Un parfum d’herbe coupée

un parfum d'herbe coupée nicolas delesalle

Quelle jolie lecture … La bonne pioche de ce mois pourri … Un parfum léger de nostalgie, un roman dans lequel le narrateur, Kolia, se raconte en souvenirs de l’enfance à l’âge adulte. Un goût de roman d’apprentissage des années 80 aux années 2000. Roman plutôt générationnel donc, dans lequel je me suis largement retrouvée même si je suis née quelques années après Kolia : l’enfance innocente, les départs en vacances, la sacro-sainte télévision, Mickael Jackson, Indochine, les premières amours, la découverte de la littérature, les profs, les petites déceptions, les parents, les amis, et tout ça sans internet, sms, mp4, Skype, l’agenda électronique ou les mails professionnels. Une époque révolue qui donne envie de s’y projeter en DeLorean à vitesse grand V même si l’on n’a pas forcément eu le même schéma de vie que le narrateur.
Il y a aussi Totor le charentais, qui est l’image quasi exacte de mon grand-père breton (Léon, pour votre information) ou encore Raspoutine, le chien un peu con qui fait partie intégrante de l’équilibre familial …  Des sourires à tous les coins de pages, la tête pleine d’images et le coeur mou, voilà ce que m’a inspiré cette lecture bienvenue en ces temps où l’actu est loin d’être à la fête …
L’auteur m’a même rendue un peu coupable de ne pas encore avoir lu Vian ou Hesse et m’a donné envie de les sortir illico de ma bibliothèque (dans laquelle ils ne se trouvent d’ailleurs pas, ne cherchez pas). Une tendresse enrobée d’humour (et pas l’inverse), une bienveillance contagieuse (on en a besoin), une écriture délicieuse pour un roman intelligent. Un magnifique feel-good-book à offrir à ceux qu’on aime. Vraiment.

borise vian un parfum d'herbe coupée

 

Extraits :

« Boris Vian pulvérisait tous les a priori, il était par définition, imprévisible et je tournais chaque page en quête de la prochaine invention langagière. Je découvrais qu’il était possible de s’amuser en lisant, de tordre les mots pour en essorer le sens et son espièglerie d’ingénieux ingénieur me rendit fou amoureux. » (p95)

« Encore aujourd’hui, si je parviens difficilement à chuchoter et à garder mon sérieux dans une église, je suis incapable d’élever la voix dans une librairie. Il m’a fallu beaucoup de force, et aussi beaucoup de peur, ce courage en gestation, pour demander un jour à une femme d’âge mûr  aux cheveux courts et aux lunettes rondes ce qu’elle pourrait bien me conseiller comme lectures. J’avais seize ans, j’étais sincère et l’embarras de la libraire devant cette question un peu trop ouverte me restera en mémoire. Elle portait un parfum citronné qui se mélangeait très bien avec les odeurs de colle et la poussière des étagères. Elle me sourit et me proposa de lire Diderot, Jacques le Fataliste, ce que je fis aussitôt, en y prenant un plaisir incroyable. Je pensais que Diderot était un vieil auteur pénible enferré dans les problèmes de son temps, un encyclopédiste donneur de leçons que je pourrais lire pendant ma retraite en écoutant pousser mes tomates. Je découvrais un homme résolument moderne, hilarant, acerbe, que je relirais avec plaisir pendant ma retraite pour rester un peu plus jeune. » (p96)

extrait unparfumdherbecoupee

Un parfum d’herbe coupée, de Nicolas Delesalle
Préludes, 2015, 285 pages
5 étoiles

 

 

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16 réponses à Un parfum d’herbe coupée

  1. clara dit :

    un libre qui fait du bien !
    Dernier article de clara : Gilles Leroy – Le monde selon Billy Boy

  2. Hélène dit :

    Oh là là… comment ne pas se jeter dessus après une chronique pareille !! je vais me le commander direct 😉

  3. Louise dit :

    C’est malin! j’ai envie de le lire! et moi aussi j’en ai plein de pas encore lus. Vian par exemple 🙂 . Je suis certaine que je vais aimé, comme le titre d’ailleurs, qui ne connaît pas l’odeur de l’herbe coupée?(d’ailleurs j’ai l’impression que ce parfum disparaît)
    Dernier article de Louise : Petit traité des privilèges de l’homme mûr et autres réflexions nocturnes.

    • Melo dit :

      je ne l’ai pas senti depuis longtemps c’est vrai 🙁 Même souvenir de Kolia quand mon père tondait la pelouse 🙂

  4. titoulematou dit :

    une belle lecture pour moi aussi !!!
    Dernier article de titoulematou : Emil le Clairvoyant (Lenia Major)

  5. a_meli_melow dit :

    Des livres qui font du bien, on en a jamais assez…donc je le note ;-)) et oui, il faut lire Hermann Hesse (Demian est également un roman d’apprentissage, par exemple…)
    Dernier article de a_meli_melow : La Belle et la Bête

  6. Un avis similaire : un joli roman qui fait du bien !!!

  7. Je viens de le finir, et je suis plutôt mitigée sur ce roman… Mon article paraîtra mardi, si ça t’intéresse. D’ailleurs, je vais avoir la chance de rencontrer l’auteur grâce à Babélio 🙂
    Dernier article de CarnetParisien : Bilan Janvier 2015

  8. Aaah ! Tu me donnes trop envie ! Dans le magazine Lire de ce mois-ci j’ai eu un extrait et ça m’avait déjà donné énormément envie mais alors là… Je le veux 😀
    Dernier article de LesLecturesdeBibliophile : Alice d’Emma Becker

  9. Camilla dit :

    Ton billet me donne vraiment envie de le lire!! Je le note 😀
    Dernier article de Camilla : Un samedi à Sandhamn

  10. éléa dit :

    Tiens ça pourrait me plaire 😉 parce que je suis née en ce temps là et que la couverture a un goût de vacances d’été.
    Dernier article de éléa : La tenacité de mère en fille

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