The End of the World Running Club

the-end-of-the-world-running-clubEdgar, la trentaine bien tassée, père de deux enfants et marié à une femme avec laquelle il ne communique plus vraiment est un homme un peu à la dérive – comme tant d’autres âmes en ce monde…

« La vérité, c’est qu’à trente-cinq ans, j’étais en train de m’étrangler moi-même. J’avais l’impression – moi, Edgar Hill, mari, père de deux jeunes enfants, propriétaire de sa maison, Anglais, salarié à plein temps d’une grande entreprise égoïste, dont le nom n’allait pas tarder à être effacé à tout jamais des murs de ses bureaux – d’être le produit d’un environnement malade, d’une civilisation qui avait échoué au-delà de tout remède. Je me demandais même tous les jours comment nous avions réussi à nous en tirer jusque là. C’était une farce, ça ne rimait à rien. Comment aurions-nous pu prendre soin d’une planète, alors que nous n’étions déjà pas capables de prendre soin de nos pays, de nos villes, de nos propres communautés ?
De nos propres familles. De nous-mêmes.
De nos propres corps. De nos propres esprits. »
page 11.

« J’ai déposé Arthur dans la section des nourrissons et je me suis laissé retomber au fond de mon siège, le souffle court. Je l’ai observé. Il a regardé autour de lui pendant un moment, puis il a rampé vers un autre bébé, avec lequel s’est engagée une dispute muette au sujet d’un marteau en plastique. Une petite fille s’est mise à hurler, quand un enfant au visage écarlate, son frère ou sa soeur, l’a fait tomber tête la première du pouf où elle était assise. Partout où mes yeux se posaient, un conflit se déroulait, des bébés en désaccord qui s’efforçaient d’imposer leurs frontières, des petites âmes qui se percutaient de plein fouet. Tout ce vacarme et ces cris, la vie qui commençait comme elle allait se poursuivre – une lutte. Tentant de ravaler ma propre bile, j’ai observé la scène en me posant la question que tout homme pourrait se poser à n’importe quel moment de sa vie : bon Dieu, mais comment ai-je fait pour me retrouver là ? »
page 10.

Alors le jour où ce qui ressemble à la fin du monde arrive… :

La vérité, c’est que j’étais fatigué de tout ça. J’étais fatigué du vacarme et des vociférations d’un monde qui avait de moins en moins de sens et d’une vie qui m’avait mené exactement là où elle l’avait voulu. La vérité, c’est que la fin du monde, du moins pour moi, est venue comme un soulagement.
page 13.

Autant vous dire que j’ai été ferrée dès les premières pages… Le style d’Adrian J Walker me faisant penser d’autant plus à celui de Stephen King dans ses anciens romans.
Le caractère du personnage principal m’a beaucoup parlé, je me suis retrouvée dans son scepticisme, dans un monde qui ne tourne pas vraiment rond.
Edgar va se retrouver à courir au sens propre dans un monde complètement démantibulé. Il va lui falloir puiser des ressources insoupçonnées pour survivre, manger, dormir et surtout retrouver sa famille. Rencontres plus ou moins aidantes, il tombera sur quelques communautés en train de se construire… , ou sur des âmes solitaires en proie à la survie.

Grand plaisir de lecture, donc. Grand roman post-apocalyptique, même si peut-être un peu long sur la fin, réflexion sur notre société ultra-consumérite, aventure humaine, premier roman de l’auteur traduit en français, dont j’attends de pied ferme une prochaine traduction.

« On pense souvent que le langage nous relie, nous rapproche, mais je me demande parfois si nous ne sommes pas en fait fort éloignés les uns des autres. Nous pouvons émettre un million d’hypothèses sur le simple geste de la main d’un vieil homme, et la plupart seront certainement incorrectes. Tout ce que nous avons, c’est notre propre fenêtre, faussée, sur le monde. Nous sommes comme des ermites vivant dans les greniers de grandes maisons, sur des collines solitaires, et nous nous observons les uns les autres à travers des télescopes défectueux. »
page 369

The End of the World Running Club,
De Adrian J Walker
traduit de l’anglais (Australie/Angleterre) par David Fauquemberg
Editions Hugo & Cie
Collection Hugo Thriller
558 pages

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8 réponses à The End of the World Running Club

  1. Lelf dit :

    Le profil du héros me semble bien intéressant et le post apo un bon moyen de mettre certaines choses en perspective. Je découvre le titre grâce à toi, je le note dans un coin de ma tête ^^

  2. feflie dit :

    Et bah, ça n’a pas l’air très gai tout ça ! (En même temps c’est un roman post-apocalyptique donc forcément… ^^) Mais pourquoi pas ?

  3. Acr0 dit :

    Et bien tu vois, heureusement que tu as écrit un billet ! Je me souviens avoir très intriguée quand tu partageais tes impressions de lecture sur Instagram… et puis il est sorti de mon esprit alors que j’étais curieuse. Cette fois, je ne le laisse pas filer, je note soigneusement le titre dans ma liste d’envies 🙂 Merci

  4. noukette dit :

    C’est bon de te relire… <3

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