙁
Wolfgang Herrndorf (1965-2013) a fait des études de peinture et a notamment dessiné pour le mensuel satirique Titanic. Suite à sa parution en 2010, Tschick a fait l’objet de critiques extrêmement favorables dans les plus prestigieux journaux d’Allemagne. Véritable phénomène littéraire en Allemagne, ce roman a été publié en France sous le titre Goodbye Berlin. Le pendant nihiliste de ce roman, Sable, est paru en septembre 2014 dans la collection littérature adulte des Éditions Thierry Magnier. Une œuvre majeure, à lire absolument ! (source Thierry Magnier – source photo auteur)

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13 réponses à Good Bye Berlin, de Wolfgang Herrndorf

  1. Noukette dit :

    Je note ! Ce genre de road-trip pourrait plaire à mes élèves ados ! (et même à moi ! 😉 )
    Dernier article de Noukette : L’appel du coucou – Robert Galbraith (J.K. Rowling)

  2. Voilà qui me plaît bien, même si l’annonce du décès de l’auteur, que je ne connais pourtant pas, m’attriste. Arf, il était jeune…
    Dernier article de LaLoreleï (ex Neph) : Last Exit To Brooklyn, Hubert Selby Jr.

  3. Morgana dit :

    J’aime beaucoup le genre road trip, et les deux petits héros m’inspirent bien, d’après ce que tu en dis. Les extraits sont vraiment prometteurs en tout cas : cette description du prof, holala ! 😀
    Dernier article de Morgana : Zeppelin en danger – Boris et François Darnaudet

  4. Cajou dit :

    Je fais + que noter le titre, je le programme pour mes prochains achats ! Merci bcp pour la découverte Mélo!
    Cajou

  5. valou dit :

    le roman a l’air sympa en effet, j’aime bien le sujet !

  6. Marion dit :

    Il est dans ma liste à acheter depuis des mois… Merci de relancer mon intérêt 🙂
    Dernier article de Marion : Ceux qui me restent – Damien Marie & Laurent Bonneau

  7. Ping : +21 sur la pile | Carnet de lectures (et autres futilités)

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