Sans nouvelles de toi, de Joy Fielding

Longtemps que je n’avais lu Joy Fielding. Je me souviens d’avoir lu il y a longtemps Rue des mensonges que j’avais adoré à l’époque, alors que je n’ai aucun souvenir de l’intrigue. Juste une histoire avec une femme pour héroïne et sa bande d’amies dans un New-York des années 90 ou 2000. J’ai peut-être lu d’autre titre de l’auteure mais impossible de m’en souvenir. Juste une auteure à ne pas oublier sur un post-it dans mon cerveau. Et puis l’occasion de lire le tout dernier Joy Fielding s’est matérialisée alors pourquoi pas !

Le pitch de départ ressemble à la triste affaire Maddie, cette fillette de trois ans disparue en 2007 de sa chambre d’un hôtel au Portugal alors que ses parents dînaient à proximité. La ressemblance m’a frappée d’emblée me mettant mi mal à l’aise mi curieuse. Est-ce que Joy Fielding était consciente de cette similitude au moment d’écrire ce roman ? Bref. En tout cas cela commence un peu de la même façon : Un couple fêtant son dixième anniversaire de mariage avec leurs amis au Mexique dans un complexe hôtelier. Un repas prévu le dernier soir au restaurant à proximité des chambres. Une nounou absente. La résolution prise d’aller jeter un oeil sur les enfants qui dorment toutes les demi-heures. Et l’inquiétante disparition de Samantha, deux ans, alors qu’elle était dans son lit.
Les années passent… et quinze ans plus tard, une jeune fille de dix-sept ans déclare être peut-être l’enfant disparue…

Le gros plus de ce roman c’est la montée du suspense. Joy Fielding sait distiller les mots et les séquences de sorte qu’on a de cesse de vouloir tourner les pages sans pourtant grands rebondissements de l’intrigue. J’ai été à la fois agacée et attendrie par les personnages. Il faut avouer qu’ils sont à peu près tous un peu caricaturaux avec des traits très humains en même temps. Michelle, vingt et un an, soeur de la disparue, est une forte tête qui n’a pas sa langue dans sa poche avec toutes les qualités et tous les défauts que cela implique. Elle a un putain de caractère et est souvent injuste avec sa mère. Hunter, le père et ex-mari m’a fait monter les sangs (lisez, on en reparlera !) et j’aurais aimé qu’il ne s’en sorte pas aussi bien. Quant à la grand-mère qui monte les uns contre les autres, elle est l’exemple parfait de la belle-mère chiante et raide comme un piquet. Une famille un peu désarticulée finalement, sur laquelle repose l’absence de Samantha.
Plus la fin de livre approche, plus le malaise se fait sentir. Les mensonges et les non-dits m’ont laissé un goût âpre.
Le style est très parlé, il y a beaucoup de dialogues, trop à mon sens. C’est un livre aux ficelles un peu grosses et aux imperfections tangibles. (pourquoi mais pourquoi Caroline n’a pas poursuivi ce journaliste pour abus de confiance ?! Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.) mais malgré tout j’ai été ferrée dès le retour de la possible Samantha. Le genre de bouquin qu’on pourrait retrouver facilement adapté en série télé d’après midi qu’on regarde un peu honteux parce qu’on aime ça même si c’est mal fait.
Si je relirai Joy Fielding ? C’est possible. Je ne la mets néanmoins pas dans ma liste d’auteurs prioritaires.

Synopsis : 
« Je crois que mon vrai prénom est Samantha. Je crois que je suis votre fille. »
Le cœur de Caroline Shipley s’arrête quand elle entend ces paroles à l’autre bout du téléphone. Immédiatement, elle replonge quinze années plus tôt dans ce bel hôtel, au Mexique, où son monde s’est effondré.
Ce voyage était censé être une fête. Un soir, son mari, Hunter, l’avait convaincue de laisser leurs deux filles seules dans leur suite pendant qu’ils célébraient leur anniversaire de mariage au restaurant de l’hôtel. Mais en rentrant, le couple fut saisi d’effroi : leur fille de deux ans avait disparu sans laisser aucune trace.
S’ensuivirent des jours, des semaines et des années d’angoisse. Les médias harcelèrent Caroline, la décrivant comme une mère égoïste et indigne. Contre vents et marées, elle s’accrochait à l’espoir que Samantha serait un jour retrouvée… même si chaque jour la cruelle réalité la rattrapait.
Quinze ans plus tard, tourmentée par ce passé douloureux, le cœur à vif et assaillie de doutes face aux incohérences de l’enquête, Caroline ne sait plus qui croire… La seule chose dont elle est persuadée, c’est que quelqu’un s’acharne à lui cacher la vérité. Que s’est-il réellement produit la nuit où Samantha a disparu ?
UNE ENFANT DISPARUE, UNE FAMILLE DECHIREE ET UN ETRANGE APPEL DU DESTIN

Romancière canadienne à succès, JOY FIELDING a fait de ses héroïnes féminines singulières et proches du lecteur sa marque de fabrique. Elle décrit avec brio les pensées intimes et les angoisses de ses personnages, mais aussi l’aliénation urbaine et la perte d’identité.
(source : éditions Michel Lafon)

 

 

 

Sans nouvelles de toi, de Joy Fielding (She’s not here, 2016)
éditions Michel Lafon, mars 2017, 364 pages
Traduit de l’anglais (Canada) par Jean-Sébastien Luciani)

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2 réponses à Sans nouvelles de toi, de Joy Fielding

  1. Jerome dit :

    Grosses ficelles et imperfections, je vais faire l’impasse^^

  2. Antigone dit :

    Il est parfois bon de se plonger dans ce genre de lecture de temps en temps… 😉

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