L’océan au bout du chemin, Neil Gaiman

« Oh, si, les monstres ont peur. C’est pour ça que ce sont des monstres. Quant aux adultes… » Elle a arrêté de parler, a frotté du doigt son nez taché de son. Puis :  » Je vais te confier quelque chose d’important. Les adultes non plus, ils ressemblent pas à des adultes, à l’intérieur. Vus du dehors, ils sont grands, ils se fichent de tout et ils savent toujours ce qu’ils font. Au-dedans, ils ressemblent à ce qu’ils ont toujours été. A ce qu’ils étaient lorsqu’ils avaient ton âge. La vérité, c’est que les adultes existent pas. Y en a pas un seul dans tout le monde entier.»

 

l'océan au bout du chemin Neil GaimanQuatrième de couv’…
De retour dans le village de sa jeunesse, un homme se remémore les événements survenus l’année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée. L’obscurité qui monte. Et Lettie, la jeune voisine, qui soutient que la mare au bout du chemin est un océan…

Fidèle à son imaginaire merveilleux, Neil Gaiman explore le monde de l’enfance et des contes anglo-saxons pour nous procurer une émotion toute nouvelle, dans ce roman élu par les lecteurs Book of the Year 2013.

 

Cela partait très bien. Le style m’a ravie, fluide et drôlement proche du conte. Le début d’histoire de ce petit garçon m’a enchantée. Petit d’homme attachant aimant les livres et pour qui personne ne se déplace pour son anniversaire (une peur d’enfance assez répandue, j’imagine). L’enfance du personnage racontée par lui-même est terriblement bien décrite et je gage que Neil Gaiman est un Peter Pan contemporain tant il arrive à faire affleurer des souvenirs et des sensations enfouies.
L’intrigant trio des femmes Hempstock de la ferme voisine est délicieux à souhait, l’étrange se mêlant au récit petit à petit à travers elles.
Puis l’inquiétant et le fantastique débarquent notamment à travers le personnage de la gouvernante, qui serait si j’osais, le double maléfique de Mary Poppins.
Outre jouer avec les peurs, l’Océan au bout du chemin est un conte qui met le merveilleux de l’enfance en exergue. Mais là où au départ j’étais enchantée, Neil Gaiman m’a un peu perdue tant il va loin dans l’imaginaire. J’ai fini par trouver que le temps s’étirait un peu trop à force chercher quelques sens cachés autour de cet océan qui n’est pas une mare et de ce sombre environnement peuplé de créatures de l’ombre. Peut-être trop de fantastique, trop de métaphores, et un dosage fantastique/monde réel pas assez équilibré à mon goût… Néanmoins il y a là-dedans des mots qui sonnent juste et une ambiance d’étrange assez délicieuse qui saura ravir les amateurs du genre.

220px-Gaiman,_Neil_(2007)Neil Gaiman, né le 10 novembre 1960 à Portchester en Angleterre, est un auteur britannique de romans et de scénarios de bande dessinée vivant aux États-Unis. Auteur prolifique et polyvalent, il a percé sur la scène du fantastique anglo-saxon grâce à sa série Sandman publiée par DC comics dans les années 1990.
(source (+ photo) : Wikipedia)

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5 réponses à L’océan au bout du chemin, Neil Gaiman

  1. Ouf ! J’avais l’impression d’être la seule à ne pas avoir accroché à ce roman ! Pas mal, mais l’auteur m’a égarée aussi … Dommage …

  2. Jerome dit :

    Un auteur que j’aime beaucoup mais je comprends tes réticences. Et puis trop de fantastique tue le fantastique pour. Déjà que j’ai du mal quand il n’y en a qu’un tout petit peu…

  3. noukette dit :

    Il me tentait bien pourtant, dommage…

  4. Mokamilla dit :

    Je n’ai encore jamais lu cet auteur.

  5. Acr0 dit :

    Je viens tout juste de découvrir ta chronique… et j’ai le même ressenti. J’ai décroché beaucoup trop souvent du récit (et l’ambiance y a aussi contribué pour moi).

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