Nous les menteurs

nous les menteurs, Emily Lockhart

Première page :
« Bienvenue dans la splendide famille Sinclair.
Chez nous, il n’y a pas de criminels.
Pas de drogués.
Pas de ratés.
Les Sinclair sont sportifs, beaux, sveltes. Nous sommes une vieille fortune. Nous sourires sont étincelants, nos mentons carrés, nos services de fond de court agressifs.
Qu’importe si les divorces nous lacèrent le cœur au point que notre pouls se débat. Qu’importe si les comptes fiduciaires se réduisent comme peau de chagrins ; si les relevés de cartes de crédits impayés trainent sur la table de la cuisine. Qu’importe si les flacons de cachets s’amassent sur la table de nuit.
Qu’importe si l’un d’entre nous est terriblement, désespérément amoureux.
Amoureux
au point
que des mesures tout aussi désespérées
s’imposent.
Nous sommes les Sinclair.
Chez nous, personne n’est dépendant.
Personne n’a tort.
Nous vivons, du moins l’été, sur une ile privée au large du Massachusetts.
C’est peut-etre tout ce que vous avez besoin de savoir. »

Il a déjà fait beaucoup parler de lui et je ne crois pas avoir croisé de critique négative sur ce roman. Beaucoup de dithyrambes en revanche. Dans la lettre qui accompagnait le roman (reçu dans le cadre Onlitplusfort de Gallimard Jeunesse) Emily Lockart dit qu’il s’adresse à tout le monde, ados et adultes confondus et souhaite qu’on en dise le moins possible pour laisser le plaisir intact aux futurs lecteurs (elle cite d’ailleurs E.M Foster : « l’une des joies de la lecture d’un bon livre, c’est de vivre une succession de petits étonnements »). Il est vrai qu’en dévoiler trop serait dommage puisque tout repose sur la révélation finale, véritable uppercut dans le coeur du lecteur. Alors je vais vous dire qu’il est question d’un drame touchant les Sinclair, famille richissime des Etats-Unis d’Amérique qui passe tous ses étés sur l’île privée familiale. Il y a grand-père, fortuné patriarche, très à cheval sur les conventions familiales : les Sinclair sont beaux, les Sinclair sont riches, les Sinclair sont intelligents font de grandes choses et ne font pas de vagues. Sa femme, Mamie Tipper est une belle femme droite et aimante qui sait rassembler ses troupes autour d’une table. Et puis il y a les tantes, leurs 3 filles, mariées et séparées et pour lesquelles la vie repose sur la fortune familiale.

« Ma mère et ses soeurs dépendaient de grand-père et de sa fortune. Elles avaient eu la meilleure éducation, toutes les opportunités et les contacts dont on pouvait rêver, mais elles étaient incapables de subvenir elles-mêmes à leurs besoins. Aucune d’entre elles n’avait fait quoi que ce soit d’utile dans ce monde. Rien de nécessaire. De courageux. Elles étaient restées comme des petites filles s’efforçant de faire plaisir à leur papa. »

Puis il y a surtout les cousins adolescents. Ils sont quatre. Les menteurs. Ils passent leurs étés depuis leur plus jeune âge sur l’île familiale, faite de grandes maisons, de criques et de jardins immenses.

« Mirren est le sucre, la curiosité et la pluie.
Johnny est la vitalité, la persévérance et le sarcasme.
Gat est la contemplation et l’enthousiasme. L’ambition et le café noir. »

Cadence est l’aînée, c’est elle qui raconte. Mais l’été de ses quinze ans est fait de trous : amnésie. Elle revient sur l’île à 17 ans et tente de retrouver la mémoire.

Un roman où foisonne le drame, l’amour, les liens familiaux et les conventions sociales. De mon côté j’ai beaucoup aimé ces petits chapitres racontés façon conte de fées (« il était une fois un roi qui avait trois filles »…) et la fin bien sûr, véritable choc qui donne un tout autre aspect à  l’histoire.
Dire que ce roman s’adresse aux adultes est un peu exagéré à mon goût. Le style (l’histoire est racontée par Cadence, 17 ans) et les préoccupations adolescentes seront appréciées par la tranche d’âge visée. De mon côté j’avoue que l’ennui a parfois pointé son nez… Mais les réflexions que suggèrent cette histoire (famille, conventions, …) sont assez bien vues pour les adolescents.
Je file voir ce qu’en a pensé Enna, avec qui nous avons planifié une lecture commune.

Nous les menteurs, d’Emily Lockart
traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Nathalie Peronny
Gallimard Jeunesse, 2015, 275 pages
« Toujours montrer un peu plus de gentillesse qu’il n’en faut. »

 

This Post Has Been Viewed 933 Times

Vous aimerez peut-être :
Ce contenu a été publié dans Enfants / Ados, Etats-Unis, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

9 réponses à Nous les menteurs

  1. enna dit :

    je n’ai pas eu un coup de coeur pour ce roman car je me suis doutée de certaines choses à la moiti du roman, mais j’avoue que j’ai beaucoup aimé (sans doute plus que toi 😉 j’ai aimé cette tension et j’ai trouvé que ces ados étaient très bien perçus, ainsi que la famille. Ravie de cette lecture commune 😉
    Dernier article de enna : « We were liars » (« Nous les menteurs ») de E. Lockhart

    • Melo dit :

      Oui tu as plus aimé que moi. Ce ne fut pas la révélation mais une lecture agréable bien qu’un peu longue parfois pour moi 😉

  2. Il est dans ma PAL ! Je comptais le lire comme un roman destiné aux ados, et ton avis me le confirme 🙂
    Dernier article de Scarlett Julie : La dernière lettre de son amant, Jojo Moyes

  3. Marguerite dit :

    Pour ados oui mais j’ai bien aimé quand même ! C’était parfait pour un lecture de vacances.
    Dernier article de Marguerite : Les fantômes fument en cachette – Miléna Babin

  4. On ne doit pas suivre les mêmes blogueurs, car moi j’ai vu beaucoup d’avis mitigés et ma maman (qui l’a chipé lorsqu’il est arrivé par la poste) s’est ennuyé tout du long et ne me donnait pas trop envie de le découvrir. Bon le coup du choc final fait que je veux quand même le lire, il faut qd mm que je sache, mais peur d’être déçue…
    Dernier article de Charabistouilles : Top Five SeriesAddict #5 – Les reprises les plus attendues de la rentrée

  5. Emma dit :

    Bon je vais lire pour me faire mon propre avis sur ce roman.
    Merci en tout cas pour la présentation

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

Les liens des commentaires peuvent être libérés des nofollow.